Faute de soutien bancaire, Maxi Toys appelle à la protection judiciaire

Entre le 14 mars et le 11 mai, Maxi Toys devrait avoir perdu 30 millions d'euros de chiffres d’affaires. ©Kristof Vadino

L'enseigne de magasins de jouets Maxi Toys a introduit auprès du tribunal de Mons une demande de protection contre ses créanciers. Une procédure similaire devrait être lancée en France. Objectif sauver un maximum de magasins et d'emplois.

"Maxi Toys est durement touché par la crise sanitaire du Covid-19 et ne voit pas d'autre solution que de demander une protection contre ses créanciers", telle est la teneur du communiqué du spécialiste du jouet envoyé ce mardi. La demande concerne les sociétés Maxi Toys, Logitoys et Bart Smit.

Elle a été introduite auprès du tribunal de Mons dans un seul but: "Assurer un futur à un maximum de ses collaborateurs et à l’entreprise". Pour l'heure, le CEO informe le personnel et les fournisseurs.

"Les magasins sont fermés déjà depuis 7 semaines et les ventes par internet n’ont que très peu compensé les fermetures. Entre le 14 mars et le 11 mai, Maxi Toys devrait avoir perdu 30 millions d'euros de chiffres d’affaires, ce qui représentera une baisse de 93% par rapport à la même période l’an dernier", indique Alain Hellebaut, CEO de Maxi Toys.

Le lancement d'une telle procédure est également envisagé en France. Rien n'est prévu pour les magasins en Suisse et au Luxembourg. Tous les magasins belges et français devraient toutefois rouvrir leurs portes le 11 mai.

30 millions
d'euros
Entre le 14 mars et le 11 mai, Maxi Toys devrait avoir perdu 30 millions d'euros de chiffres d’affaires.

Le public au chevet  

La société a déjà fait appel au soutien de la Sogepa et de la SRIW. Les deux organes financiers ont décidé d'aider les enseignes wallonnes de la distribution. Maxi Toys devrait ainsi recevoir de la première une aide de 3,3 millions d'euros lui permettant de renforcer à court terme sa trésorerie. La SRIW devrait, elle, apporter une aide pour permettre à la société d'investir dans sa stratégie à moyen terme.

Le tribunal a désormais 15 jours pour se prononcer et mettre la société sous tutelle.

"Le problème de Maxi Toys est que la société n'a pas de dette bancaire", entend-on. La société peine donc à trouver un partenaire auprès des banques. Fort occupées à soutenir leurs clients actuels, elles sont frileuses à prendre un nouveau dossier. De source syndicale, on apprend que cela bloque pour un prêt de 10 millions d'euros au niveau belge et de 20 millions au niveau français. Sans le soutien des banques, la demande de protection devient donc inévitable.

Le tribunal a désormais 15 jours pour se prononcer et mettre la société sous tutelle. Un business plan devra ensuite être élaboré. "Tout est envisageable pour ce plan, mais il dépendra surtout des ambitions de nos investisseurs", indique-t-on auprès de Maxi Toys qui se veut malgré tout optimisme.  

Après un changement de mains

Si la situation de Maxi Toys et Logitoys reste globalement saine, avancent les syndicats, celle de Bart Smith reste plus problématique. Reprise il y a 1,5 an après une lourde restructuration, l'enseigne peine à redémarrer.

Maxi Toys, comme Intertoys, ont changé de mains en septembre dernier. Propriétés alors du groupe d'investissements portugais Green Swan, les deux enseignes avaient été rachetées par Mirage Toys Group. Cette dernière détenait aussi jusqu'il y a peu les magasins Blokker

Maxi Toys compte plus de 200 magasins en Belgique, en France, en Suisse et au Luxembourg. En Belgique, elle emploie 179 personnes chez Maxi Toys, 153 chez Bart Smith et 133 au sein de la centrale logistique.

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