GBL se renforce au sein du plus grand producteur de saumon au monde

Basé à Bergen, mais actif dans 25 pays (dont 6 pour la pêche), le spécialiste norvégien du saumon atlantique détient une part de marché d'environ 20%. ©doc

Ces derniers mois, le holding des Frère-Desmarais a investi de l'ordre de 400 millions d'euros dans le spécialiste norvégien Mowi.

Avec une part de marché d'environ 20% dans la production mondiale de saumon atlantique, le groupe norvégien Mowi fait figure de gros poisson dans le monde de l'agroalimentaire.

Pour autant, la crise sanitaire est passée par là cette année, entraînant avec elle une baisse de la demande du côté de l'horeca qui représente à lui seul environ 40% de la demande mondiale.

Alors, l'autre gros client qu'est la distribution a évidemment permis de rattraper quelque peu la donne, de même que les industriels producteurs de salades, mais sans permettre toutefois de rattraper la sauce sur le marché.

Résultat: le prix du saumon a chuté, ce qui s'est traduit par un important mouvement de yoyo de l'action Mowi sur la place boursière d'Oslo où l'entreprise présente une capitalisation boursière d’environ 9 milliards d'euros.

Opportunité Covid

C'est là qu'est intervenue l'opportunité pour GBL , sur le radar duquel l'actif circulait depuis "des années", entend-on.

En effet, après une montée à bord en début d'année, que nous rapportions en avril déjà, le holding des familles Frère-Desmarais a pu se renforcer ces derniers mois au capital de l'entreprise, en raison de la conjoncture.

Jusqu'à voir sa participation dans Mowi (anciennement dénommé Marine Harvest) peser aujourd'hui environ 2% de son actif net réévalué, soit un investissement total de l'ordre de 400 millions d'euros. En avril, l'on ne parlait encore que de 80 millions environ.

400
millions d'euros
Après plusieurs mois à se renforcer au capital de Mowi, la participation de GBL atteint désormais les 400 millions d'euros environ, soit 2% de son actif net réévalué.

Le seuil de 5% du capital vient d'ailleurs d'être franchi en cette fin de semaine, comme en attestaient les autorités norvégiennes ce jeudi. De quoi permettre à GBL de compter parmi les autres actionnaires de taille que sont Geveran Trading (famille Fredriksen, 13,22%) et le fonds de pension de l’État norvégien Folketrygdfondet (10%) – dont la présence symbolise l'intérêt de l'industrie piscicole pour le pays.

Actif dans 25 pays

Côté performances, l'entreprise basée à Bergen a généré l'an dernier 4,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour un excédent brut d'exploitation (ebitda) de 875 millions d'euros.

300
emplois en Belgique
Mowi transforme et emballe son poisson frais à Bruges notamment, où sont employées 300 personnes environ.

En plus d'opérations dans les principales zones de littoral en matière de production de saumon (Norvège, Écosse, Canada, Chili, Irlande et Îles Faroes), elle est aussi présente en Belgique, à Bruges, où le groupe transforme et emballe son poisson frais. 300 personnes environ sont mobilisées par l'activité de l'usine acquise courant des années 2000.

L'entreprise emploie 15.000 personnes dans 25 pays. Un chiffre amené à diminuer en raison de l'activation d'un plan de départs naturels à la pension censé diminuer les effectifs de 10% d'ici 2024, au profit d'un gain d'efficacité rendu possible par "l'automatisation, la numérisation, l'amélioration des processus de production et le redimensionnement de l'organisation", évoquait Mowi à la fin août.

La société a collaboré avec le labo en innovation de la maison-mère de Google, Alphabet X, pour optimiser la pisciculture.

En ce sens, la société a d'ailleurs collaboré en toute discrétion avec le labo en innovation de la maison-mère de Google, Alphabet X, apprenait-on en mars. Objectif? Optimiser la pisciculture grâce à une solution, développée pendant trois ans, permettant de suivre et de modéliser les comportements des poissons, les conditions environnementales et la santé du saumon au fil du temps.

Le saumon, moins énergivore, présente d'ailleurs un fort potentiel de croissance sur le long-terme. En effet, alors que 125 millions de tonnes de poulet sont consommées chaque année dans le monde, pour 118 millions de porcs, le saumon atlantique ne pèse à ce jour que 2 millions de tonnes annuelles.

2
millions de tonnes
Alors que 125 millions de tonnes de poulet sont consommées chaque année dans le monde, pour 118 millions de porcs, le saumon atlantique ne pèse à ce jour que 2 millions de tonnes annuelles.

Résistant à la disruption

Ce qui a motivé l'opération pour GBL? Une certaine résistance du producteur de saumon à la disruption digitale côté opérationnel, mais aussi une certaine confiance dans les méga-tendances qui entourent l'entreprise – et devraient, à terme, redorer le blason de l'action –, à savoir l'explosion de la démographie mondiale, l'émergence toujours plus marquée d'une classe moyenne sur le globe (notamment en Chine), couplée à une volonté croissante d'un mieux manger, plus durable.

Du reste, il est à noter qu'il en va là du deuxième investissement dans l'alimentaire pour les Frère-Desmarais qui n'étaient à ce stade plus présents dans le secteur que via GEA, du nom de ce spécialiste allemand des technologies pour la transformation des aliments. Et ce, via une participation valorisée à quelque 461 millions d'euros au 30 septembre.

Les observateurs pourraient y voir là la volonté du holding de se diversifier un peu plus dans des actifs moins exposés à la crise – la population continuera à devoir se nourrir –, après avoir vu certaines de ses participations être particulièrement impactées par le Covid-19.

L'on pense en ce sens à un acteur tel que l'exploitant de parcs d'attraction Parques Reunidos – moins d'1% de l'actif net réévalué de GBL – qui accuse le coup en raison de l'atteinte portée par les exécutifs du monde entier dans l'activité de ses 61 sites (dont Bobbejaanland, pour la Belgique).

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