H&M va fermer un sixième magasin sous le coup de la crise

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C'était dans l'air depuis plusieurs mois. Avec la fermeture de cinq enseignes H&M en Wallonie et en Flandre, le magasin de Bruxelles-Centre Anspach sera le sixième.

Le H&M de Bruxelles-Centre Anspach sera le sixième magasin de la marque de fast-fashion à fermer ses portes en 2021. Il s'ajoute à ceux de Verviers, Châtelineau, Gand, ainsi que deux boutiques à Anvers dont la fin des activités a été programmée et actée entre octobre 2020 et février 2021. Le solde monte même à huit fermetures en à peine trois mois, si l'on compte celles de deux magasins COS à Liège et Uccle, également propriété du groupe H&M. Un mouvement qui pourrait se poursuivre puisque la marque a annoncé que 250 boutiques dans le monde disparaîtraient au cours de l'année.

L'objectif assumé par le géant de l'habillement est de développer une expérience mêlant à la fois des boutiques physiques et le commerce en ligne. "Les magasins physiques restent importants pour H&M, mais nous voulons nous rapprocher des nouvelles exigences des clients, qui ne veulent par exemple plus se plier à des horaires d'ouverture pour faire leurs achats", commente Marianne Nerinckx, porte-parole de H&M Belgique-Luxembourg.

"Quand un magasin ferme, on regarde s'il y a des places libres dans les boutiques aux alentours. Or, la réalité est totalement différente d'une région à l'autre et en fonction du nombre de magasins que l'on ferme."
Jalil Bourhidane
Permanent syndical du CNE

Une stratégie qui se solde donc aussi par la suppression des "magasins doublons": dans toutes les zones commerciales où "trop de boutiques" co-existent, c'est la fermeture, explique le permanent syndical de la CNE Jalil Bourhidane. "Mais nous n'avons aucune vision claire sur quelles sont ces zones, quels magasins et combien d'emplois vont être impactés. La direction communique au fur et à mesure."

D'autres fermetures attendues

Si l'on ne connait pas encore les conséquences de ces fermetures, la direction de l'entreprise, qui emploie 2.431 salariés en Belgique et au Luxembourg, promet des relocalisations dans d'autres enseignes de la marque. Elle ne nie toutefois pas que des pertes d'emplois pourraient être occasionnées. Une méthode critiquée par le syndicat CNE: "La procédure de reclassement des travailleurs dans les magasins est minime. Quand un magasin ferme, on regarde s'il y a des places libres dans les boutiques aux alentours. Or, la réalité est totalement différente d'une région à l'autre et en fonction du nombre de magasins que l'on ferme", souligne Jalil Bourhidane. "À Anvers par exemple, où on a fermé deux magasins dans le centre-ville, ce sera très difficile de replacer ce personnel dans l'unique magasin restant."

Si la situation semble plus chanceuse pour la boutique située à Anspach, elle se compliquera considérablement si d'autres fermetures sont annoncées. Car c'est justement ce que craint le syndicat. Des fermetures, il y en aura davantage en 2021 et 2022, sans que l'on sache encore où, quand, et combien.

Éviter la procédure Renault

Mais d'où proviennent toutes ces fermetures? La pandémie, répondrait-on du tac au tac. Dans son bilan annuel, H&M estime avoir été particulièrement affecté par la crise sanitaire à cause de la fermeture temporaire d'environ 80% de ses points de vente dans le monde. Le chiffre d'affaires du groupe suédois a ainsi chuté de 31% à 334 millions d'euros au cours de l'année 2020. Mais du côté du CNE, on pointe aussi un vieux projet du groupe, qui tombe donc au mauvais moment.

"La stratégie d'implantation de H&M a longtemps été de multiplier un maximum de boutiques dans un maximum de lieux", explique le permanent syndical. Avant de faire machine arrière il y a quelques années. Ce nouveau projet, misant sur l'e-commerce et qui a mis du temps à s'implanter dans le monde, arrive désormais en Europe, précédé par le coronavirus.

"La direction passe par des fermetures au compte-goutte pour éviter une procédure Renault et une restructuration qui lui sont défavorables.
Jalil Bourhidane
Permanent syndical du CNE

"H&M a mis en place un plan de réorganisation au siège social de la Belgique, car la France dirigera désormais une partie des activités. Mais la direction passe par des fermetures au compte-goutte pour éviter une procédure Renault et une restructuration qui lui sont défavorables. Ils ont été très clairs depuis le début en disant qu'ils feront tout pour l'éviter." Des discussions autour d'un plan social ont eu lieu pendant les fêtes de fin d'année, mais la CNE juge les conclusions bien insuffisantes.

Un préavis de grève fort probable

"On demande un plan de sauvegarde de l'emploi qui soit plus conséquent que ce que la direction propose à l'heure actuelle, ainsi qu'une prime extralégale qui ressemble davantage au dernier plan légal il y a quatre ans lors de la fermeture du dépôt à Puurs", explique le syndicat. Une pétition dans ce sens circule dans tous les magasins cette semaine. Mais la direction a prévenu ce jeudi qu'elle ne ferait pas de proposition supplémentaire.

Une réunion syndicale est prévue lundi prochain, le 15 février, mais il est fort probable que la CNE dépose un préavis de grève pour les semaines à venir, prévient-on déjà.

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