Intys pèsera désormais trois fois plus lourd en France

Intys travaille notamment avec des acteurs comme Colruyt ou Delhaize dans l'amélioration des flux logistiques, particulièrement sous tension en période de Covid-19. ©BELGA

La société de conseil bruxelloise vient d'acquérir un spécialiste local, ajoutant par-là près de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires à son activité.

Sixième coup de lasso pour Intys, après deux ans de relative tranquillité. La société de conseil bruxelloise vient en effet d'acquérir en cette fin de semaine le français Univers Retail, a-t-on appris de bonne source, pour un montant qui n'a par contre pas filtré.

Objectif? Se renforcer dans le monde de la distribution et en particulier dans ses composantes e-commerce et de l'omnicanal. Et ce, en parfaite ligne avec la stratégie de croissance externe initiée en 2016 en vue d'atteindre les 1.000 collaborateurs d'ici fin 2020.

Par cette opération, Intys ajoute une petite nonantaine de collaborateurs à son activité, tout comme elle voit son chiffre d'affaires tripler dans l'Hexagone, pour désormais peser, à quelque 15 millions d'euros, une petite moitié de ce que le groupe enregistre sur la Belgique, la France et le Luxembourg – 35 millions l'an dernier , qui sont là ses trois terrains de prédilection depuis un déploiement à l'international entamé en 2010. Le tout, pour 360 salariés.

35
millions €
Intys a terminé l'année 2019 sur un chiffre d'affaires de 35 millions d'euros. En rachetant Univers Retail, elle met la main sur près de dix millions supplémentaires en France, quand elle n'en pèse que cinq cette année outre-Quiévrain.

"On a pris un peu de retard sur le timing", avoue Philippe Metz, cofondateur et CEO. "Un an, voire deux, peut-être, maintenant avec la crise du coronavirus. Mais l'on vise toujours les 1.000 collaborateurs".

Ce qui a joué? L'arrivée ayant quelque peu tardé d'un partenaire pour soutenir la croissance du groupe. En effet, après la reprise début 2018 de la PME bruxelloise spécialisée dans le big data et la modélisation prédictive Vadis, il a avant toute chose fallu travailler à remettre l'activité en état, afin de dissiper les doutes de tout éventuel fonds prêt à monter à bord et d'éviter une sous-valorisation d'Intys dans l'aventure.

Mais voilà, la situation économique de la cible "était très mauvaise", explique le patron, celle-ci ayant été déclarée faillie fin 2017, après un passage par la case réorganisation judiciaire (PRJ). "On a donc pris notre temps, histoire de montrer que le pari que nous avions fait, comme pour Agir (société française d’ingénierie navale, reprise en 2016, NDLR) d'ailleurs, était gagnant".

"On a donc pris notre temps, histoire de montrer que le pari que nous avions fait [...] était gagnant."
Philippe Metz
Cofondateur et CEO d'Intys

Résultat, ce n'est que début 2019 que le tour des éventuels partenaires n'a pu se faire. Avec, pour conséquence, l'entrée en juillet dernier du géant français en private equity Omnes (4 milliards d'euros d'actifs sous gestion, NDLR) au capital, avec une participation de 33%. Le restant est aux mains du management et des deux cofondateurs (en 2007), en la personne de l'homme d'affaires flamand Michel Van Hemele (aussi président du CA de Duvel Moortgat) et du Français Philippe Metz.

Le premier est notamment connu pour avoir dirigé les sociétés Creyf's Interim (désormais Start People) et Carestel (devenu Autogrill), de même que pour avoir fondé différentes sociétés dans le monde des RH (dont Essensys). Le deuxième, ingénieur en aérospatiale ayant fait ses armes sur le programme Ariane 5, a connu une arrière de quinze ans dans la consultance avant Intys.

Tournant français

Cette étape digérée, le radar a pu être réactivé. Avec une trouvaille en septembre: Univers Retail. Qui signe un tournant pour l'avenir de la société belge.

Un tournant, de par sa taille: "le marché français est plus ouvert pour des acquisitions". Le choix d'un fonds hexagonal comme partenaire n'a donc rien d'anodin. L'appétit d'Intys pourra encore clairement être assouvi outre-Quiévrain. Même si, au vu de la période actuelle, "la prudence sera de rigueur", souligne Philippe Metz.

Pour autant, l'entreprise n'avancera pas avec des œillères. D'éventuels projets de développement aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse, bien qu'on hold à ce stade, occupent "en permanence" les équipes.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés