La demande de PRJ de Mega World déclarée irrecevable

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La demande de réorganisation judiciaire de l’ex Blokker a été jugée irrecevable. De son côté, le Parquet d'Anvers a ordonné une instruction contre le propriétaire de la chaîne Dirk Bron.

Le tribunal de l'entreprise de Malines a déclaré lundi irrecevable la demande de réorganisation judiciaire (PRJ) introduite par l'enseigne Mega World, spécialisée dans les articles d’équipement de la maison à prix cassés.

Le tribunal a jugé que les documents fournis avec la demande ne suffisent pas à donner une image financière correcte de la société. Les responsables de la chaîne avaient pourtant évoqué un plan de relance sans impact sur le personnel. Le tribunal l'a jugé irréaliste dans le contexte sanitaire actuel: il postulait que vendre des produits de marques à prix cassés allait attirer le consommateur et permettre de doubler le chiffre d’affaires.

60,5
MILLIONS
En 2018, dernier chiffre disponible, Blokker affichait en Belgique des revenus de 60,5 millions d'euros, plus de deux fois moins qu'en 2011.

Le tribunal a dès lors nommé deux administrateurs provisoires. Ils auront trois semaines pour dire soit si l’entreprise peut être viable en réduisant la voilure et éventuellement en trouvant un repreneur, soit s’il vaut mieux faire aveu de faillite.

Pour rappel, Mega World, qui réunit les 123 ex Blokker belges repris en février par l'homme d’affaires néerlandais Dirk Bron, avait introduit une demande de PRJ afin d'être protégé de ses créanciers. La société se bat dans des difficultés financières inextricables, conjonction de la gestion contestée de ses propriétaires successifs et des répercussions de la crise du coronavirus.

Décision attendue

"Il faut continuer à y croire et essayer de sauver quelques magasins, mais les comptes sont particulièrement flous, nous n’y avons d’ailleurs pas eu accès."
Anne-Marie Dierckx
Secrétaire permanente du syndicat CNE

Les syndicats, qui s’attendaient à ce rejet du tribunal, ne se font guère d’illusion: "Il faut continuer à y croire et essayer de sauver quelques magasins, mais les comptes sont particulièrement flous, nous n’y avons d’ailleurs pas eu accès", déplore Anne-Marie Dierckx, secrétaire permanente du syndicat CNE. "Le risque est grand d'aller vers la perte de 670 emplois, avec un fonds de fermeture qui ne couvrira des préavis que jusqu'à hauteur de 25.000 euros par travailleur."

Son homologue du Setca, Christophe Bouvier est plus virulent: "Je ne vois guère qui dans le contexte actuel serait prêt à reprendre cette chaîne", dit-il. "Mais surtout je ne comprends pas comment dans ce pays on a pu laisser un homme d’affaires aussi sulfureux que Bron la reprendre."  Ayant accumulé les faillites, Dirk Bron s'est en effet à plusieurs reprises retrouvé dans le collimateur de la justice de son pays.

Enquête sur Dirk Bron

À présent c'est la justice belge qui intéresse à lui. Suite à une plainte du syndicat chrétien ACV Puls devant le Parquet d'Anvers, le juge d'instruction de Malines a ouvert lundi à son encontre une enquête portant sur d'éventuels faux en écriture, falsifications de comptes et abus de biens sociaux.

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