La fin d'une époque chez Delhaize

(© Emy Elleboog)

Arrière-petit-fils de Jules Vieujant, cofondateur du groupe Delhaize, Pierre-Olivier Beckers est, avec son look de gendre parfait, fort apprécié du monde des affaires, mais aussi du sport. Même si les dernières années ont été difficiles.

"Jusqu'à nouvel ordre, je suis toujours le patron", répond dans un demi-sourire Pierre-Olivier Beckers à un analyste qui lui demande de dresser un premier bilan de ses quinze années à la tête du groupe au Lion. Visiblement, la question est prématurée. "J'évaluerai mon héritage quand j'aurai effectivement passé les rênes à mon successeur", affirme-t-il avant d'ajouter, énigmatique, "mais si je devais exprimer un seul regret, ce serait celui-ci: on veut toujours faire les choses plus vite".

Un quasi sans faute

À 53 ans, Pierre-Olivier Beckers n'a pourtant pas trop à rougir de son parcours professionnel, même si les deux dernières années ont été difficiles avec la chute du cours de Bourse -lequel est cependant en train de se redresser- et des résultats en demi-teinte aux Etats-Unis.

Avant de succéder à son oncle Gui de Vaucleroy à la tête de Delhaize, ce quinquagénaire accompli, titulaire d'un MBA obtenu à Harvard, a gravi les échelons hiérarchiques de l'entreprise familiale sans vraiment passer par l'escalier de service. D'abord directeur d'une chaîne de boulangerie en Belgique, il rejoint Delhaize dès 1983 en tant que directeur de magasins aux Etats-Unis. Il y passera trois ans. De ce séjour outre-Atlantique, il ramènera notamment le concept de Tom & Co, la chaîne d'animaleries que le groupe s'apprête à présent à lancer en France

De retour au pays, il approfondit alors sa connaissance de la distribution -secteur qui le passionne- en tant qu'acheteur, directeur des achats, membre du Comité exécutif, administrateur et vice-président exécutif en charge des activités internationales. Affable et souriant, Pierre-Olivier Beckers est aussi apprécié par ses pairs que par les médias.

Il reçoit le titre de Manager de l'Année en janvier 2000, neuf ans après son oncle Gui, et il apparaît régulièrement dans le top 20 des meilleurs patrons de Belgique établi par "Le Soir" et "De Standaard." L'augmentation de 20% de sa rémunération, en 2009, constitue son seul véritable faux pas connu.

Dans la lignée

Lorsqu'il reprend les rênes du groupe, à 38 ans, c'est pour poursuivre l'oeuvre de ses prédécesseurs. À l'étranger, aux Etats-Unis bien sûr, mais également dans les Balkans et en Asie, ainsi que sur son marché domestique. Malmené par la crise et les discounters, Delhaize parvient tant bien que mal à conserver son positionnement qualitatif tout en améliorant sa mauvaise image prix en Belgique.

Parallèlement à ses fonctions de dirigeant, le patron de Delhaize est membre du conseil d'administration du Food Marketing Institute et est vice-président du Comité exécutif de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB).

Féru de sports

Pierre-Olivier Beckers est aussi le président unanimement salué du Comité olympique et interfédéral belge (COIB). En 2009, il avait été réélu à la majorité absolue. Seul candidat à sa propre succession, il devrait logiquement rempiler fin mai lorsque son mandat viendra à échéance.

L'an dernier, il a également fait son entrée au Comité International Olympique (CIO) où, à la demande du président, le Belge Jacques Rogge, il s'est investi à fond dans la commission des finances. D'aucuns lui prêtent le désir de s'inscrire dans la lignée du chirurgien gantois... Son départ de Delhaize devrait lui permettre en tout cas de s'impliquer davantage dans le secteur.

Père de trois enfants, Pierre-Olivier Beckers est en effet un féru de sport. Il a pratiqué intensivement le hockey pendant plusieurs années. Mais aujourd'hui, il privilégie plutîot le trekking en montagne et les instants en famille.

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