La grande distribution se remet doucement en état d'alerte

Les mesures qui avaient été prises lors du confinement du printemps dernier, commencent à refaire leur apparition dans les grandes surfaces du pays. ©Photo News

Sous la pression des syndicats et sans attendre les décisions du Comité de concertation et du secteur, certains supermarchés renforcent leur dispositif Covid.

Avant les décisions du Comité de concertation de ce vendredi et dans la foulée de la nouvelle rencontre avec Comeos, les enseignes de la grande distribution adaptent déjà les mesures de sécurité.

Certes, de nombreuses mesures ont persisté depuis le printemps dernier. La technologie a fait son entrée dans de nombreux supermarchés via, notamment, les écrans régulant le flux de clients entrants. Des machines de désinfection de caddys ont aussi fait leur apparition.

Mais aujourd'hui, les syndicats demandent aux patrons des mesures supplémentaires pour protéger tant le personnel que les clients.

Le retour des stewards

C'est ainsi que certains acteurs, comme Delhaize, refont appel à des externes pour la désinfection des caddys. Les gardiens ou stewards refont leur apparition devant les magasins afin de réguler le nombre de clients, mais aussi de s'assurer du respect des mesures. Notons que chez Mestdagh, ils étaient toujours en poste depuis mars dernier.

Les gardiens ou stewards refont aussi leur apparition devant les magasins.

Chez Lidl, les gardiens veilleront au respect de la désinfection du caddy le samedi uniquement. Chez Delhaize, ils devront contrôler qu'il n'y ait bien qu'une seule personne par ménage (hors enfants de moins de 18 ans et personne nécessitant une aide) à faire ses courses.
Le shopping en solitaire est aussi recommandé chez Colruyt. "Il ne s'agit pas d'une obligation, mais d'un appel chaleureux à nos clients", indique la porte-parole.

1 personne
par caddy
Chez Delhaize, les stewards devront veiller à ce qu'il n'y ait bien qu'une seule personne par ménage à faire ses courses.

"Sous la pression des syndicats, les enseignes ont décidé d'aller un pas plus loin", explique-t-on à la CNE, non sans ajouter qu'il y a aussi beaucoup d'effets d'annonces dans ces décisions qui ne sont toujours que des invitations aux clients.

Une harmonisation et une obligation

Ces invitations aux clients à respecter les mesures est ce qui coince actuellement dans les discussions entre patrons de la grande distribution et représentants syndicaux. Ces derniers voudraient voir les mesures appliquées uniformément dans toutes les enseignes et de façon contraignante.

Pour l'heure, Bruxelles, la Wallonie et la Flandre demandent un maximum de deux personnes par caddy. Si certaines enseignes vont plus loin, d'autres se limitent aux mesures énoncées.

Dans l'attente

Le Comité de concertation de ce vendredi et la réunion de Comeos changeront-ils la donne? En tout cas, de nombreuses réunions sont d'ores et déjà prévues la semaine prochaine dans les différentes enseignes avec les partenaires sociaux.

Pas de panique!

Alors que le risque d'un nouveau confinement se fait sentir, la grande distribution note ces derniers jours un certain retour à la constitution de stocks dans le chef de leurs clients.

Les enseignes sont toutefois unanimes: rien ne sert de se ruer dans les magasins. Ceux-ci resteront ouverts. Les stocks sont, par ailleurs, suffisants. Ils ont même été gonflés suite à ce que l'on avait observé au printemps pour ce qui est du papier WC, des pâtes, de la farine, du riz et autres.

Isabelle Colbrandt, de Lidl, rappelle aussi que la situation a évolué depuis mars. "Nous avons désormais une limitation du nombre de clients par magasin, ce qui nous permet de remplir dans les temps les étals qui se vident. Nos chaînes de logistique ont aussi été adaptées pour permettre une livraison plus rapide des magasins."

Certes, les enseignes remarquent un recours accentué aux services de livraisons à domicile ou de collecte en magasin. "Par rapport à il y a 2-3 semaines, les demandes de livraisons ont augmenté de 100%", explique Roel Dekelver de Delhaize. Désormais, l'attente est de 3-4 jours au lieu de 24 heures bien que la capacité ait été revue à la hausse. "Cet été nous avons augmenté notre capacité de 30%." Chez Colruyt, dont le service Collect&Go avait carrément explosé en mars-avril, les commandes semblent arriver plus tôt. "Les gens prennent des précautions pour être sûrs de l'heure à laquelle ils peuvent chercher leurs courses", explique Eva Biltereyst.

Enfin, la grande distribution ressent aussi de façon indéniable la fermeture de l'horeca et le retour en télétravail. La demande de produits frais augmente partout.

Face à l'explosion des livraisons à domicile, Carrefour s’associe à Uber Eats

Carrefour a signé un accord pour la livraison de courses à domicile à Bruxelles et à Liège avec Uber Eats. Cela concerne les "produits du quotidien", mais aussi des produits d’hygiène et d’entretien, soit quelque 1.180 références, sur un total de 20.000 en moyenne dans un magasin.

Carrefour promet une livraison dans la demi-heure dans un rayon de 3 à 4 km au départ de l'hypercentre, pour un prix de 3 à 5 euros, fixé par Uber Etas. D’autres villes en Belgique suivront dans les prochains mois, assure le distributeur.

Ce service complète d’autres offres de livraison à domicile comme l’app Shipto qui livre dans les 90 minutes à Bruxelles, Liège, Waterloo, Anvers et Gand ou le service plus traditionnel qui livre dans les 24 heures à Bruxelles, en Flandre, dans le Brabant Wallon et à Liège. Tarif: 9,5 euros, le service étant gratuit à partir de 150 euros de commandes. "Mais ces derniers temps, vu la forte demande il faut compter jusqu’à deux à trois jours pour être livré", dit-on chez Carrefour.

Chez Delhaize, le service "delivery" est accessible sur 80%  du territoire à partir d’un panier minimum de 60 euros pour un tarif allant de 4,95 à 10,95 euros.

Quant à Colruyt, il n'a pas pour le moment de livraison à domicile de façon élaborée via sa plateforme Collect&go mais il mène différentes expériences. Il a testé la livraison à domicile dans 5 communes de la périphérie Est de Bruxelles entre mai 2019 et avril 2020.  En mai dernier, dans la foulée de la crise sanitaire, Colruyt a lancé un autre test à l’échelle locale, basé sur l'économie collborative (livrason via les voisins) dans son fief historique de Hal avant de l'étendre l'été à Gand et à Bruges. Plus récemment, le 30 septembre, Colruyt a aussi lancé Rose Mary, service de livraison des repas frais dans les 19 communes de Bruxelles.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés