La possible mise sous tutelle de Liliane Bettencourt sera examinée

Liliane Bettencourt

La requête de mise sous tutelle de Liliane Bettencourt, l'héritière des cosmétiques L'Oréal, a été déclarée recevable par la juge des tutelles. Une expertise a dès lors été ordonnée. La fille de Liliane Bettencourt estime que sa mère ne dispose plus de tous ses moyens et que cela affecte son jugement, notamment en ce qui concerne la manière dont elle gère sa fortune.

La justice française va examiner la demande de mise sous tutelle de l'héritière des cosmétiques L'Oréal Liliane Bettencourt. Sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers, estime que sa mère âgée de 88 ans se trouve diminuée au point de dilapider sa fortune.

Après que deux demandes précédentes soient repoussées par le procureur de Nanterre, la juge des tutelles de Courbevoie a décidé mercredi que la troisième demande de mise sous tutelle formulée par la fille de l'héritière était "recevable" et méritait d'être examinée. La juge n'a pourtant pas encore pris de mesure contraignante pour une mise sous protection immédiate et forcée. La juge va donc engager une procédure d'instruction de la demande de mise sous tutelle et nommer un expert médical chargé de dresser un bilan de santé de Mme Bettencourt.

"C'est une avancée considérable. Françoise Bettencourt-Meyers arrive enfin, au bout de trois ans, à ce qu'on l'entende", s'est félicité Me Olivier Metzner, son avocat. Ce dernier estime que L. Bettencourt "ne dispose pas de tous ses moyens et certains cherchent à en profiter". Cette décision de la juge des tutelles est exécutoire, ce qui signifie qu'elle s'applique immédiatement y compris en cas d'appel.

Françoise Meyers-Bettencourt, qui demande la mise sous tutelle de sa mère, accuse le photographe mondain François-Marie Banier d'avoir abusé de la faiblesse de la milliardaire pour obtenir près d'un milliard d'euros de dons en assurances-vie et en tableaux dans les années 1990 et 2000.

Une mise sous tutelle de Liliane Bettencourt lui ferait perdre son siège d'administratrice de L'Oréal et la présidence de la holding qui contrôle les parts familiales dans le groupe, mais son impact pour le géant mondial des cosmétiques reste difficile à évaluer.

L'autre grand actionnaire du groupe est le suisse Nestlé. Un départ de Liliane Bettencourt romprait de facto l'équilibre du conseil d'administration, composé notamment des trois membres de la famille Bettencourt et de trois représentants de Nestlé, le deuxième actionnaire de L'Oréal.

Dans un contexte marqué par l'intérêt que pourrait avoir le géant suisse pour le fleuron industriel français, les conséquences d'un tel changement restent toutefois difficiles à estimer.

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