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La taxe au km fait grimper les prix. De combien?

©BELGA

La taxe kilométrique impactera la grande distribution. Le coût des produits frais devrait augmenter de plus de 1%. C’est le consommateur qui devrait payer la note.

Début avril, la taxe kilométrique est entrée en vigueur dans les trois régions du pays. Son objectif: permettre de financer les coûts de rénovation des routes et autoroutes en taxant les véhicules de plus de 3,5 tonnes. La taxe peut aller jusqu’à 30 cents par kilomètre. Elle pourrait rapporter jusqu’à 720 millions par an à l’échelle nationale.

La mesure a déjà fait beaucoup de bruit. Et provoqué de nombreux mouvements de mauvaise humeur chez les professionnels de la route. Elle pourrait en faire encore plus suite à l’étude réalisée par le consultant PwC en partenariat avec The Retail Academy, organisme de formation du magazine spécialisé en distribution Gondola et dont L’Echo a pu prendre connaissance.

L’étude s’interroge sur l’impact qu’aura cette taxe sur le secteur de la grande distribution alimentaire et des produits de grande consommation. L’initiative n’est pas innocente. Selon une étude de la KUL, c’est dans le secteur de l’alimentation et des boissons que la demande de transport routier est, de loin, la plus forte, devant le secteur chimique et pharmaceutique et celui des métaux de base.

Coûts logistiques

©mediafin

Selon l’étude, ce sont les produits à faible valeur ajoutée comme les produits frais (fruits et légumes) qui devraient être le plus impactés par la taxe. Pourquoi? Parce qu’ils sont – logiquement – les plus fréquemment transportés, qu’ils sont souvent les plus volumineux et qu’ils sont les plus consommés. "Entre le champ de l’agriculteur et le supermarché il peut y avoir jusqu’à quatre transports différents, indique Pierre-Alexandre Billiet, directeur général de Gondola, ce qui multipliera d’autant l’impact de la taxe." Or, dans le secteur du commerce alimentaire, le transport pèse environ 50% des coûts de logistique, laquelle pèse de 12 à 15% du coût total.

"Une hausse de 0,7% sur une marge de 2%, rien que pour cette taxe, c’est considérable pour le secteur."
Pierre-Alexandre Billiet
Directeur général de Gondola

L’étude de PwC et de The Retail Academy chiffre dès lors la hausse possible du coût des produits frais entre 0,3 et 1,1% soit 0,7% en moyenne. "Le problème, c’est que les produits frais qui présentent une faible valeur ajoutée génèrent les marges les plus faibles, de l’ordre de 2%. Dès lors, une hausse de 0,7% sur une marge de 2%, rien que pour cette taxe, c’est considérable pour le secteur", ajoute Pierre-Alexandre Billiet. Pour un ménage, la hausse annuelle serait de 15 à 18 euros par an. Dérisoire? "Apparemment oui, mais dans la réalité c’est beaucoup si l’on veut bien considérer qu’il ne s’agit que d’une catégorie de produits et d’une seule taxe. On ne tient pas compte de l’éventuelle inflation, de l’évolution du prix des matières premières, etc.", poursuit l’expert.

Marges réduites

En revanche, pour des produits à forte valeur ajoutée et moins volumineux comme les biens durables, comme un smartphone par exemple, l’impact de la taxe sur le prix serait bien moindre, de l’ordre de 0,1% pour un iPhone. Dans ce secteur, le transport ne pèse que 20% de la logistique, laquelle représente 10% du coût total. Sachant que de tels produits génèrent de grosses marges, la taxe kilométrique est beaucoup plus facile à absorber pour les revendeurs.

Pour d’autres produits, les hausses seraient de 0,3% pour la mode, 0,4% pour l’alcool et les produits de soin, de 0,5 à 0,6% pour les biscuits, etc. Reste à savoir comment le secteur de la distribution va intégrer ces hausses, lui qui travaille avec des marges réduites, de l’ordre de quelques pourcents. "Malgré un contexte de guerre des prix, il est plus que probable qu’en fin de compte ce soit le consommateur qui paie la note", conclut Pierre-Alexandre Billiet.

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