Le Belge consomme-t-il différemment depuis le confinement?

Le consultant Nielsen chiffre la hausse des ventes en supermarchés et dans les magasins de proximité à 506 millions d'euros depuis le début du confinement. ©Photo News

Shopping en ligne ou dans un magasin? Achats de chips ou de biscuits? Confinement économique ou coûteux? Force est de constater que la vie du consommateur n'est plus pareille.

On se souvient des premiers jours du confinement: de longues files devant les supermarchés, des rayons vides... Rien que pour la première semaine de confinement, le consultant Nielsen chiffrait la hausse des ventes en supermarchés et dans les magasins de proximité à 37,5%, soit 94 millions d'euros. Cette hausse est désormais de 506 millions d'euros.

Que trouve-t-on dans les caddies des Belges?

Durant ce confinement, les produits surgelés ont la cote. Leurs ventes ont augmenté de plus de 30%. Le top 5 des progressions des ventes est complété par la boulangerie (+26,9%), l'épicerie (+26,5%), les produits laitiers (+18,4%) et les produits d'entretien (+14,4%). Les snacks salés sont aussi très prisés (+11%), détrônant ainsi les snacks sucrés dont les ventes se tassent de 1,7%.

Au rayon du recul des ventes, on peut évoquer les produits pour animaux (-4,4%) et les produits de soins et beauté (-13,8%).

En chiffres absolus, les meilleures ventes portent sur le fromage, le vin ou la viande. Si on se base sur les chiffres relatifs, la farine domine le classement, avec les produits d'entretien et les fournitures de pâtisserie. 

Les prix progressent

Au cours du mois d'avril, toute promotion était interdite. Dans son étude du panier de la ménagère, Test Achats note ainsi un effet plus marqué sur les caddies des clients de Colruyt et de son service de retrait Collect&Go, ainsi que chez Carrefour.

"Si on compare les prix du 3 avril avec la période précédant la crise du Corona (1er mars), les prix ont le plus augmenté dans les hypermarchés Carrefour (+5 %), chez Collect&Go (+5 %) et Colruyt (+6,6 %)." L'association de défense des consommateurs ajoute que la réintroduction des promotions ne pousse guère les prix vers le bas (-1% seulement chez Colruyt et Collect&Go).

6,5%
de hausse
Statbel évoque une hausse des prix de 6,5% pour les produits d'entretien entre mars et avril.

L'institution de statistique publique Statbel évoque une hausse des prix entre mars et avril de 6,5% pour les produits d'entretien (dont 6,36% résultant de l'inflation). Cette hausse est de 3% pour les fruits et de près de 6% pour les légumes. Si on se penche sur l'évolution annuelle, les hausses sont respectivement de 11,8% et 7%. Notons enfin une progression mensuelle de 2,4% des prix des poissons et fruits de mer et de 2% pour la viande.

Néanmoins, effet coronavirus ou pas, le coût du panier de la ménage aurait de toute façon augmenté cette année à cause de la faiblesse de l'inflation l'an dernier. "L'interdiction des réductions a moins d'impact sur l'inflation globale des produits alimentaires, car elles ne concerne que des sous-groupes de produits comme les pizzas, les biscuits, les conserves....", conclut-on chez Statbel. 

L'e-commerce a-t-il séduit?

Faute de shopping "physique" dans les magasins, le Belge s'est aussi tourné vers le commerce en ligne. Dans tous les secteurs, une progression est observée. Mais cette tendance va-t-elle se prolonger au-delà du déconfinement? Selon les estimations de Nielsen, l'e-commerce devrait sortir de la crise sanitaire quelque peu renforcé.

Prenons les aliments frais qui affichaient les ventes en ligne les plus faibles (9% avant la crise). L'e-commerce représente aujourd'hui 11% des ventes, une proportion qui devrait monter à 12% après le déconfinement.

L'habillement, qui enregistrait la plus grosse part de ventes en ligne avant le confinement (47%), a connu une progression à 55% et devrait, après la crise sanitaire, revenir aux environs de 51%. 

Impact sur les coursiers

Autre implication de cette progression de l'e-commerce: l'impact sur le secteur de la livraison de colis. Selon Roel Gevaers, professeur d'Économie à l'UAntwerpen, les colis sont devenus de plus en plus gros. 

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 "Auparavant, nous achetions principalement des appareils électroniques, des jouets et des vêtements. Maintenant, nous avons des meubles, des trampolines, des kits de bricolage et de la nourriture. Mis à part la nourriture, ce sont des articles qui sont en moyenne beaucoup plus lourds et plus grands. C'est un problème pour les sociétés de colis B2C (business to consumer, NDLR) traditionnelles. Elles ont investi dans la manutention automatisée pour de petits et moyens colis. Les gros colis doivent être traités manuellement. " 

Les coursiers sont donc restreints dans leur capacité de livraison. De plus, un seul chauffeur n'est souvent plus suffisant. Les revenus sont de ce fait affectés. "Soit certains coursiers vont disparaître, ce qui est problématique compte tenu de la carence de chauffeurs déjà observée, soit ils vont augmenter les prix des livraisons à domicile."

Néanmoins, après une adaptation des acteurs, les prix devraient s'aligner sur ceux pratiqués par les géants du secteur: DHL, TNT-FedEx ou UPS. 

 

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