Le CNS a les cartes en mains pour encore sauver les soldes

Avec un recul des ventes estimé à 40% par rapport à 2019, la période de soldes ne permet pas de remplir les caisses des commerçants. ©Photo News

Entre la prolongation des soldes et le shopping en "bulle", les appels aux autorités se multiplient pour améliorer la situation des secteurs de la mode et du "health & beauty", entre autres.

Une période de soldes décevante, des commerçants sous pression, le Syndicat Neutre des Indépendants (SNI) appelle les autorités à accorder une bulle d'oxygène aux commerçants.

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Six commerçants sur 10 ne peuvent pas se permettre d'acheter la nouvelle collection.

"Trois magasins de mode sur quatre finiront l'année dans le rouge", prédit-on au SNI. Et il va plus loin: "Six commerçants sur 10 ne peuvent pas se permettre d'acheter la nouvelle collection."

Selon une enquête de Comeos, les soldes accusent un recul de 40% des ventes, comparé à 2019. Le secteur de l'habillement et du "health & beauty" sont les plus affectés.

Le syndicat demande donc que les commerçants bénéficient, par exemple, d'un prêt garanti auprès des sociétés régionales de financement pour leur permettre d'acquérir notamment la nouvelle collection. Une compétence purement régionale.

Une préoccupation depuis avril

Renflouer quelque peu ces différents secteurs était déjà l'idée soutenue par le  libéral flamand Egbert Lachaert lorsqu'il demanda début avril le report des soldes: "En ne commençant pas les soldes le 1er juillet, on offre un tampon financier supplémentaire à de nombreux petits travailleurs indépendants, cela peut faire la différence entre survivre ou juste sortir la tête hors de l'eau."

Tous ne partageaient alors pas son avis. Luc Van Mol, patron de la chaîne ZEB, affirmait de son côté que commencer les soldes au plus tôt, signifiait se défaire au plus vite du stock de la collection hiver 2019 et donc engranger plus rapidement les fonds nécessaires pour payer la nouvelle collection.

Le poids des loyers

Autre volet: le paiement des loyers. Alors que certaines grandes enseignes avaient menacé de ne pas verser de loyers, des solutions avaient été trouvées avec les autorités en Flandre et à Bruxelles, ainsi qu'avec les propriétaires. Mais ce n'est pas suffisant.

Le SNI appelle à trouver des solutions secteur par secteur et Région par Région, car désormais tout le monde n'est plus logé à la même enseigne.

Allonger les soldes

Enfin, troisième point du SNI: la gestion des stocks toujours importants. A cet effet, il demande une prolongation des soldes. "Il faut que l'obligation de faire ses courses seul soit abrogée et que les soldes soient prolongées pendant au moins 14 jours."

Le hic c'est que l'organisation des soldes est fixée par la loi. Celle-ci prévoit deux périodes d'un mois... et pas plus. Il faudrait donc la modifier, mais les vacances parlementaires rendent l'exercice impossible à court terme.

Par ailleurs, l'UCM rappelle que si les soldes se terminent fin août, rien n'empêche les commerçants à poursuivre les rabais au-delà de ce délai; une pratique totalement légale, insiste-t-on au cabinet du ministre de l'Economie, Denis Ducarme (MR).

Des braderies pourraient aussi permettre de liquider les stocks. Dans le chef du ministre , on précise que les braderies annuelles pourront se tenir selon les règles utilisées notamment pour les marchés ou brocantes. Il ne sera toutefois pas permis de créer un nouvel événement.

Place au "shopping plaisir"

"Le succès des soldes repose sur le fait de pouvoir flâner dans les magasins, acheter ce dont on n'a pas besoin ou ce qu'on ne peut pas s'offrir. Les mesures prises (actuellement) ne poussent pas au 'shopping plaisir'."
Thierry Evens
UCM

Il semble en effet que plus que jamais le salut des commerçants est entre les mains du Conseil national de sécurité de ce jeudi. "Il faut que le CNS assouplisse les règles pour permettre le "shopping plaisir". Le succès des soldes repose sur le fait de pouvoir flâner dans les magasins, de faire du lèche-vitrine, d'acheter ce dont on n'a pas besoin ou ce qu'on ne peut pas s'offrir. Les mesures prises avec un sens giratoire, des masques, du shopping en solitaire et limité dans le temps ne poussent pas au 'shopping plaisir'", explique Thierry Evens de l'UCM.

Pour lui, permettre dès ce jeudi à la bulle de 5 de faire ensemble du shopping pourrait encore sauver les soldes. "Il n'est pas trop tard pour donner une bouffée d'oxygène aux commerçants." Et d'ajouter que jusqu'à preuve du contraire, les commerces ne sont pas vus et n'ont jamais été vus comme des clusters de contamination. "Je rappelle qu'avant le 24 juillet, il était possible de faire ses courses à plusieurs."

C'est également l'avis du ministre qui demandera jeudi au conseil d'autoriser la bulle sociale à faire ses courses ensemble.

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