Le commerce non alimentaire a perdu la moitié de ses revenus

L'un des enjeux de la réouverture des commerces non-essentiels, ce mardi, sera de gérer les files qui pourraient se former devant les magasins. ©BELGA

Alors qu'ils peuvent rouvrir ce mardi, les commerces de détail non alimentaires ont vu leur chiffre d'affaires chuter de 51% lors du 2e confinement.

Les commerces "non-essentiels" peuvent rouvrir ce mardi. Il est temps: si la fermeture forcée du printemps a pesé plus lourd, la facture du deuxième confinement n'en est pas moins douloureuse.

La dernière enquête de l’Economic Risk Management Group (ERMG), publiée il y a deux semaines, est sans équivoque. À la mi-novembre, la perte de chiffre d’affaires du commerce de détail non alimentaire atteignait 51%. À noter du reste qu’à l’inverse, l’interdiction de vente de produits "non essentiels" dans les magasins alimentaires a creusé la perte de chiffre d’affaires des enseignes.

Les ventes en ligne ont compensé en partie

Cette perte de revenus est moins dramatique que le plongeon de 80% subi lors du premier confinement. Cela s'explique: un plus grand nombre de magasins ont pu rester ouverts, les ventes en ligne et les services de retrait en magasin gagnant en importance. Selon l'Union des Classes Moyennes, 50% de ses affiliés recourent désormais au "click & collect".

-51%
Le chiffre d'affaires du commerce de détail non alimentaire s'affichait en baisse de 51% à la mi-novembre.

Le manque à gagner a poussé les fédérations de classes moyennes à réclamer à cor et à cri la réouverture des commerces, quitte à l’entourer d’un maximum de précaution sanitaire. Ils ont obtenu gain de cause. Et l’expérience du premier déconfinement opéré au printemps permet de prédire qu’ils seront prêts à accueillir les clients.

La crainte des files

Mais les conditions du déconfinement sont telles que certains détaillants attendront un peu avant de rouvrir leurs portes au tout-venant. "De nombreux commerçants craignent des files interminables sur leur trottoir et ont déjà décidé de ne rouvrir que sur rendez-vous", résume Clarisse Ramakers, directrice du service d’études de l’UCM.

"De nombreux commerçants craignent des files sur leur trottoir et ont décidé de ne rouvrir que sur rendez-vous."
Clarisse Ramakers
Directrice du service d’études de l’UCM

L'arrêté ministériel qui encadre cette réouverture est en effet strict: le client doit venir seul et ne peut rester que 30 minutes en magasin, sauf si celui-ci travaille sur rendez-vous. Il faut un espace de 10 m2 par client, et les petits commerces ne peuvent accueillir que deux clients à la fois.

Une disposition de l'arrêté indispose les commerçants: celle qui les oblige à s'organiser pour éviter tout rassemblement et à faire respecter les règles de distanciation hors du magasin. "Un commerçant n'a pas de compétences de police sur l'espace public", souligne Christine Mattheuws, la présidente du Syndicat neutre pour indépendants (SNI).

Au cabinet d'Annelies Verlinden, la ministre de l'Intérieur, on se veut rassurant. "Le commerçant est responsable dans son magasin. Il ne pourra être sanctionné pour des infractions hors de son commerce, qui sont une compétence de police", précise Marie Verbeke, porte-parole.

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