Le commerce non-essentiel mise tout sur les ventes en ligne

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Echaudée par le premier confinement, la distribution non alimentaire a pris les devants pour anticiper le second lockdown. Et renforce ses ressources pour la vente en ligne.

Chat échaudé craint l'eau froide, dit-on. Pour les commerçants, le premier confinement décidé plutôt en urgence au début du printemps, a laissé des traces. La plupart des commerces non-alimentaires ont cette fois anticipé les mesures annoncées ce vendredi soir.

Les commerces non-essentiels, comprenez globalement tout ce qui n'est pas alimentaire ou de première nécessité, devront rester portes closes à partir de ce lundi 2 novembre et ce jusqu'au 13 décembre. Une évaluation sera effectuée le 1er décembre. "La grande distribution reste ouverte, il est donc inutile de faire des stocks et de se ruer sur certaines denrées. Ce serait même antisocial de le faire", précise Alexander De Croo, qui appelle à ne pas perdre son sang-froid. "Nous allons tout faire pour que l'équité soit respectée dans ce secteur", affirme encore le Premier ministre.

Click & Collect

Par contre, le commerce électronique reste possible, soit avec des livraisons par voie postale, soit avec un enlèvement au magasin. "C'est l'occasion de rappeler à chacun de soutenir le commerce local en commandant près de chez soi plutôt que sur des sites internationaux", rappelle Elio Di Rupo, le ministre-président wallon.

Dominique Michel, le CEO de Comeos, la fédération du commerce en Belgique, se réjouit de la possibilité laissée au click & collect. "On l'a vu durant le premier confinement, les tarifs postaux ont assez fort augmenté et les livraisons postales ont subi des retards importants. Le click & collect permet de rapprocher le client du commerçant et d'éviter que l'essentiel des ventes ne bénéficie aux grands groupes internationaux."

4
milliards de manque à gagner
Comeos estime à 4 milliards d'euros le manque à gagner des commerces dans cette période cruciale de l'année.

Mais c'est là le seul motif de satisfaction du secteur, qui estime à près de 4 milliards le manque à gagner des commerces pour les 6 semaines à venir. Des semaines cruciales à l'approche des fêtes durant lesquelles certains commerçants réalisent jusqu'à 30% de leurs recettes, fait encore remarquer Dominique Michel.

Il faut dire que le premier confinement a déjà fait mal au secteur. Selon les chiffres compilés par Comeos, le secteur non-alimentaire a globalement perdu 139 millions d'euros par jour durant ces 7 semaines de confinement total au printemps. Soit une perte de chiffre d'affaires de 3,342 milliards d'euros par mois à comparer à des recettes normales mensuelles de 3,71 milliards.

Pour le secteur de la mode en particulier, qui a le plus souffert durant cette période, la perte quotidienne a été de 23 millions d'euros, ou 562 millions par mois pour un revenu mensuel de 625 millions d'euros. Résultats de ces pertes de recettes, selon les chiffres de Comeos, plus d'un commerce sur deux avait des problèmes de liquidité dès avril dernier. Et la liste des annonces de faillites ou de restructurations ne cesse de s'allonger: Maxi Toys, Casa, Celio, Pearl, Esprit, FNG, Blokker... égrène Dominique Michel, sans citer la kyrielle d'indépendants qui ont fait la culbute.

"Le gouvernement ne peut fermer les magasins et leur demander en même temps de continuer à payer ces taxes."
Dominique Michel
CEO de Comeos

Comeos, mais aussi l'Union des classes moyennes (UCM) ou la FEB réclament des mesures d'aides, du même type que celles octroyées en mars-avril dernier. "Il ne faut pas seulement des mesures passerelle ou des revenus de remplacement, mais un allègement des charges qui se poursuivent malgré tout."

Comeos demande notamment une exonération ONSS pour le 3ème trimestre; des mesures fiscales pour inciter les propriétaires à suspendre ou à réduire le montant des loyers et une suspension de toutes les taxes à charge des commerces (taxes sur le stationnement, taxes sur les enseignes lumineuses, …). "Le gouvernement ne peut fermer les magasins et leur demander en même temps de continuer à payer ces taxes", assène Michel.

L'Union des classes moyennes élargit le champ de ses revendications à l'ensemble des PME et des indépendants. Et réclame un soutien pour tous les secteurs forcés de cesser leur activité - commerçants, soins aux personnes mais aussi fitness et sport indoor... "Ils doivent bénéficier à la fois du doublement du droit passerelle, prévu pour l'horeca et l'événementiel en octobre et novembre. Le chômage temporaire force majeure coronavirus, sans frais ni formalités, doit rester accessible à l'ensemble des entreprises."

Les Régions doivent élargir l'aide promise à l'horeca, 3.000 euros à Bruxelles, de 3.000 à 9.000 euros en Wallonie en fonction du nombre d'emplois, exige encore l'UCM.

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