Le coronavirus devrait accélérer enfin la croissance de l'e-commerce en Belgique

La crise du Covid-19 va changer nos habitudes de consommation au profit de l'e-commerce, selon une étude de Comeos et l'institut Thomas More. ©AFP

Une étude de Comeos sur l’impact de la crise du coronavirus sur les habitudes de consommation laisse présager un boom de l’e-commerce.

Le confinement a fait le bonheur du commerce électronique. Une vaste étude de Comeos et de l'institut Thomas More (3.000 personnes interrogées, très majoritairement en Flandre, âgées de 17 à 86 ans) a voulu mesurer ce phénomène.

Elle montre que, logiquement, les produits qui en ont profité le plus sont ceux vendus dans des magasins physiques qui ont été fermés: vêtements, chaussures, produits de soin, jouets, fleurs, livres ont enregistré une croissance de plus de 20% de leurs ventes en ligne. Les voyages et les loisirs, totalement à l’arrêt, se sont effondrés. Dans toutes les catégories d'âge et pour presque tous les groupes de produits, des consommateurs ont acheté en ligne pour la première fois durant la crise. Les principaux novices en la matière sont les plus de 60 ans.

Même les produits alimentaires en ont profité avec là aussi une hausse de plus de 20% des ventes en ligne, nombre de consommateurs craignant, à tort ou à raison, d’être contaminés en faisant leurs courses dans les supermarchés. Ce qui montre la pertinence du modèle omnicanal. 44% des consommateurs disent en effet acheter davantage en ligne sur des sites de magasins qui ont aussi une présence physique en Belgique, comme si l'aspect belge et local avait un effet plus rassurant qu’un pure player.

Un tournant

Plus d’une personne interrogée sur deux dit que sa manière de faire du shopping a définitivement changé.

L’étude semble ainsi monter que l’on est arrivé à un tournant. Plus d’une personne interrogée sur deux dit que sa manière de faire du shopping a définitivement changé. Tout profit pour l'e-commerce puisque près d’un interviewé sur deux (mais 55% chez les 31-40 ans) dit qu’à l’avenir il achètera plus, voire beaucoup plus, sur les sites d’e-commerce alors qu'ils sont moins de 10% à dire le contraire. Notamment des vêtements. Dans un futur proche, plus de 40% des gens affirment qu'ils se sentiront mal à l’aise à l’idée d’essayer des vêtements dans les cabines de magasins en raison de leur crainte, avérée ou non, d’être contaminés.

42%
des consommateurs
Dans un futur proche, plus de 40% des gens affirment qu'ils se sentiront mal à l’aise à l’idée d’essayer des vêtements dans les cabines des magasins.

Naguère à la traîne chez nous, le commerce électronique en Belgique devrait donc profiter à plus long terme de cet "effet d’aubaine" provoqué par la crise sanitaire. Ceci pour autant que les e-commerçants n’en profitent pas pour gonfler leurs prix; la moitié des personnes interrogées estiment que les prix ont augmenté sur les sites marchands, surtout pour les aliments et les boissons. L’interdiction de promotions explique sans doute cette impression.

L’e-commerce n’est cependant pas le seul gagnant du changement d’habitudes des chalands. Le commerce de proximité va aussi davantage tirer son épingle du jeu. Les trois-quarts des sondés disent qu'ils vont les fréquenter à l'avenir. En revanche, les shoppings, endroits clos et sans doute plus anxiogènes dans le contexte actuel, auront moins la cote, lit-on dans l'étude. Il reste toutefois à confirmer ses tendances dans la durée, car comme toute étude, il s’agit d’une prise de température à un temps T. Voilà pourquoi, dans les mois à venir, Comeos actualisera l'étude pour voir quelles nouvelles tendances émergent et quelles sont celles qui demeurent.

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