"Le personnel de Carrefour à bout, mais pas à genoux"

Action émotionnelle, signe du ras-le-bol du personnel, plusieurs magasins Carrefour sont restés portes closes ce vendredi matin, suite à la présentation des propositions de la direction. Les magasins ont rouvert en fin de matinée. Les regards se tournent désormais vers Lidl.

Plusieurs magasins Carrefour sont restés portes closes ce vendredi matin. Ils avaient toutefois tous rouverts en fin de matinée. En cause, la présentation des propositions de la direction belge pour saluer les efforts du personnel face à la surcharge de travail et aux risques de contamination encourus.

"Le personnel est à bout, mais pas à genoux."
Delphine Latawiec
CNE

Dans le chef du SETCa, on parle surtout d'un mouvement émotionnel, comme ce fut le cas chez Delhaize également. Au sein de la CNE, on évoque la volonté de marquer son ras-le-bol et le fait qu'un grand groupe comme Carrefour peut peut-être aller un pas plus loin. "Le personnel est à bout, mais pas à genoux", indique Delphine Latawiec, CNE.

Les magasins touchés étaient ceux d'Etterbeek, Auderghem, Drogenbos, Berchem-Sainte-Agathe, Wavre (Bierges), Kraainem et Gosselies. Les Carrefour Market Europe (à Woluwé) et Bergman (à Ixelles). À Ans, le personnel affilié à la CNE avait rejeté l'accord mais le magasin était resté ouvert. 

Que propose la direction?

• Les 5 jours de congé supplémentaires, comme prévu au niveau sectoriel.
• Une revalorisation de 3,55 euros des chèques-repas jusqu'au 30 novembre.
• La fermeture le vendredi une heure plus tôt dans les hypermarchés (à 20h donc).
• La prise en charge par une assurance en cas d'hospitalisation pour cause de Covid-19.  

Ce qu'en pensent les syndicats

Dans le chef de la CNE, tout n'est pas à rejeter dans ces propositions, mais le syndicat chrétien estime que la direction peut en faire davantage. Il souligne, par exemple, la revalorisation des chèques repas qui est prolongée jusqu'à la fin de l'année ou à l'an prochain dans d'autres enseignes. Enfin, il ajoute qu'en France, le personnel de Carrefour bénéficie de la prime instaurée par le gouvernement Macron; prime qui n'existe pas en Belgique et n'est nullement compensée par la direction belge.

Au sein du SETCa, on souligne que la direction de Carrefour propose une hausse des chèques repas supérieure à celle des autres enseignes. "On est globalement sur les mêmes enveloppes au sein des chaque enseigne." Le syndicat socialiste s'est donc engagé à défendre l'accord et affirme que, sur le terrain, même si ce n'est pas dans un "enthousiasme débordant", les salariés sont globalement positifs par rapport à ce qui est sur la table. 
A la CNE, on précise que le personnel rejette majoritairement l'accord.

Rappelons toutefois que le SETCa-BBTK est le syndicat le plus représenté au niveau de l'enseigne. 

Et ailleurs?

Jour après jour, les accords se concluent dans le secteur de la distribution. Le weekend dernier, les syndicats avaient tenté de décrocher un accord sectoriel, mais sans succès. Ils avaient donc pris leur bâton de pèlerin pour négocier enseigne par enseigne. Ce fut le cas chez Aldi, Colruyt, Delhaize, Mestdagh et Carrefour. Les discussions se poursuivent chez Lidl et Cora, où un accord est à portée de main.

Chez Lidl, la tâche semble plus compliquée. Les discussions sont au point mort, nous relaie une permanente du syndicat libéral. La direction a remis jeudi une proposition jugée très inférieure à celle des autres enseignes. Elle affirme ne pas avoir de mandat pour mettre davantage sur la table.

Ces propositions ne concernent, en outre, que le personnel des magasins. Celui des services centraux n'est pas visé. "La porte n'est toutefois pas fermée. Les négociations reprendront la semaine prochaine, à moins que la direction revienne avec une nouvelle proposition durant le weekend", précise Vicky Hendrick.    

Après Delhaize et Carrefour, des actions ne sont pas exclues chez Lidl.  

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