Publicité
reportage

Le shopping cosy sera bientôt techno

©Delhaize

Les unes après les autres, les enseignes belges rénovent leur parc de supermarchés. Elles misent avant tout sur le confort du client et sur une offre de services plus personnalisée. À Lille, le centre de référence mondial de CGI pour le commerce du futur se focalise sur l’information du client et du personnel. À terme, le smartphone sera incontournable pour les accros du shopping.

Un espace de quelques dizaines de mètres carrés dans un immeuble de bureaux, situé à un jet de pierre de la Grand-Place de Lille. Rien n’indique, a priori, que le groupe canadien CGI, spécialisé dans la consultance et les services informatiques, y a installé son centre d’excellence mondial dédié au commerce et à la distribution. Logique quand on sait que Lille est le berceau historique de la vente par correspondance (VPC) et de la création des hypermarchés.

De quoi inspirer les distributeurs belges? Sans doute. Mais pas tout de suite. Après Aldi et Lidl, en pleine rénovation de leurs supermarchés, Carrefour   et Delhaize   viennent de transformer de fond en comble un de leurs magasins, préfiguration d’un nouveau concept qui devrait s’appliquer largement dans leur parc.

"L’enjeu, pour les distributeurs, c’est de fidéliser leur clientèle."
Jean-Baptiste Branquart
Vice-président de CGI

L’idée de base, c’est de rendre le supermarché plus cosy en élargissant les rayons et en repensant l’aménagement d’ensemble, avec par exemple un comptoir boucherie à la découpe, un rayon traiteur ou encore un comptoir de produits vendus en vrac. Les innovations technologiques ne sont par contre distillées qu’au compte-gouttes, pour ne pas effrayer le client. Cela n’empêchera sans doute pas les enseignes du pays de prendre leurs informations sur les innovations de demain.

Inauguré il y a trois ans, le centre d’excellence de CGI abrite un showcase reconstituant un magasin du futur qui met en scène, de manière sommaire, le parcours du client, depuis l’entrée en magasin jusqu’à l’arrivée aux caisses. "L’enjeu, pour les distributeurs, c’est de fidéliser leur clientèle, et pour cela de lui faciliter la vie au maximum tout au long de leur parcours en magasin", explique Jean-Baptiste Branquart, le responsable du centre d’excellence.

Dès l’entrée dans le showcase, le client passe devant une caméra à reconnaissance faciale capable de déterminer le sexe, la tranche d’âge et…. l’humeur du client. De quoi aider le distributeur à cibler davantage les promotions et les offres commerciales distillées dans le magasin.

Le smartphone, de plus en plus incontournable

©Bloomberg

La suite révèle à coup sûr une chose: le smartphone sera de plus en plus incontournable pour les accros du shopping. Le parcours est en effet jalonné de bornes d’affichage personnalisées qui lui offrent tout un éventail de possibilités: informations sur le produit – présence d’allergènes, labels… –, sur sa disponibilité, possibilité de voir si des produits qui ne sont plus en rayon sont disponibles dans d’autres magasins à proximité…

Plus besoin d’arpenter les rayons pour trouver un vendeur. Le client un peu paumé n’a plus qu’à scanner le QR code accompagnant le produit et envoyer un message pour demander l’aide d’un vendeur disponible. Celui-ci reçoit l’information sur sa montre connectée. S’il accepte, le client est aussitôt informé et le vendeur se met en indisponibilité momentanée pour les autres clients.

Pour le personnel du magasin, le passage en caisse permet de disposer d’une information fine sur la disponibilité des produits en rayon. Le pointage du produit modifie instantanément le graphique représentant le stock restant en rayon. Il y a également un système de reconnaissance des articles doté d’une caméra qui permet de détecter les fraudes éventuelles.

La plateforme développée par CGI propose actuellement douze modules. Mais pas de solution de paiement automatique sans caisse. "Nous n’avons pas d’interaction avec les banques. Le secteur financier est très réglementé, nous préférons donc appliquer les solutions de paiement existantes", précise Jean-Baptiste Branquart.

Le groupe canadien, qui compte déjà plusieurs gros acteurs de la distribution dans sa clientèle (Auchan, Carrefour, Décathlon…), n’a pas encore vraiment attiré le chaland avec son nouveau module de solutions, baptisé Retail Xp 360. Mais la pompe s’amorce: deux groupes français, dont l’identité reste secrète, ont commandé respectivement sept et trois solutions, qui seront opérationnelles au début de l’an prochain.

En attendant une audience plus large, sur les marchés étrangers notamment.

En Belgique, peu d’intérêt pour les technos

Créée en 1976 à Montréal par Serge Godin – aujourd’hui président exécutif –, CGI (Conseiller en gestion et informatique au départ, Consultants for Government and Industry aujourd’hui) était initialement une société de consultance en technologies de l’information. Elle s’est ensuite diversifiée dans le conseil, le développement et l’intégration de solutions informatiques, jusqu’à devenir un géant (73.000 collaborateurs, 10,7 milliards de dollars canadiens).

En Belgique, CGI (341 personnes pour 44 millions d’euros de chiffre d’affaires) est essentiellement actif dans l’énergie – avec pour clients quasiment tous les gros acteurs –, les services aux autorités publiques (gouvernements fédéral, régionaux, Commission européenne), la santé et les banques.

La distribution fait encore figure de parent pauvre. À ce jour, Carrefour Belgique est son seul client. Mais cela va changer. "Il y a pas mal de savoir-faire en France qui est directement utilisable en Belgique", souligne Ben Vicca, directeur général de l’antenne belge de CGI. Qui fonde de gros espoir sur les solutions développées à Lille.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés