Publicité

Les courses au supermarché seront bientôt plus chères

C'est AB InBev qui détient la palme de la plus forte hausse de prix de ses produits facturés aux supermarchés. ©BELGAIMAGE

Les entreprises alimentaires ne peuvent plus absorber la flambée des coûts des matières premières, de l’énergie et du transport. Elles veulent ainsi relever les prix facturés aux supermarchés de 5 à 25%.

Le consommateur belge devra bientôt payer plus pour ses courses au supermarché, si l'on croit les déclarations de plusieurs entreprises alimentaires et chaînes de supermarchés. Elles négocient actuellement les prix que les grandes surfaces devraient régler à leurs fournisseurs à partir du mois de janvier.

"Les producteurs proposent des hausses de prix inouïes", confie une source d’un groupe de distribution. "De nombreuses entreprises avancent une hausse de 5 à 10%, mais certaines veulent nous facturer 25% en plus." 

Grosse artillerie

Des entreprises comme PepsiCo (Lay's et Pepsi) et Lotus Bakeries ont déjà annoncé, ces dernières semaines, leur intention d’augmenter leurs prix. L’entreprise de légumes surgelés Ardo, le producteur de frites surgelées Agristo et le groupe alimentaire GBFoods (Devos & Lemmens, Royco, Liebig) déclarent qu’ils veulent une hausse d’au moins 5%. "Cela varie selon les produits, mais le minimum est de 5% et cela ira plutôt jusqu’à 10%", précise la CEO d’Ardo, Gabrielle Kalkwijk. 

+48%
AB InBev a relevé de pas moins de 48% le prix de gros d'un bac de bières facturé aux supermarchés. Reste à savoir comment ces derniers répercuteront cette hausse sur les prix payés par les consommateurs.

De son côté, AB InBev a déjà dégainé la grosse artillerie: le prix de gros d’un bac de bouteilles de bière de 25 cl bondit de 48%. L’ampleur de la répercussion sur les prix de détail reste incertaine dans la mesure où le groupe brassicole refuse de dévoiler le prix de gros d’un bac. Les supermarchés le vendent - en y intégrant leur marge bénéficiaire - à quelque 12,50 euros.

D’autres entreprises de boissons, comme Alken-Maes et Spadel (Spa et Bru), n’excluent pas de remonter leurs prix à court terme. 

Selon Fevia, la fédération belge des entreprises alimentaire, plusieurs dizaines d’entreprises du secteur ont bien l’intention d’augmenter leurs prix. "Nous appelons les supermarchés à faire preuve de flexibilité." 

Renchérissement des coûts

À l’origine de cette lame de fond: la flambée des coûts à laquelle doivent faire face les entreprises au sortir de la crise sanitaire.

"Tout le monde paiera une partie de la facture, y compris le consommateur."
Porte-parole d’une grande entreprise alimentaire belge

"La hausse des cours des matières premières est inédite. Certaines sont plus chères de 10, 20, voire 50%. L’évolution est similaire pour l’énergie et le transport", souligne le porte-parole d’une grande entreprise alimentaire belge qui entend, elle aussi, relever ses prix.

"La situation est devenue extrême. Toute l’industrie alimentaire en est fortement affectée. En fait, c’est une seconde crise, après celle du coronavirus. Nos fournisseurs répercutent une partie de la hausse de leurs coûts. Et, à présent, nous sommes contraints de faire de même à l’égard des supermarchés. Tout le monde paiera une partie de la facture, y compris le consommateur."

Certaines hausses justifiées, d'autres non

La réaction des supermarchés à la demande des entreprises alimentaires? Plutôt tiède.

"Les producteurs de grandes marques demandent une augmentation deux fois plus élevée que les fournisseurs de nos marques de distributeur."
Un directeur de supermarché

"Nous la prenons en considération, parce que leurs coûts ont effectivement augmenté", dit un directeur de supermarché. "Mais nous ne la prenons pas pour argent comptant. Nous prenons garde à ce que les entreprises ne profitent pas de la situation pour relever exagérément leurs prix. Nous observons, par exemple, que les producteurs de grandes marques demandent une augmentation deux fois plus élevée que les fournisseurs de nos marques de distributeur. Les exigences des concurrents qui fabriquent le même produit divergent également très fort. Ce n’est pas cohérent. Nous n’accepterons que les hausses de prix légitimes." 

Il est donc probable que les demandes des fournisseurs ne seront pas entièrement satisfaites. Mais il est pourtant inscrit dans les étoiles que le consommateur verra son ticket à la caisse s’alourdir sensiblement. Les supermarchés n’en font pas mystère non plus. "Les marges sont ultraminces. Nous devons répercuter les hausses de coûts sur les prix payés par nos clients." 

Le résumé

  • Le consommateur belge devra bientôt payer plus pour ses courses au supermarché.
  • Les supermarchés seront contraints de répercuter une partie de la hausse des prix facturés par leurs fournisseurs, qui font face eux-mêmes à un net renchérissement de leurs coûts.
  • Mais les supermarchés ne comptent pas accepter la totalité des demandes de leurs fournisseurs.
  • D'âpres négociations sont en cours.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés