Makro stabilise ses revenus mais reste dans le rouge

Pour les 6 Makro du pays (ici, celui de Charleroi), l'heure n'est toujours pas au retour de la rentabilité. ©Photo News

Les magasins belges du groupe allemand Metro sont parvenus à enrayer le déclin du chiffre d'affaires. Mais ils continuent de creuser leurs pertes.

Un (très) léger redressement des ventes, mais un résultat qui reste désespérément cantonné dans le rouge: pour les enseignes belges du groupe allemand Metro, l'exercice 2018-2019 (clôturé le 30 septembre) tient plus du verre à moitié vide qu'à moitié plein.

Alors que les 11 magasins Metro, réservés aux professionnels de l'horeca, connaissent un certain succès, les 6 Makro du pays peinent à se stabiliser. Pour Makro Belgium, le dernier exercice a permis de stabiliser le chiffre d'affaires à 737,9 millions d'euros (+0,4%). On peut presque parler d'une demi-victoire quand on sait que les revenus déclinaient ces dernières années de 9% par an en moyenne. En 2014, ils atteignaient encore 1,15 milliards d'euros.

737,9
millions €
Pour Makro Belgium, le dernier exercice a permis de stabiliser le chiffre d'affaires à 737,9 millions d'euros (+0,4%).

Mais la situation comptable reste délicate. Les pertes, qui s'accumulent depuis plusieurs années, continuent de se creuser. De 28,2 millions d'euros en 2014-2015, la perte opérationnelle est passée à 40,4 millions en 2015-2016 avant de franchir la barre des 60 millions en 2017-2028. La dernière année comptable se solde par une perte d'exploitation de 65 millions d'euros (+5,4%).

65
millions €
De 28,2 millions d'euros en 2014-2015, la perte opérationnelle est passée à 65 millions d'euros en 2018-2019.

L'évolution du résultat net est à l'avenant. De 63,2 millions d'euros, la perte nette passe à 66,5 millions.

Relance

Vincent Nolf, le CEO de Makro et de Metro Belgium, continue cependant d'y croire. "L'année dernière, nous avons convenu avec nos actionnaires que nous allions redresser notre modèle commercial, c'est-à-dire notre chiffre d'affaires. Nous avons réussi. (...) Notre modèle économique, c'est-à-dire notre rentabilité, n'est pas encore en ordre. Mais ce n'est pas une surprise, puisque l'année dernière nous avons mis l'accent sur notre chiffre d'affaires", explique-t-il au magazine spécialisé Gondola.

"Notre modèle économique, c'est-à-dire notre rentabilité, n'est pas encore en ordre."
Vincent Nolf
CEO de Makro et de Metro Belgium

Sans donner de chiffres, il précise que les ventes de Metro ont continué à croître jusqu'au début de la crise du coronavirus. Une évolution qui n'est jamais que la copie conforme de celle du secteur de la distribution, qui a profité à plein des achats de précaution et de la fermeture des restaurants et cafés. Le responsable belge compte profiter des circonstances pour relancer un peu plus la machine et s'attaquer à une amélioration de la rentabilité.

Face au marasme financier de sa filiale belge, la maison mère allemande Metro a multiplié les injections de capitaux pour éponger les pertes. Depuis 2015, ces apports d'argent frais représentent un total de 340 millions d’euros. Reste à voir jusqu'où ira la patience des actionnaires. Makro Belgique est en effet une des rares filiales du groupe Metro en perte.

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