Publicité

Malgré les bons chiffres de Colruyt, les analystes font encore la grimace

©REUTERS

"Une hirondelle ne fait pas le printemps". C'est de cette façon que l'on pourrait résumer l'état d'esprit des analystes financiers après la publication des chiffres annuels meilleurs que prévu du groupe de distribution Colruyt. Le titre s'est envolé de près de 15% en matinée.

Les résultats annuels de Colruyt publiés mardi soir ont été applaudis ce mercredi matin en Bourse, l’action s’envolant de 14,7% à 51,70 euros en début de séance pour refluer quelque peu ensuite.

L'Ebit supérieur à l'estimation la plus haute

Le leader belge de la grande distribution a réussi à faire oublier un premier semestre mitigé marqué par une forte concurrence d’enseignes comme Lidl et Aldi. Premier point positif: le chiffre d’affaires annuel en hausse de 3,4% à 9,03 milliards d’euros était en ligne avec les attentes des analystes financiers. Mieux encore, le résultat d’exploitation (Ebit) de 488 millions d’euros (+4,5%) s’est, lui, révélé supérieur à la plus élevée des estimations (476 millions). Grâce à un relâchement de la concurrence constatée au cours du second semestre et à des gains d’efficacité, Colruyt a également réussi à faire progresser sa marge bénéficiaire brute qui passe de 25,8% à 26% sur l’ensemble de l’exercice.

Enfin, cerise sur le gâteau, le groupe de Hal a encore renforcé sa part de marché en Belgique qui atteint désormais 31,8%. Comme à son habitude, Colruyt n’a pas donné de prévisions pour l’exercice en cours. Il faudra attendre l’assemblée du 26 septembre pour y voir plus clair à ce propos.

Si le marché a fait preuve d'enthousiasme devant ce bilan annuel en donnant un coup de fouet à l’action, les analystes se sont montrés encore très circonspects face à la valeur qui, rappelons-le,  fait figure de mal-aimée du Bel 20 parmi leur communauté.

Action trop chère

Barclays a certes relevé son objectif de cours à 41 euros contre 38 euros avant, elle n’en a pas moins maintenu sa recommandation à "sous-pondérer" (vendre).

Chez KBC Securities, Alan Vandenberghe salue, certes, la performance du groupe, mais estime que l’action intègre déjà ces chiffres. "A la clôture d’hier, le titre Colruyt se traitait à un P/E (rapport cours/bénéfice) de 16,7 sur base des estimations de 2019/2020 et à une valeur d’entreprise de 8,4 fois l’Ebitda, soit respectivement une prime de 14% et de 30% sur ses concurrents européens, ce que nous jugeons excessif." En l’absence de catalyseurs à court terme, il reste à "réduire" sur la valeur et ne touche pas à son objectif de cours de 39 euros.

Maxime Mallet de la Deutsche Bank campe aussi sur ses positions et conseille de se tenir à l’écart du titre pour trois raisons. Le programme de rachat d’actions propres de 350 millions d’euros lancé par Colruyt en octobre 2017 touche bientôt à sa fin, 333 millions ayant déjà été dépensés. Deux, bien que la pression concurrentielle ait été moins forte au second semestre, l’analyste voit d’autres risques liés à la concurrence apparaître dans les années à venir, ce qui conduira, selon ses calculs, à une croissance annuelle moyenne limitée à 4% du bénéfice par action pour les trois prochaines années. Enfin comme son collègue de KBC, il estime que le titre est trop cher par rapport à ceux de ses pairs.

Objectif de cours relevé

La prudence reste aussi de mise chez Degroof Petercam, mais Fernand de Boer salue toutefois la prestation du groupe en relevant son objectif de cours à 48 euros contre 47 euros. Il maintient cependant sa recommandation à "conserver ". L'analyste attend d’en savoir un peu plus, mais il envisage de relever ses prévisions de l’Ebitda pour 2018/2019. Il rappelle que Colruyt a lourdement investi ces dernières années dans la qualité de son organisation. "Un programme qui est bientôt terminé et qui est sur le point de porter ses fruits" souligne-t-il. "Il devrait permettre à Colruyt de renforcer sa position dominante et, après cette année, les investissements de ce programme devraient se réduire et donc améliorer les résultats et le cash flow".

Effet "shorteur"

Notons, pour terminer, qu’outre des résultats meilleurs que prévu, l’ampleur de la hausse de ce mercredi matin (+14,7% en début de séance) peut s’expliquer, en partie, par des dénouements de positions de vendeurs à découvert pris de court par les bonnes nouvelles publiées par le groupe. Il y a quelques jours, l’un d’entre aux avait encore renforcé sa position sur Colruyt passant de 1,10% à 1,20% du capital.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés