Même acheter à manger en ligne entre dans les mœurs

Pendant le confinement, de nombreux ménages ont pris le pli d'acheter de la nourriture en ligne, notamment auprès du service Collect and Go de Colruyt, dont on voit ici l'entrepôt d'Erpe-Mere. ©rv

Avec la crise du Covid-19, le commerce électronique transfrontalier devrait croître de 23% cette année. Acheter sa nourriture en ligne devrait aussi entrer dans les habitudes.

Avec la pandémie du Covid-19 et le confinement qui s'en est suivi, faire ses courses sur internet est entré dans les mœurs. Y compris pour les denrées alimentaires.

"Les achats en ligne de produits alimentaires étaient à la traîne, mais désormais faire ses courses en ligne devient une habitude", souligne Carine Moitier, fondatrice de Cross-Border Commerce Europe, une plateforme européenne qui vise à stimuler les commerces en ligne et omnicanal en Europe. L'experte en e-commerce n'hésite pas à pronostiquer que d'ici deux ans, 10% des revenus de la vente de produits alimentaires viendront d'internet.

2,6
milliards €
Les ventes transfrontalières ont rapporté l'an dernier 2,6 milliards d'euros aux acteurs belges (+18%).

Cette évolution suivra (de loin) l'explosion des ventes en ligne globales. Selon les chiffres de CBCommerce Europe, l'e-commerce pesait l'an dernier 562 milliards d'euros (+8,5%) dans les 16 pays d'Europe occidentale et de Scandinavie, dont 108,75 milliards (hors voyages, +14,4%) de transactions transfrontalières. L'e-commerce hors frontières (23,55%) est donc en progression.

Le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France sont les trois pays où les ventes en ligne globales et transfrontalières sont les plus importantes. Mais on note la nette montée en puissance de l'Espagne, 4e, dont les ventes transfrontalières ont bondi de 30%. En volumes globaux, la Belgique se classe 13e. Les ventes transfrontalières ont rapporté l'an dernier 2,6 milliards d'euros aux acteurs belges (+18%).

Ikea n° 1

Selon Cross-Border Commerce Europe, l'activité sur ce créneau progresse. Dans la deuxième édition de son palmarès des 500 sociétés les plus actives dans l'e-commerce transfrontalier (au moins trois pays différents), on note ainsi le recul sensible de Zalando. Numéro un en 2018, il rétrograde à la 7e place, pas parce qu'il a vendu moins, mais parce que d'autres acteurs ont fortement progressé.

"On retrouve des enseignes qui, avec le Covid-19, ont dû développer leur offre multicanal."
Carine Moitier
Fondatrice de Cross-Border Commerce Europe

Le podium du top 500 2019 est occupé par Ikea, H&M et Zara. Un signal très encourageant, estime Carine Moitier. "Avec C&A, qui est 6e, on retrouve des enseignes qui ont été entre-temps touchées de plein fouet par le Covid-19, et qui donc ont dû développer leur offre multicanal", explique Carine Moitier.

La présence belge (18 entreprises dans le top 500) n'a rien d'envahissant. Mais elle est en progression. Les plus gros vendeurs en ligne transfrontaliers du pays grimpent d'ailleurs dans le classement. Kipling est 24e (25e en 2018), Outspot 63e (+8 places) et Icewatch 68e (+11 places).

Une chose est sûre, le commerce ne sera plus comme avant. Il sera de plus en plus digital et omnicanal. La part de commerce transfrontalier devrait d'ailleurs progresser de façon spectaculaire: +23% cette année et +50% d'ici 2022.

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