"Mestdagh est sorti de l'hôpital, mais est encore en congé de maladie"

Eric Mestdagh pose un diagnostic positif mais mesuré sur l'état de santé de son entreprise.

Le CEO Guillaume Beuscart parti chez Atos, le groupe Mestdagh s'est mis à la recherche d'un nouveau patron. Sorti d'une restructuration lourde, son état de santé s'est redressé. Mais il reste du pain sur la planche.

Comment se porte Mestdagh? Mieux, mais le distributeur basé à Gosselies n'est pas au bout de ses peines. Le diagnostic posé sur le chemin accompli depuis la restructuration de l'an dernier varie selon les interlocuteurs. Pour les responsables, la bouteille est à moitié pleine. Sur le banc syndical, on voit surtout ce qu'il reste à mettre dedans pour la remplir.

"Emmanuel Coria est un pragmatique et a le sens du commerce."
Myriam Delmée
Présidente du SETCa

Alors que le groupe Mestdagh navigue entre deux eaux - le bouclage de la restructuration et la renégociation du contrat de master franchise avec Carrefour -, le CEO Guillaume Beuscart vient de quitter le navire pour rejoindre le géant français Atos. Eric Mestdagh, l'administrateur du groupe, fait contre mauvaise fortune bon coeur. "Nous avons quelques beaux candidats à sa succession", assure-t-il.

Une responsabilité globale pour Guillaume Beuscart

La nouvelle est officielle depuis ce mercredi: Guillaume Beuscart, qui avait repris début 2018 les rênes du groupe de distribution Mestdagh, a rejoint Atos. Le Français répond ainsi à une proposition difficile à refuser: la direction mondiale de la division retail, transport et logistique du géant français des services informatiques.

Le groupe, qui a cédé en 2019 la plus grande partie de sa participation majoritaire dans le spécialiste des paiements électroniques Worldline, a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 11,6 milliards d'euros (+1,4%). La nomination de Guillaume Beuscart s'inscrit dans le cadre d'une recomposition du comité de direction générale, qui remplace le précédent comité exécutif.

Guillaume Beuscart exercera ses nouvelles fonctions depuis la Belgique - Atos dispose de bureaux à Zaventem -, qui occupe une position centrale par rapport aux activités du groupe. "Résidant en Belgique depuis plusieurs années, je pourrai ainsi garder mes habitudes", dit celui qui fut naguère le CEO de Lagardère Travel Retail pour le Benelux.

L'ex-patron du distributeur de Gosselies s'en va avec le sentiment du devoir accompli. "J'ai pu mettre en place un plan stratégique et une nouvelle organisation. L’entreprise se porte déjà nettement mieux", assure-t-il.

La prochaine grande étape de Mestdagh, ce sera la renégociation du contrat de master franchise avec Carrefour. Elle a été lancée sous la houlette de Guillaume Beuscart. "J'ai pu mettre en place une équipe qui fonctionne très bien", assure-t-il. L.V.D.

Dans l'immédiat, le CFO Emmanuel Coria assure l'intérim. Une désignation logique: il connaît bien la maison et fait partie de l'équipe qui négocie avec Carrefour le renouvellement du contrat de master franchise, qui expire à la fin de l'année.

Pragmatique

"Emmanuel Coria est un pragmatique et a le sens du commerce. Pour moi, ce serait une erreur de la part de la famille Mestdagh de se contenter de le valoriser à hauteur d’un simple intérim", souligne Myriam Delmée, présidente du SETCa (FGTB).

 

Intérimaire ou pas, le nouveau CEO reprend les rênes d'une entreprise qui sort d'une restructuration qui s'est notamment traduite par la suppression de 360 emplois. La dernière vague de mises à la prépension a été achevée en novembre. 

Les dirigeants de l'enseigne l'assurent, la nouvelle organisation mise en place porte déjà ses fruits. L’entreprise va mieux. "Elle s’est bien redressée en 2019. Aujourd'hui, on peut dire que Mestdagh est sorti de l’hôpital, mais est toujours en congé de maladie", assure Eric Mestdagh.

"Aujourd'hui, on peut dire que Mestdagh est sorti de l’hôpital, mais est toujours en congé de maladie."
Eric Mestdagh
Administrateur du groupe Mestdagh

Le son de cloche est plus dissonant côté syndical. "Il y a encore des dysfonctionnements. Il faut désormais composer avec moins de personnel dans les magasins. À notre sens, l’entreprise a été trop vite dans la mise en œuvre de la restructuration. Sans compter que Mestdagh recourt encore à des centaines d’intérimaires. Ils étaient 800 en août-septembre 2019", souligne Évelyne Zabus, permanente CNE.

800
intérimaires
Selon les syndicats, Mestdagh recourt encore à des centaines d’intérimaires. "Ils étaient 800 en août-septembre 2019", affirme Évelyne Zabus, permanente CNE.

L’ouverture du dimanche matin dans 49 magasins intégrés sur 51 laisse aussi les syndicats sceptiques. "Nous ne sommes pas persuadés que la fermeture du lundi matin en échange de l’ouverture le dimanche matin fasse une grosse différence, en tout cas pas partout: une zone n’est pas l’autre", dit Évelyne Zabus.

 

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