OPA sur la maison-mère de Makro jugée "insuffisante"

Metro a reçu vendredi une offre de près de 6 milliards d'euros du milliardaire tchèque Daniel Kretínský et de son partenaire slovaque Patrik Tkác en vue de racheter le groupe allemand de distribution. Pour Metro, ce montant le sous-évalue. L'action grimpait à l'ouverture des marchés.

Le groupe de distribution allemand Metro  sera-t-il racheté par EP Global Commerce, un véhicule d'investissement qui appartient à des investisseurs tchèque et slovaque? Ce dernier a formulé vendredi une offre non sollicitée sur la maison-mère de Makro. Le montant proposé est de 5,8 milliards d'euros; un montant jugé insuffisant par la direction de Metro.

La proposition offre certes une prime de 3% par rapport au cours de clôture de vendredi. Mais, la direction de Metro affirme donc que le projet "sous-évalue nettement l'entreprise et ne reflète pas son plan de création de valeur."

Le directoire de Metro a appelé les actionnaires à "ne rien faire".

Sa direction veut aller de l'avant avec son projet de transformation de l'entreprise, notant qu'elle se prononcerait à nouveau sur l'offre une fois que le texte de l'intégralité de cette dernière sera disponible. Dans l'intervalle, le directoire a appelé les actionnaires à "ne rien faire." Le deal devrait en effet remporter un minimum de soutien des actionnaires pour être validé. 

L'action Metro prenait 4% ce lundi à l'ouverture des marchés.

Ce qu'EP Global Commerce propose

EP Global Commerce souligne, lui, que son offre représentait une prime de 34,5% par rapport à ses premiers investissements dans Metro en août dernier. Dans les détails, l'offre porte sur un montant de 16 euros par action ordinaire et de 13,80 euros par action préférentielle. Il parle par ailleurs d'une "opportunité unique" pour les actionnaires étant donné la difficulté des conditions de marché et les défis posés à Metro.

5,8 milliards d'euros
offre
L'offre de 5,8 milliards d'euros porte sur un montant de 16 euros par action ordinaire et de 13,80 euros par action préférentielle.

Le milliardaire tchèque Daniel Kretínský et son partenaire slovaque Patrik Tkác, à la tête de 54% d'EP Global Commerce, ne sont pas des inconnus pour Metro puisqu'ils détiennent déjà depuis 10 mois près de 11% du capital du distributeur allemand. EP Global, déjà active dans les mines et les médias (Le Monde), entendait à l'époque étendre son emprise au monde de la distribution. Kretínský est aussi président du club de foot, le Sparta Prague. 

Selon Bruno Monteyne, analyste chez Bernstein, EP propose "une prime assez importante pour une entreprise en déclin". Il note qu' EP dispose déjà d'une participation supérieure à 30% avec les titres de Haniel (15,2%) et Ceconomy et estime qu'on ne peut guère espérer une offre plus élevée.

Le principal actionnaire de Metro, la société d'investissement Haniel ayant accepté de lui vendre ses 15,2%.

Pourquoi une telle offre?

Face à cette offre, les intentions de EP Global Commerce suscitent des interrogations. Elle peut s'expliquer de différentes manières.

©Dominic Verhulst/dotch.be

Metro est à la peine. Jadis un conglomérat tentaculaire, Metro s'est restructuré ces dernières années pour se concentrer sur son activité de grossiste. Il a ainsi vendu sa chaîne de grands magasins Kaufhof (Inno) et scindé sa chaîne de distribution d'électronique grand public Ceconomy.

Le géant allemand de la distribution - il occupe quelque 146.000 personnes - est par ailleurs fragilisé par la concurrence des discounters Aldi, Lidl ou encore Netto.

En Belgique, où le groupe allemand est présent par le biais de ses magasins Metro et de six Makro, la santé de l'activité n'est pas meilleure. En juin dernier, le CEO de Makro, Vincent Nolf, avait affirmé que l'entreprise était "un patient en soins intensifs", en dépit de l'injection de dizaines de millions d'euros par Metro.

Metro discute de nouvelles cessions d'activités. Il a ainsi déjà annoncé sa volonté de céder sa chaîne d'hypermarchés Real. Début mai, le groupe a dit être entré en négociations exclusives avec un consortium emmené par le fonds immobilier Redos sur la base d'une valeur d'entreprise d'environ un milliard d'euros. Le véhicule d'investissement tchécoslovaque s'est alors montré critique vis-à-vis de ces discussions. Il estimait que le prix retenu était trop bas. Un porte-parole de Metro affirme que le groupe reste engagé dans son projet avec Redos.

→ Le redressement devrait se poursuivre même sous la houlette d'EP Global. Le groupe a déjà indiqué que d'autres changements seront nécessaires chez Metro. Il indique toutefois qu'il ne fermerait pas de magasins en Allemagne ni dans d'autres marchés historiques. Il ne procédera pas non plus à d'importantes suppressions de postes.

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