Orchestra Prémaman se retire de la Flandre

Pierre Mestre, le fondateur d'Orchestra Prémaman, ne reprendra pas les magasins situés en Flandre. ©Emy Elleboog

Pierre Mestre, le fondateur d'Orchestra Prémaman, le reconnaît: il n'a jamais trouvé les clés du marché du nord du pays. L'offre qu'il a remise au mandataire de justice belge porte sur les dix magasins les plus rentables. Ils sont tous situés à Bruxelles et en Wallonie. Cette offre permettrait de pérenniser 122 emplois.

"On abandonne le nord de la Belgique parce qu'on n'a pas trouvé les clés de ce marché", nous a expliqué Pierre Mestre, le fondateur d'Orchestra Prémaman, acceptant de préciser ses intentions pour le marché belge. Il nous a confirmé l'offre faite par Neworch pour reprendre les dix magasins belges les plus rentables de la chaîne. L'offre porte également sur deux magasins au Grand-Duché du Luxembourg. Concernant la Belgique, si l'offre de Neworch est acceptée, elle devrait permettre de sauver 122 emplois

"On abandonne le Nord de la Belgique parce qu'on n'a pas trouvé les clés de ce marché."
Pierre Mestre
Fondateur d'Orchestra Prémaman

On s'en souvient, lors de l'ouverture de la réorganisation judiciaire (PRJ) en Belgique, Pierre Mestre avait fait part de son intention de récupérer les 19 magasins les plus rentables de la chaîne (sur 53), sauvant de la sorte 210 emplois (sur 420). "Mais la crise du Covid-19 s'est invitée et le groupe a perdu 100 millions d'euros en deux mois", nous a expliqué Pierre Mestre, en précisant que l'État français n'accordait aucun aide aux entreprises en difficulté. 

La semaine dernière, le tribunal de Montpellier a désigné Neworch comme candidat à la reprise de certains magasins d'Orchestra Prémaman. Neworch est un groupe d'investisseurs composé des plus grands fabricants, de franchisés et de cadres du groupe (41%), des familles Mestre (38%) et Gotlib (Vegotex, 19%), les 2% restants étant répartis entre les membres du personnel. "Il ne s'agit donc pas d'un hold-up de Pierre Mestre, mais bien d'une offre faite par le groupe d'investisseurs le mieux formé à la stratégie du groupe", a-t-il expliqué, répondant de la sorte à l'action en justice introduite par le comité social d'entreprise (CSE) d'Orchestra Prémaman. Les représentants des travailleurs du groupe ne digèrent pas que Pierre Mestre, qu'ils tiennent pour responsable du naufrage d'Orchestra Prémaman, soit admis à faire une offre de reprise. 

Pas trouvé les clés du marché belge

Concernant la situation et l'avenir du groupe en Belgique, Pierre Mestre ne parade pas. Alors qu'Orchestra a repris Prémaman en 2012, le patron du groupe reconnaît n'avoir jamais réussi à trouver ses marques en Belgique. "Nous n'avons pas su conquérir la clientèle du Nord de la Belgique. Nous avons changé trois fois de patron pour la Belgique qui est un marché difficile avec trois cultures: le sud du pays, le nord de la Belgique et une clientèle internationale." 

On l'a dit, avant la crise du Covid-19, Pierre Mestre voulait reprendre 19 magasins en Belgique, mais il a été forcé de revoir ses prétentions à la baisse. Et dorénavant, le focus de la chaîne, si l'offre de Neworch est acceptée par le tribunal de l'entreprise de Bruxelles, se fera sur Bruxelles et le Sud du pays. Bye bye la Flandre donc pour Orchestra Prémaman. Pierre Mestre ne s'en cache pas, le groupe était en difficulté depuis un certain temps et les actionnaires avaient remis au pot à hauteur de 40 millions d'euros par le biais de deux augmentations de capital avant que les gilets jaunes français ne s'invitent dans la danse.

"Nous n'avons pas su conquérir la clientèle du Nord de la Belgique. Nous avons changé trois fois de patron pour la Belgique qui est un marché difficile avec trois cultures: le Sud du pays, le Nord et une clientèle internationale."
Pierre Mestre
Fondateur d'Orchestra Prémaman

"La crise des gilets jaunes nous a fait perdre 40 millions d'euros, nous n'avons pas survécu à cette crise et nous avons dû nous placer en procédure de sauvegarde", nous a encore expliqué Pierre Mestre. À ce moment-là, le groupe a décidé de fermer la Russie, la Chine, les États-Unis, le Canada, la Turquie et l'Espagne à 90%. Et en Belgique, si tout se passe bien, dix magasins devraient être sauvés. La balle est dans le camp du tribunal.

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