analyse

Plus de 200 emplois en péril chez Match et Smatch

©Magasin Match

Les enseignes Match et Smatch se transforment. Dans un communiqué, elles annoncent que ce plan de transformation pourrait avoir un éventuel impact sur 210 emplois tant dans les magasins qu'à la centrale. À côté de l'emploi, un projet de relance de 40 millions d’euros sur 3 ans est sur la table.

"Les deux enseignes, Match et Smatch, sont dans l’obligation de mettre en œuvre un plan énergique de transformation", lit-on dans un communiqué. Le groupe se dit sous pression avec des défis "majeurs et profonds" qui ont un impact sur les résultats. "Les résultats nets sont en effet négatif depuis 2013 et n’ont fait que baisser depuis lors, pour atteindre -22 millions d’euros en 2018."

Ce plan de transformation est vital, ne rien faire serait irresponsable.
Stéphane de Rango
CEO de Match&Smatch Belgique

La direction de Match et Smatch lance donc la procédure d’information et de consultation en matière de licenciement collectif (Loi Renault). "Ce plan de transformation est vital, ne rien faire serait irresponsable. Dans un marché toujours plus complexe, caractérisé notamment par une baisse généralisée de la consommation et une concurrence accrue, des mesures courageuses et ambitieuses doivent être prises pour garantir la pérennité sur le moyen et long terme des deux enseignes ", explique Stéphane de Rango, CEO de Match&Smatch Belgique.
 

Le plan présenté ce mardi porte sur trois volets:

→ L'emploi

210
emplois
Deux cent dix emplois sont menacés chez Match et Smatch: 146 dans les magasins et 64 à la centrale.

Ces enseignes du groupe Louis Delhaize (qui détient également la marque Cora) s'apprêtent donc à supprimer des emplois. Cent quarante-six postes sont menacés dans les magasins et 64 à la centrale, sur un total de 2.500 personnes. Seules des fonctions d'employés sont visées.
La direction affirme toutefois que, si ses intentions devaient être confirmées, elle tentera de limiter les licenciements autant que possible.

→ Des fermetures

Des magasins sont aussi appelés à fermer leur porte. 

> Pour Match, il s'agit des sites de:
Dinant;
Erquelinnes;
Eupen;
Jodoigne;
Moustier-sur-Sambre;
Nivelles;
Spa.

> Pour Smatch, il s'agit des sites de:
Ertvelde;
Deinze;
Ingelmunster;
Jupille;
Koksijde;
Ougrée;
Merchtem;
Waarschoot;
Zomergem.
L'enseigne Match comprend actuellement 40 magasins contre 60 pour Smatch. On compte aussi 10 magasins sous franchise.

→ La relance

Le troisième volet de ce plan vise la relance des deux enseignes. Pour ce faire, une enveloppe de 40 millions d'euros sera dégagée sur 3 ans. Le groupe veut garantir à ses deux marques d'avoir "de bonnes bases pour assurer leur redressement".

Cette relance devrait aussi passer par un développement digital. "Match et Smatch ambitionnent de miser sur l’e-commerce, via le déploiement à 3 ans du Drive et le lancement de la livraison à domicile." 

Côté offre, la direction veut évoluer en capitalisant sur les réussites que sont les produits frais, bio et locaux. Elle veut davantage développer la gamme "Préparé par nous pour vous". Enfin, les marques de distributeurs et les produits "premier prix" seront privilégiés.

Match, le dernier maillon d'une litanie de restructurations

L’annonce d’une restructuration des enseignes Match et Smatch (groupe Louis Delhaize) n’aura sans doute surpris personne. Le plus étonnant, à la limite, c’est que ces magasins sont les derniers à devoir payer l’addition sociale d’une situation de plus en plus précaire.

Carrefour (deux fois), Delhaize, Cora, Makro-Metro, Mestdagh: la liste des restructurations dans la grande distribution est longue. La dernière en date, opérée en 2018 chez Carrefour Belgique, a laissé un souvenir cuisant, 1.012 emplois restant sur le carreau.

Chez Makro, 505 emplois ont été supprimés en 2016. Cora, la filiale d’hypermarchés du groupe Louis Delhaize, a procédé en deux temps, supprimant 450 emplois en 2014 et 120 l’année suivante.

Depuis 2010, plus de 5.700 emplois sont ainsi passés à la trappe. La faute à la concurrence de plus en plus pressante du commerce électronique, mais surtout d’une offre surabondante sur le marché belge, où les hard discounters Aldi et Lidl se renouvellent et montent en puissance.

"Aujourd’hui, trois secteurs se portent bien: l’e-commerce, le hard discount et le commerce de proximité", disait l’an dernier Pierre-Alexandre Billiet, CEO de la revue spécialisée Gondola.

À la saturation du marché vient s’ajouter une évolution de la consommation. Le chaland ne veut pas consommer plus, mais mieux. Tant qu’à mettre le prix, il privilégie des enseignes bio telles que Färm ou Bio c’Bon. "Le consommateur est prêt à payer pour une valeur ajoutée qu’il peut comprendre. Il n’achète pas en grande distribution par amour. Il la perçoit comme une machine de surconsommation", souligne Pierre-Alexandre Billiet à l’agence Belga. En témoigne l’essor des ventes à la ferme, en hausse de 14%. Une croissance comparable à celle de l’e-commerce.

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