Port du masque dans les magasins: les syndicats emballés, Comeos plus sceptique

Pour les syndicats, le port obligatoire du masque dans les magasins permettra enfin une protection réciproque client-commerçant. ©Photo News

Le port du masque sera désormais obligatoire dans les lieux publics dès samedi. Une nouvelle qui ravit les syndicats, mais inquiète le secteur de la distribution.

Le port du masque obligatoire dès ce samedi dans les magasins, les cinémas, les musées... est une mesure qui peut surprendre. Et pour cause, les magasins non alimentaires ont rouvert leurs portes le 11 mai dernier sans que le port du masque soit alors indispensable.

"La responsabilité du port d'un masque doit toujours incomber au client, et non au commerçant."
Dominique Michel
CEO de Comeos

Dans le chef des syndicats, on parle de "victoire". "Enfin, on aura une protection réciproque", indique Myriam Delmée du SECTa. "Nous saluons la décision, même si elle aurait dû être prise il y a des mois", souligne Delphine Latawiec de la CNE.

Même son de cloche du côté du SNI. Le Syndicat neutre pour indépendants se réjouit surtout du fait que les magasins ne soient pas les seuls visés par cette obligation.

"Nous ne sommes pas des policiers"

Comeos se montre plus réservé. La fédération des entreprises de distribution appelle le client à prendre ses responsabilités, pas le commerçant à jouer le gendarme. "Légalement, nous n'avons pas aujourd'hui la possibilité de refuser l'accès physiquement aux clients qui ne portent pas de masque ou de mettre quelqu'un qui ne porte pas de masque à la porte. La responsabilité du port d'un masque doit toujours incomber au client, et non au commerçant. Nous demandons donc que le gouvernement assure le contrôle du respect de la mesure. Nous ne pouvons pas agir en tant que policiers", commente Dominique Michel, CEO.

La direction de Delhaize a d'ailleurs d'ores et déjà indiqué que si elle se réjouit de la "clarté" sur le port des masques, elle ne demandera pas à son personnel de jouer les gendarmes.
L'Union des Classes Moyennes n'entend pas non plus laisser "la responsabilité sur les épaules d'indépendants et chefs d'entreprise déjà lourdement touchés".

"Nous avons actuellement quelque 85 cas de contamination tous les jours et la courbe ne diminue pas, ce qui est inquiétant."
Yves Van Laethem
Porte-parole interfédéral coronavirus

Les cinémas ont, eux, rouvert leurs portes le 1er juillet. Si la distanciation y est obligatoire, le port du masque ne l'était pas. Cette nouvelle situation n'est pas sans implication. Sur les réseaux sociaux, les questions fusent: cette obligation court-elle aussi pendant la séance? Et qu'en est-il alors des boissons et des snacks? Le groupe Kinepolis a réagi: "Pour nous aussi, c'est une nouvelle et tout n'est pas encore clair. Nous allons analyser les implications et communiqueront clairement."
Le groupe appelle toutefois à pouvoir limiter le port du masque uniquement lors des déplacements dans le complexe, comme c'est le cas en France et au Luxembourg. "Une fois que les visiteurs sont dans la salle, ils devraient pouvoir enlever ce masque", déclare la porte-parole Anneleen Van Troos.
Il faut savoir que la vente de boissons et de snacks représente une part importante des revenus des complexes cinématographiques.

Un bandana ou un masque?

Reste à savoir si le bandana ou le foulard sont désormais toujours considérés comme valables. Pour Yves Van Laethem, sur le principe oui, mais il recommande toutefois les véritables masques. "Avec le temps, nous avons eu le temps de faire ou d'acheter des masques avec un filtre et deux épaisseurs. Des masques chirurgicaux sont aussi disponibles dans les magasins. C'est donc mieux d'utiliser ceux-là."

Myriam Delmée ajoute que les magasins pourraient aussi envisager de distribuer des masques, comme ça se fait parfois; non sans oublier de préciser que les autres gestes barrière ( le gel, la distanciation, le sens giratoire...) restent toujours valables.

Et allons nous voir cette obligation du port du masque s'étendre aux usines et aux bureaux? Pour Yves Van Laethem, si les contaminations ne se tassent pas, c'est une éventualité, "mais ce n'est pas à l'ordre du jour".

La mesure devra être validée par le Conseil national de sécurité qui se réunit de façon virtuelle ce vendredi.

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