Pourquoi Colruyt se prend une telle claque en bourse

Aucun analyste financier ne recommande un achat de l'action Colruyt. ©Photo News

Réveil douloureux pour les actionnaires de Colruyt: le titre a dévissé de plus de 11%, dans la foulée des résultats annuels. Voici les raisons de cette chute brutale.

"Colruyt Group prévoit que le résultat net consolidé de l'exercice 2020/21, soit 385 millions hors plus-value, sera difficile à égaler au cours de l'exercice 2021/22." C'est sans doute cette phrase, tirée du communiqué de presse dévoilant les résultats annuels du numéro un belge de la distribution, qui a fait dévisser le titre de 11,42% ce mercredi, à 45,85 euros sur Euronext Bruxelles.

Mais le reste du tableau n'est guère enthousiasmant non plus. Certes, les ventes affichent une croissance de 3,7%, mais la part de marché de Colruyt continue de s'éroder, passant de 32,1% à 31,3%. En cause: la croissance des commerces de proximité, où le groupe est moins présent que ses concurrents.

Si l'on ajoute à cela que les principaux chiffres clés de l'enseigne sont, soit simplement en ligne avec les attentes des analystes, soit en deçà, on comprend mieux la réaction des investisseurs.

Déclin stabilisé

"Nous considérons ces résultats comme décevants, et en particulier la tendance des ventes dans les prix les plus bas qui a été partiellement compensée par les autres activités."
Fernand de Boer
Analyste chez Degroof Petercam

"Nous considérons ces résultats comme décevants, et en particulier la tendance des ventes dans les prix les plus bas qui a été partiellement compensée par les autres activités", a résumé Fernand de Boer de Degroof Petercam ("conserver"; 54 euros). Le point positif, tempère-t-il, est que le déclin de la part de marché s'est stabilisé au second semestre. "Cela pourrait signifier qu'elle devrait se stabiliser, voire augmenter, maintenant que le Covid-19 est sous contrôle et que les conditions du marché devraient se normaliser."

Quant à l'exercice en cours, l'analyste tablait sur un bénéfice net de 403 millions d'euros, et le consensus sur un chiffre de 392 millions ce qui, au vu de la guidance, est "bien trop optimiste". Au final, il s'attend à une croissance limitée, voire nulle, des bénéfices pour les années à venir et considère que la valorisation actuelle est juste.

Mais la messe n'est pas dite. "Le rétablissement de la mobilité des consommateurs pourrait se traduire par une guidance plus constructive lors de l'assemblée générale de septembre" avance Jefferies ("conserver"; 48,5 euros)

Prime justifiée

Hans D'Haese d'ING ("conserver"; 53 euros) note, pour sa part, que Colruyt se traite actuellement à 8,8 fois l'ebitda attendu pour l'exercice en cours, alors que pour ses concurrents européens, on atteint un multiple de 6,2. Une prime justifiée à ses yeux en raison de la rentabilité des capitaux investis (ROCE) et d'un bilan solide.

Chez KBC Securities, Alan Vandenberghe apprécie toujours "les qualités évidentes du profil de Colruyt".

Chez KBC Securities, Alan Vandenberghe apprécie toujours "les qualités évidentes du profil de Colruyt". Toutefois, en raison d'un faible momentum, d'aucune hausse de la valorisation et de l'absence de catalyseurs, sa recommandation reste à "conserver" et son objectif de cours à 49 euros.

Barclays, pour sa part, a réduit son target à 46 euros contre 48,5 euros avant. Son avis reste à "vendre". Au total, sept analystes conseillent de se tenir à l'écart de la valeur et huit de la "conserver". Aucun ne s'aventure à soutenir un achat de l'action. L'objectif de cours moyen s'élève à 48 euros.

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