Sauvée en France, Camaïeu se cherche un repreneur en Belgique

Alors que le tribunal de Lille vient de se prononcer sur la reprise de l'enseigne Camaïeu en France, les magasins belges devraient être mis en procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) cette semaine. ©BELGA

On attendait décision; elle est tombée. Le tribunal de commerce de Lille n'a pas désigné l'actuel propriétaire de Camaïeu comme repreneur en France. Un soulagement, même en Belgique.

La décision est tombée et elle est accueillie comme une victoire par les salariés de Camaïeu. Le tribunal de commerce de Lille a choisi la Financière immobilière bordelaise pour reprendre 511 des 634 magasins et 2.659 salariés sur les quelque 3.100 de l'enseigne de prêt-à-porter féminin, actuellement en redressement judiciaire, selon un jugement rendu ce lundi.

"C'est une victoire d'une entreprise, c'est aussi une victoire du droit", a réagi l'avocat de la FIB Olivier Pardo, qui souhaite que Camaïeu "redevienne l'immense entreprise qu'elle a été". Les autres salariés seront licenciés pour motif économique dans le cadre d'un PSE.

En Belgique, l'annonce a aussi été saluée.

2.659
salariés
La Financière immobilière bordelaise va reprendre 2.659 salariés français sur les quelque 3.100.

L'actuel propriétaire échoue

Deux candidats s'étaient proposés à la reprise de la chaîne, mais le second faisait craindre le pire au personnel. Il s'agissait en effet l'actuel propriétaire, Joannes Soënen.

Avec trois fonds déjà actionnaires, il proposait de garder 2.520 emplois et 446 magasins, dont 43 sous l'enseigne de prêt-à-porter féminin de la galaxie Mulliez, "Grain de malice".

Les syndicats avaient déjà annoncé que s'il était désigné par le tribunal comme repreneur, des actions seraient organisées. Ils accusaient en effet l'homme d'avoir orchestré le redressement judiciaire pour pouvoir récupérer l'entreprise à moindre coût.

Quoi qu'il en soit, le tribunal a regretté la faiblesse des prix des deux offres, particulièrement celle de FIB. Il l'a même qualifiée d'indécente lors des débats.

Vers la PRJ des magasins belges

Les syndicats espèrent rencontrer le nouveau repreneur français. Objectif: veiller à ce que la France continue d'achalander les magasins belges afin de leur laisser la chance de trouver un repreneur.

L'annonce de la reprise de Camaïeu par la Financière immobilière bordelaise n'apporte toutefois dans l'immédiat pas de solution pour l'avenir de l'enseigne en Belgique. "Cette semaine, la PRJ de la filiale belge devrait être prononcée", indique Jalil Bourhidane, CNE. Cette procédure devrait permettre de lancer la quête d'un repreneur pour les activités belges.

En attendant, les syndicats espèrent rencontrer le nouveau repreneur français qui jusqu'ici s'était toujours refusé à se prononcer sur l'avenir de Camaïeu en Belgique. Objectif: veiller à ce que la France continue d'achalander les magasins belges afin de leur laisser la chance de trouver un repreneur.

"On veut des chiffres"

Les syndicats espèrent aussi qu'avec cette décision du tribunal de Lille, ils pourront enfin disposer des chiffres de l'entreprise qui leur manquent toujours. "Avec la direction belge, nous avons de bons contacts sur la gestion au quotidien des magasins, mais pour le reste tout est géré depuis la France. Même la PRJ a été demandée par des avocats français."

Seul point positif depuis la fin juin et la PRJ en France, la Belgique a obtenu son autonomie financière, empêchant toute remontée du cash vers la France: de quoi garantir le versement des salaires.

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