Sortir la Belgique du club des champions du gaspillage alimentaire

La Belgique est le deuxième pays le plus gaspilleur d'aliments en Europe, derrière les Pays-Bas. ©BELGAIMAGE

Le Belge gaspille en moyenne 345 kilos d'aliments par an, soit 1 kilo par jour. Sur le terrain de nombreuses initiatives fleurissent pour y remédier.

Le gaspillage alimentaire est de plus au plus au cœur des préoccupations de notre société de consommation. Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), quelque 14% des aliments produits sont perdus entre la récolte et la vente au détail. Pour la Belgique, on évoque le chiffre de 345 kg par an et par habitant, soit 1 kg par jour et par personne, ce qui place notre pays en deuxième position des pays européens les plus gaspilleurs, derrière les Pays-Bas.

Les unes après les autres les chaînes de distribution se rallient, par exemple, à l'initiative "Too Good to Go".

À l'automne dernier, Test-Achats révélait une étude qui concluait que 80% des consommateurs belges se disaient préoccupés par cette situation et souhaitaient changer leurs habitudes. 70% des personnes interrogées dans une étude d'Euroconsumers pointaient, elles, la responsabilité de l'industrie et la distribution alimentaires.

Et pourtant les choses tendent à évoluer, notamment sous l'impulsion des objectifs fixés en matière d'émission de CO2.

Des acteurs anti-gaspi

Les unes après les autres, les chaînes de distribution se rallient, par exemple, à l'initiative "Too Good to Go". Par le biais d'une application, le consommateur est mis en contact avec le commerçant qui établit la liste des produits toujours consommables, mais qui, faute d'acheteurs, risquent d'atterrir en fin de journée dans la benne à ordure. Le consommateur récupère donc à la fermeture du magasin, un panier "surprise" à prix réduit.

Chez Cora, certains sites participaient déjà à l'opération depuis un an. Aujourd'hui, l'enseigne accélère le mouvement et augmente les paniers disponibles. "Depuis le début du partenariat, 8.000 repas ont été sauvés, correspondant à 21.772 kg/CO2, soit l’équivalent de 40 jours sous une douche chaude ", se targue-t-on chez Cora.

8.000
repas/an
Cora affirme que depuis le début de son partenariat avec "To Good to Go", 8.000 repas ont pu être sauvés, correspondant à 21.772 kg/CO2.

Carrefour, Delhaize, Exki, färm, les tartes de Françoise, les boulangeries Paul et les hôtels Accor ont aussi déjà rejoint le concept. Ikea est également partenaire depuis 2019. Entre février 2019 et le début de la pandémie, en mars 2020, 13.000 repas avaient ainsi trouvé preneur pour un prix réduit.

Too Good to Go n'est pas la seule initiative. D'autres applications ont émergé en Belgique: "Too Much", "Happy Hours Market" ou "Graapz", qui travaille davantage avec les commerces de proximité.

De l'énergie, de la bière ou des dons

Trouver un relais auprès du consommateur n'est pas l'unique outil anti-gaspi. Par exemple, les pains invendus de Delhaize sont utilisés par Brussels Beer Project qui les transforme en bière. Ikea, de son côté, transforme les aliments non consommés dans son restaurant en fin de journée en énergie via ses installations de biogaz.

"Le don aux organisations caritatives a été facilité, notamment, par l’exemption de la TVA sur les dons alimentaires."

Les invendus d'Ikea alimentent aussi les organisations caritatives comme la banque alimentaire ou les Restos du Cœur. Les dons caritatifs sont d'ailleurs légion dans la grande distribution.

Chez Colruyt, on cite le volume de 4.262 tonnes rien que pour 2019. Il y a quelques années déjà, la Belgique a légiféré pour permettre aux grandes surfaces de mettre leurs invendus à la disposition d’associations caritatives. Cette démarche, auparavant possible sur base volontaire, a été facilitée, notamment, par l’exemption de la TVA sur les dons alimentaires.

L'industrie mise au pas

La prise de conscience ne se situe pas uniquement au niveau du consommateur et du distributeur. Plus en amont, les producteurs sont aussi sur les rangs. Unilever, qui investit dans des lessives plus vertes et de la viande végétale, a aussi annoncé sa participation à Too Good To Go.

De son côté, Nestlé se focalise sur le zéro déchet avec des bouteilles en plastique 100% recyclé ou des capsules de café qui, d'ici la fin de l'année, devraient être en aluminium recyclé à 80%.

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