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Un nouveau coup de pouce de 23 millions d'euros pour Makro

Pour Vincent Nolf, le CEO de Makro et Metro Belgique, la structure de coûts pèse lourdement sur les résultats. ©BELGA

Le groupe allemand Metro injecte 23 millions d'euros de capitaux frais dans sa filiale belge Makro, en perte chronique. Son CEO, Vincent Nolf, y voit d'abord une marque de confiance de l'actionnaire.

C'est l'éternelle histoire de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. Dans le cas de Makro, on parlera plutôt d'un récipient qui fuit et d'un actionnaire toujours disposé à injecter du liquide en attendant que les brèches soient colmatées.

Comme chaque début d'année, le géant allemand Metro remet la main au portefeuille pour éponger les pertes de sa filiale belge Makro. Il vient d'injecter 23 millions d'euros de capitaux, portant ainsi son apport d'argent frais à près de 400 millions depuis 2015.

C'est à la fois une mauvaise et une bonne nouvelle. Côté face, la situation comptable reste teintée de rouge. Côté pile, l'actionnaire allemand maintient sa confiance dans la poursuite du redressement de sa filiale belge.

Stabilité

"Commercialement, Makro va mieux depuis 2019. Le chiffre d'affaires a retrouvé une certaine stabilité. Mais malgré les très bonnes performances commerciales réalisées en période de pandémie - notre chiffre d'affaires a augmenté de 15% pendant le premier confinement -, Makro reste en perte", résume Vincent Nolf, le CEO de Makro et Metro Belgique, qui ne donne pas de précisions chiffrées.

-60
%
L'exercice 2020 sera plombé par la fermeture de l'horeca, qui a grevé le chiffre d'affaires de Metro d'au moins 60%.

Pour rappel, la filiale belge de Metro (11 magasins Metro, réservés aux professionnels de l'horeca, et 6 Makro) avait bouclé l'exercice 2018-2019 sur un chiffre d'affaires stabilisé à 738 millions d'euros (+0,4%), mais sur une perte creusée à 66,5 millions (-5,2%). L'exercice 2020 sera immanquablement plombé par la fermeture de l'horeca, qui a grevé le chiffre d'affaires de Metro d'au moins 60%.

Tensions

La raison de ces pertes récurrentes est à chercher, selon Vincent Nolf, dans une structure de coûts qui reste très lourde. La maîtrise des coûts est donc la priorité n°1 pour revenir à l'équilibre.

Durant l'été dernier, l'enseigne belge a lancé une nouvelle restructuration, la 4e en 8 ans. Au menu, notamment, le non-renouvellement de contrats temporaires, une nouvelle organisation du travail basée sur une plus grande polyvalence du personnel, un écrémage de l'offre et le remplacement d'une partie des caisses "physiques" par des self-scannings. De quoi alimenter durant l'automne des tensions avec les syndicats, plus ou moins aplanies depuis.

"L'actionnaire n'attendra pas dix ans un retour à l'équilibre."
Vincent Nolf
CEO de Makro et Metro Belgique

L'hypothèse d'une mise en vente de Makro, évoquée il y a deux ans par Olaf Koch, le CEO de Metro, n'est donc pas à l'ordre du jour à ce stade. Mais la patience de l'actionnaire a ses limites, prévient Vincent Nolf. "Avec l'impact de la crise du covid sur l'horeca, tout le groupe est sérieusement touché. L'actionnaire n'attendra pas dix ans un retour à l'équilibre".

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