La Belgique aura son premier supermarché en ligne avant la fin mars

Le fondateur de Hopr dit avoir été pris de vitesse par Picnic, le supermarché en ligne néerlandais créé par le frère du CEO d'Ahold Delhaize. ©BELGAIMAGE

Hopr, le premier supermarché en ligne du pays, doit démarrer dans une ville flamande. Face à une distribution omniprésente, il entend miser sur une commodité maximale.

Avec plus de 3.500 supérettes, super- et hypermarchés, la grande distribution est omniprésente en Belgique. La pandémie de Covid-19 a incité le client à explorer un nouvel espace: le virtuel. Les grandes enseignes ont été submergées de commandes sur internet.

Cette poussée soudaine de la demande en ligne concerne aussi les denrées alimentaires. Chez Carrefour par exemple, les achats en ligne ont triplé l'an dernier par rapport à 2019. Le bond en avant est moins spectaculaire, mais sensible aussi chez Delhaize et Colruyt.

L'évolution est particulièrement sensible dans la livraison à domicile. Chez Carrefour, elles représentent 25% des commandes en ligne. "Nous avons eu des pics de croissance jusqu'à 300% au début de la crise sanitaire. Et cette habitude s'installe. Le service est payant, mais le client est prêt à payer pour plus de commodité", dit pour sa part Nathalie Roisin, porte-parole de Colruyt.

18.000
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Colruyt. disposera d'ici l'automne d'un nouveau centre de distribution de 18.000 m² à Londerzeel.

Capacités accrues

Les enseignes ont dû étoffer leurs systèmes de livraison. Carrefour a noué un partenariat avec UberEats à Liège et Bruxelles, en complément à son propre service de "ShipTo" de livraison rapide par vélo-cargo à Bruxelles, Anvers, Liège et Gand. Plus prudent, Colruyt a lancé deux projets-pilotes: un réseau de livreurs mis sur pied selon les principes de l’économie collaborative, lancé à Hal et élargi à Gand et Bruges, la livraison à domicile dans l’est de Bruxelles et en périphérie. Le second devrait être élargi au printemps.

Les grands distributeurs ont aussi accru leurs capacités. Delhaize a étendu son centre logistique de Puurs. Carrefour s'est associé à Food-X Technologies, une société canadienne spécialisée dans la gestion de l’e-commerce alimentaire. Colruyt, enfin, disposera d'ici l'automne d'un nouveau centre de distribution de 18.000 m² à Londerzeel, 4 fois plus grand que celui de Zaventem, qui a atteint sa pleine capacité. Tout en pouvant accroître la capacité de son deuxième centre de distribution à Erpe-Mere (9.000 m² actuellement).

Ces services ne sont toujours pas rentables. Mais ils sont devenus incontournables. "La croissance des achats en ligne de produits alimentaires est durable. La rentabilité est une question d'économie d'échelle, mais nous devons nous poser en acteur multicanal pour garder notre clientèle", résume Roel Dekelver, porte-parole de Delhaize.

Un premier Hopr

Si l'on excepte les quelques acteurs présents sur des créneaux spécifiques (les produits frais pour Lokkal à Anvers et Malines, les aliments sains pour la Bruxelloise Kazidomi), la Belgique est restée jusqu'ici dépourvue de supermarchés virtuels. Plus pour longtemps: d'ici la fin mars, Hopr, le premier supermarché en ligne belge, doit être porté sur les fonts baptismaux.

Porté par Stijn Martens, un ancien directeur marketing du fournisseur télécom Mobile Viking, ce projet devait être lancé l'an dernier. Il a pris quelques mois de retard à cause de la crise du coronavirus, mais aussi de difficultés au niveau de l'actionnariat. Problème réglé depuis août, avec l'arrivée d'un groupe d'actionnaires prêts à investir quelques millions d'euros dans le projet.

L'entrepreneur limbourgeois peut donc lancer un premier supermarché en ligne dans une ville flamande "d'une petite centaine de milliers d'habitants", dont le nom sera dévoilé en février. Sans doute Hasselt, Louvain ou Malines.

"Contrairement à un Kazidomi, Hopr sera un vrai supermarché en ligne où l'on peut acheter de tout."
Stijn Martens
Fondateur de Hopr

Le premier Hopr (acronyme de Home Delivery Shopper) proposera dans un premier temps un millier de références. "Nous voulons faire la différence sur les produits frais et la facilité du service. Contrairement à un Lokkal ou un Kazidomi, Hopr sera un vrai supermarché en ligne où l'on peut acheter de tout", explique Stijn Martens.

Cela fait plusieurs années que cet ancien responsable marketing médite l'idée de développer un supermarché en ligne. "On pouvait acheter en ligne et se faire livrer des livres ou de l'électro, mais pas des denrées alimentaires. C'était pour moi une source de frustration", raconte-t-il.

L'exemple Picnic

Stijn Martens l'avoue, il a été pris de vitesse par le lancement, en 2015, de la société Picnic aux Pays-Bas. Cofondée et dirigée par Michiel Muller, frère de Frans, le CEO d'Ahold Delhaize, cette enseigne virtuelle, qui peut s'appuyer sur un centre de distribution employant 1.500 personnes et sur une série de hubs locaux, est aujourd'hui la plus importante outre-Moerdijk. Elle s'est aussi étendue en Allemagne.

"Plus de 2.500 personnes se sont déjà inscrites sur la liste d'attente sur notre site."
Stijn Martens
Fondateur de Hopr

Chez nous, le champ restait libre pour Stijn Martens, qui s'apprête donc à lancer son projet. Pour lui, les Belges sont aujourd'hui prêts pour la livraison de produits alimentaires à domicile. "Plus de 2.500 personnes se sont déjà inscrites sur la liste d'attente sur notre site", dit-il.

Doté d'un centre de distribution automatisé, Hopr assurera les livraisons grâce à trois véhicules électriques. Stijn Martens ne manque pas d'ambitions. Après une phase test qui devrait durer un an, l'idée est d'étendre la présence de Hopr à une province entière, avant de conquérir la Flandre puis de s'attaquer à Bruxelles, aux grandes villes wallonnes et au Grand-Duché.

Stijn Martens espère amener les comptes à l'équilibre d'ici trois ans.

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