Une créance de Verlinvest a pesé sur le destin de Marqt

Un magasin Marqt. ©Hollandse Hoogte / Bert Spiertz

La chaîne de magasins bio Marqt, composée d’une quinzaine de commerces implantés aux Pays-Bas, n’a quasi jamais été rentable.

Verlinvest, le holding de la famille de Spoelberch, actionnaire du géant brassicole AB InBev, a-t-il précipité sans le vouloir le sort de la chaîne néerlandaise Marqt? Cette enseigne de magasins bio vient en tout cas de changer de propriétaire. La faute à des créances devenues trop lourdes à supporter. Dont une de Verlinvest.

Créée en 2005 par Quirijn Bolle et Meike Beeren, deux jeunes entrepreneurs amstellodamois, la chaîne de magasins Marqt, forte d’une quinzaine de commerces implantés à Amsterdam, Rotterdam, La Haye et Haarlem, n’a quasi jamais été rentable.

Un mois après Rabobank, Verlinvest réclamait à son tour le remboursement d’un prêt de 1,5 million d’euros.

Actionnaire depuis 2011, le holding Verlinvest a préféré en mai 2017 revendre sa participation (près de 40% du capital) aux fonds d’investissement Triodos Organic Growth Fund, Triodos Investment Management et Social Impact Ventures.

Les événements se sont précipités en début d’année pour l’enseigne amstellodamoise. En février, la banque Rabobank annulait un crédit de 5,3 millions d’euros et réclamait le remboursement de cette somme pour la fin de l’année.

Un malheur n’arrivant jamais seul, cette créance imprévue était suivie d’une autre un mois plus tard: Verlinvest réclamait à son tour le remboursement d’un prêt de 1,5 million d’euros.

Un magasin Marqt. ©ANP XTRA

Aucun des deux créanciers ne s’est expliqué sur son initiative soudaine. Une chose est sûre: ce double retrait de crédits a pesé lourd sur les liquidités de l’entreprise.

Un rachat tardif

Marqt espérait pouvoir éponger ces dettes grâce au produit de la vente de quatre de ses magasins à la chaîne Albert Heijn, filiale du groupe Ahold Delhaize également présente en Flandre. Celle-ci avait été décidée fin 2018 mais elle a tardé à se concrétiser: les deux derniers magasins viennent seulement de changer de propriétaire.

Entre-temps, le conseil d’administration avait décidé de démissionner en bloc. Les actionnaires du distributeur bio décidaient dans la foulée, quasi à l’unanimité, de se mettre à la recherche d’un repreneur.

Les deux fondateurs, qui espéraient racheter l’entreprise, ont été contraints par la justice de revendre leurs parts au repreneur finalement choisi: la société Udea, maison-mère de l’enseigne Ekoplaza, grand concurrent de Marqt sur le créneau du commerce de produits bio.

Celle-ci reprend donc onze des quinze magasins de Marqt.

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