Publicité
Publicité

Yuka, l'appli qui fait frémir la grande conso, va débarquer en Belgique

L'application Yuka permet de scanner 400.000 produits ©yuka

En notant la qualité des produits alimentaires vendus dans la grande distribution, l'application Yuka redonne le pouvoir au consommateur.

Lancée début 2017 par trois jeunes entrepreneurs français, Yuka est une application qui permet au consommateur d’obtenir des informations sur la qualité des produits de grande consommation (alimentation et cosmétique) à partir de leur composition. Elle entend guider le consommateur dans la jungle du marketing de l’industrie agroalimentaire où, d’après ses concepteurs, tous les coups sont permis: allégations trompeuses, labels incompréhensibles…

Evoquée récemment dans la presse française, son arrivée en Belgique nous a été confirmée par sa cofondatrice, Julie Chapon. "Le lancement est prévu pour mars/avril 2019", nous a-t-elle indiqué. Comment? Avec quels partenaires éventuels? Avec quelle stratégie? Yuka n’a pas donné suite à nos demandes de précision.

Le pouvoir au consommateur

6 millions
de téléchargements
Vingt mois seulement après son lancement, Yuka a déjà été téléchargée 6 millions de fois

Cet outil redoutable a de quoi faire frémir le secteur de la grande consommation (fabricants, grande distribution). Car il donne le pouvoir au consommateur. Et celui-ci ne se prive pas de l’exercer. Yuka revendique déjà 6 millions de téléchargements en France, dont 3,5 millions d’utilisateurs actifs. Elle figure dans le top 10 des applications les plus téléchargées. Il est vrai qu’elle est gratuite.

L’application permet en effet de scanner, via le smartphone, le code-barres des produits vendus dans la grande distribution, soit 300.000 dans l’alimentaire et 100.000 dans les cosmétiques. Automatiquement, une couleur s’affiche allant du vert (le produit est sain) au rouge (le produit est néfaste), l’application proposant dans ce cas un produit alternatif meilleur.

Pour les produits alimentaires, 60% de notation est basée sur leur qualité nutritionnelle, ceci sur base du Nutri-score, un système français de notation, récemment adopté en Belgique. 30% dépendent de la présence ou non d’additifs et 10% de la présence ou non d’une certification bio. "Une pondération qui n’a aucun fondement scientifique", déplore Serge Hercberg, un épidémiologiste récemment interrogé par le magazine Le Point, ceci en raison notamment du manque de connaissance sur l’impact des additifs sur la santé. Ce à quoi, dans le même magazine, Julie Chapon répond que le système applique le "principe de précaution". "Puisque des signaux nous alertent et que ces additifs dont abuse l’industrie ne sont pas indispensables à notre alimentation, pourquoi attendre de nouveaux scandales sanitaires pour informer le consommateur?" s’interroge-t-elle.

Module payant

Pour arriver à "coter" ainsi les centaines de milliers de produits, Yuka s’appuie sur la base de données Open Food Facts, une interface ouverte et collaborative qui permet de reconnaître plus de 95% des produits alimentaires scannés (80% pour les cosmétiques). La start-up a aussi sa propre base de données alimentée par ses utilisateurs. L’entreprise, qui n’emploie encore qu’une poignée de collaborateurs, tire ses revenus des contributions financières de ses utilisateurs et de la vente de programmes nutritionnels aux particuliers. Elle veut aussi monétiser son application en lançant des fonctionnalités premium payantes: mode hors ligne, moteur de recherche, alertes personnalisables, etc.

Reste à voir quel sera l’impact de Yuka sur le secteur. "Nous connaissons Yuka mais nous n’avons pas assez de détails pour pouvoir la juger correctement, indique Baptise van Outryve, porte-parole de Carrefour Belgium; nous applaudissons toutefois le fait qu’ils se basent sur le Nutri-score et qu’ils tiennent compte des additifs, mais la manière de calculer n’est pas très claire selon nous." Même topo chez Test-Achats: "Comme nous ils se basent notamment le Nutri-score ce qui est positif, mais l’approche mériterait d’être un peu plus transparente sur la manière de noter", commente le porte-parole, Jean-Philippe Ducart.

"Nous applaudissons le fait que Yuka se base sur le Nutri-score et qu’ils tiennent compte des additifs, mais la manière de calculer n’est pas très claire selon nous."
Baptsite van Outryve
porte-parole de Carrefour Belgium

En France, les distributeurs semblent s’accommoder de ce nouvel acteur. A les entendre, Yuka les challenge. Dans l’article du Point évoqué ci-dessus, Michel Edouard Leclerc, patron du distributeur éponyme, dit en être un adepte… tout en minimisant son impact réel sur les chalands. Et de citer une célèbre marque de glaces, mal notée par Yuka, mais qui s’est avérée une de ses meilleures ventes cet été…

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés