40% des établissements horeca en "faillite technique" d'ici fin 2020

Les clients ont déserté les établissements Horeca. ©AFP

Quatre établissements sur dix seront techniquement en faillite d’ici la fin de l’année. À moins que les pouvoirs publics n’injectent 800 millions d’euros supplémentaires.

L’Horeca souffre comme jamais. Au train où vont les choses et sans nouvelle intervention des pouvoirs publics, 4 établissements sur 10 seront "techniquement" en faillite d’ici la fin de l’année. C’est-à-dire qu’ils ne seront plus en mesure d’honorer leurs obligations financières. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé par Foodservice Alliance, un centre de connaissance où la plupart des grands acteurs de l’alimentation sont représentés (producteurs, supermarchés, restaurateurs, brasseurs, etc.).

Foodservice Alliance a interrogé au mois d’août 800 tenanciers de l’Horeca ainsi que 12.000 consommateurs. Le résultat est plutôt déprimant. Au cours des 7 premiers mois de l’année 2020, l’Horeca a vu 41% de son chiffre d’affaires partir en fumée par rapport à 2019. Un établissement sur dix (12%) n’a toujours pas entièrement rouvert ses portes depuis le début de la crise au mois de mars. Et plus d’un sur cinq (22%) ne réalise toujours pas le quart de son chiffre d’affaire normal.

41%
L'Horeca a vu 41% de son chiffre d'affaires partir en fumée par rapport à 2019.

Les client sont partis

En cause principalement, la baisse de la fréquentation. "Les consommateurs ont toujours peur d’être contaminés. Mais surtout, le port du masque obligatoire est dissuasif pour ceux qui veulent se rendre au café ou au restaurant", constate Gert Laurijssen, directeur de Foodservice Alliance.

Les Flamands semblent plus frileux que les Wallons sur ce plan. Sans doute parce que les taux de contamination sont plus élevés au nord du pays. Les femmes et les plus de 65 ans se montrent nettement plus craintifs que la moyenne.

Certains consommateurs se sont tournés vers le "take-away", mais la formule est en train de s’essouffler. "Au printemps, beaucoup de gens ont fait appel au take-away par sympathie pour le secteur, mais la tendance ne s’est hélas pas inscrite dans la durée", déplore Gert Laurijssen.

27%
En avril, 18% des exploitants estimaient que leur établissement n’allait pas pouvoir être sauvé. Aujourd’hui, ils sont 27% à le penser.

Au mois d’avril, en plein lockdown, 18% des exploitants estimaient que leur établissement n’allait pas pouvoir être sauvé. Aujourd’hui, ils sont 27% à le penser. Un sur cinq ne parvient plus à payer son loyer, 17% n’arrivent plus à payer leur personnel, 82% ne sont plus en mesure de réaliser les investissements nécessaires et un sur trois ne peut plus honorer ses engagements vis-à-vis des banques et des pouvoirs publics.

"Le moral des exploitants de l’Horeca est au plus bas, la moitié d’entre eux envisagent de fermer boutique définitivement", relève Gert Laurijssen.

"Le moral des exploitants de l’Horeca est au plus bas, la moitié d’entre eux envisagent de fermer boutique définitivement."
Gert Laurijssen
Directeur de Foodservice Alliance

Le gouvernement a certes tenté dès le début de la crise d’aider le secteur en proposant une baisse de la TVA ainsi que des chèques-horeca. Mais ceux-ci ratent en grande partie leur cible, regrette Gert Laurijssen. "La baisse de la TVA a surtout permis de soutenir les établissements qui parvenaient à générer encore un certain chiffre d’affaires, alors que ce sont surtout les entrepreneurs qui ont perdu leur chiffre d’affaires qui ont d’urgence besoin d’un coup de pouce."

800 millions d’euros d’aide

Certes, l’Horeca affichait déjà une santé financière fragile avant la crise du Covid-19. D’après Graydon, un établissement sur cinq avait déjà les clignotants orange allumés. Aujourd’hui, cette proportion est passée à 4 sur 10. Du moins si les pouvoirs publics laissent les choses en l’état. La situation est particulièrement préoccupante dans le catering (restauration collective) où 7 entreprises sur 10 sont menacées de disparition avant la fin de l’année, alors qu’elles étaient presque toutes en bonne santé avant la crise.

Concrètement, cela signifie que 85.000 emplois sont directement menacés. Pour sauver les établissements, il faudrait d’après Foodservice Alliance une injection de 800 millions d’euros.

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