Exki développe de nouvelles niches

©Elodie Timmermans

La chaîne de restaurants sains et durables Exki poursuit sa croissance. Après s’être implantée en 2018 en Espagne et en Allemagne, elle développe de nouveaux concepts pour répondre aux différents modes de consommation.

Sans faire de bruit, Exki continue sa croissance. Les résultats de l’exercice 2018-2019, clôturés fin janvier, font état d’un chiffre d’affaires de 156 millions d’euros, contre 150 millions un an plus tôt. Six nouveaux restaurants ont été inaugurés, portant le total à 104, alors que quatre ont été fermés (2 en Italie et 2 aux Pays-Bas). "Deux ouvertures en net cela ne paraît pas beaucoup mais c’est une question d’opportunités plutôt que de volonté. Dans un aéroport, il faut parfois neuf mois pour ouvrir après la signature du contrat", note Frédéric Rouvez, co-CEO d’Exki avec Nicolas Steisel.

104
restaurants
Au 31 janvier 2019, date de clôture de son exercice, Exki comptait 104 restaurants.

La croissance vient surtout de l’étranger. L’international est désormais plus important que la Belgique. En 2018, l’enseigne s’est implantée pour la première fois en Allemagne et en Espagne avec deux restaurants ouverts dans chacune de ces nations, portant son implantation à sept pays. Exki compte aujourd’hui presque autant de restaurants en France (43) qu’en Belgique (46).

Nicolas Steisel et Frédéric Rouvez, co-CEO d’Exki. L’enseigne se dit prête à procéder à des acquisitions. ©Tim Dirven

La région parisienne est devenue son premier marché avec 18 restaurants dans Paris "intra-muros", 11 dans les aéroports de Roissy et d’Orly et un à la gare du Nord. "La crise des gilets jaunes ne nous a pas fait du bien car notre clientèle est très importante le week-end, pendant le shopping, indique Frédéric Rouvez. À Bruxelles, nos quatre restaurants du centre-ville, qui sont des établissements importants, ont souffert des interminables travaux dans le piétonnier."

Investissements en hausse

L’enseigne affiche un ebitda stable de 7,3 millions d’euros. "Nous avons fait beaucoup d’investissements, notamment dans le développement de nos ateliers de cuisine en France et en Espagne", précise Frédéric Rouvez. Le résultat net est en léger recul, passant de 2,5 à 2,2 millions en raison de taxes en hausse.

Pour l’exercice en cours, Exki prévoit un résultat net en légère hausse à 2,8 millions et un ebitda table. C’est que le programme d’investissement va s’accélérer avec 16 ouvertures, notamment en France, à Lyon, et en Espagne, à Alicante. Ce qui devrait porter le chiffre d’affaires à 170 millions d’euros.

156 millions €
chiffre d’affaires
Lors de son dernier exercice, Exki a vu ses revenus croître de six millions. Pour 2019-2020, l’enseigne table sur 170 millions. L'Ebitda, à 7,3 millions €, est stable en raison d’importants investissements.

Le développement se fait au travers de restaurants classiques mais surtout via de nouveaux types d’implantation. Notamment via ce qu’on appelle le "travel retail" (gares, aéroports…). "C’est un très bon business car on répond à la demande du consommateur: il peut consommer sur place ou se ravitailler pour le voyage, explique le co-CEO. Ce sont aussi des établissements qui génèrent beaucoup de trafic avec des heures d’ouvertures plus étendues." Ce développement se fait via des franchisés. "Nous n’avons pas d’accès direct dans les aéroports, nous devons passer par ce qu’on appelle des ensembliers qui gèrent plusieurs enseignes", poursuit-il.

Le kiosque, nouveau concept

C’est à Brussels Airport qu’est ainsi né un nouveau concept, le kiosque. "Après les attentats, la direction de l’aéroport nous avait demandé d’ouvrir un kiosque de 30 m², à titre provisoire. Il est devenu permanent. Le concept a intéressé les aéroports de Paris, détaille Frédéric Rouvez. Cela permet de satisfaire une clientèle qui n’a pas envie de s’installer longtemps et de profiter de l’offre de shoppings de plus en plus étendue au sein des aéroports."

Mais pour des raisons logistiques, ces kiosques doivent fonctionner comme satellites de plus gros établissements. C’est le cas du nouveau kiosque de City 2, situé non loin du restaurant de la rue Neuve. Beaucoup de produits nécessitent en effet d’être préparés en cuisine dont seuls disposent les restaurants.

Deux ouvertures en net cela ne paraît pas beaucoup mais c’est une question d’opportunités plutôt que de volonté.
Frédéric Rouvez
Co-CEO d’Exki

Le "travel retail" permet donc à Exki de se rapprocher des consommateurs qui voyagent de plus en plus. Cependant, l’enseigne cherche également à capter une clientèle plus sédentaire. "On constate qu’avec Internet, les gens ont pris l’habitude de ne plus bouger", observe Frédéric Rouvez.

D’où le lancement du deliver, du catering dans les bureaux et de restaurants dans les entreprises et les institutions. C’est le cas à Paris chez L’Oréal, à l’OCDE et bientôt dans la tour de la Société Générale dans le quartier de la Défense. Exki vise aussi, à terme, le marché des hôpitaux – "étant positionnés naturel et sain, nous sommes tout à fait légitimes pour le faire", argumente Frédéric Rouvez – et planche sur le développement d’un food truck électrique.

1.500
emplois
La chaîne emploie 1.500 personnes, soit environ un millier d’équivalents temps plein.

Ces innovations semblent aussi dictées par une concurrence de plus en plus rude avec l’arrivée d’enseignes comme la britannique Prêt à Manger (dont Exki s’est inspiré à ses débuts) et les chaînes de fast-food (Burger King, Kentucky, Five Guys). "Prêt à Manger est présent à Paris et ne nous fait pas d’ombre tandis que les chaînes de burgers n’ont pas le même public, répond Frédéric Rouvez. Dans le même temps, elles ont un fort pouvoir d’attraction; quand on est à côté d’elles cela permet de nous différencier." Ce qui le dérange d’avantage c’est le développement d’une offre de restauration chez un retailer comme Delitraiteur "qui est une copie conforme de ce que nous faisons", observe Frédéric Rouvez.

Acquisitions possibles

Enfin, Exki, qui a toujours connu une croissance organique, réfléchit à présent à des acquisitions. Une cible au Danemark était dans son collimateur mais l’opération ne s’est pas réalisée en raison d’un prix trop élevé. Selon Frédéric Rouvez, Exki a les moyens de ses ambitions: "Nous remboursons plus de dettes que nous n’en générons."

Nous avons fait beaucoup d’investissements, notamment dans le développement de nos ateliers de cuisine en France et en Espagne.
Frédéric Rouvez

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