L'horizon se dégage pour le resto de l'Atomium

©REUTERS

Un doute subsistait sur l’origine des fonds apportés par les repreneurs du restaurant de l’Atomium. L’avocat général près la cour d’appel a vigoureusement rejeté cet argument.

Les repreneurs du restaurant situé au sommet de l’Atomium peuvent souffler. Au cours d’une audience de près de deux heures qui s’est tenue jeudi matin devant la 9e chambre de la cour d’appel de Bruxelles, les doutes portant sur l’origine des fonds qu’ils ont apportés dans l’aventure ont été levés par l’avocat général Yves Moiny, représentant le ministère public.

Rappelons brièvement que deux groupes avaient remis une offre pour reprendre l’exploitation du restaurant en question. Seul le prix permettait de faire une distinction entre les deux offres. D’un côté, le restaurant François proposait 258.000 euros tandis que deux entrepreneurs, Nigor Berisha et Martin Rama, mettaient 500.000 euros sur la table. En première instance, des doutes avaient été exprimés sur l’origine des fonds apportés par le duo, ceux-ci étant essentiellement composés de prêts familiaux venus de Suisse et de France. Et malgré un avis négatif du parquet, le tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles avait décidé d’attribuer le restaurant à Nigor Berisha et Martin Rama.

Calomnie

Peu satisfait de la tournure des événements, le restaurant François était allé en appel. Au cours des plaidoiries, sans surprise, le conseil de la société est revenu sur les doutes entourant l’origine des fonds.

"Il n’y a pas de raison de douter de l’origine des fonds de mes clients".
Eric Riquier
Avocat

De son côté, Eric Riquier, l’avocat des deux entrepreneurs, a âprement défendu ses clients. "Nous ne devrions pas être ici", a-t-il entamé, sous-entendant que l’offre du restaurant François était tellement plus basse que celle de ses clients qu’elle n’aurait pas dû être présentée au tribunal de l’entreprise. "Il n’y a pas de raison sérieuse de douter de l’origine des fonds de mes clients. C’est de la calomnie", a encore plaidé le conseil des deux entrepreneurs, ajoutant que personne n’avait amené la preuve que l’argent utilisé était de l’argent sale. "Aucun élément sérieux et objectif permet d’aller au-delà de la réalité des offres. Mes clients portent un projet personnel", a-t-il pointé avant de conclure que celui-ci offrait toutes les garanties quant à la pérennité de l’activité.

"Il faut mettre un terme à un procès de type maccarthysme", a enchaîné l’avocat général Yves Moiny, au nom du ministère public. Pour lui, la cour d’appel est passée à côté du vrai débat qui était de savoir si les offres soumises au tribunal de l’entreprise étaient comparables ou non. "Le reste n’est que supputations et affabulations", a ajouté l’avocat général, jugeant que "de telles attaques ad personam étaient des procédés à condamner". "Les instances judiciaires ont d’autres chats à fouetter", a-t-il ajouté, mettant un terme à un réquisitoire plutôt musclé. Sans surprise, l’avocat général a conseillé à la cour de déclarer l’appel du restaurant François recevable mais non fondé.

Si la cour, qui a pris l’affaire en délibéré, suit l’avocat général, les deux entrepreneurs pourront démarrer l’exploitation du lieu qui, en attendant, est toujours ouvert. Qu’on se le dise.

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