La Bastoche est à vendre

Sous le coup d'une réorganisation judiciaire, le restaurant La Bastoche est désormais à vendre. ©Tim Dirven

Avis aux amateurs. Situé au cimetière d'Ixelles, le restaurant La Bastoche est à vendre. Le parquet de Bruxelles a réclamé la fin anticipée de la PRJ et l'ONSS avait cité la société en faillite.

"Fin de parcours" pour La Bastoche, cet établissement bien connu des habitués du cimetière d'Ixelles. Après avoir tenté de se mettre à l'abri de ses créanciers par le biais de la procédure en réorganisation judiciaire (PRJ), le restaurant est à vendre, a-t-on appris lors d'une audience au tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles.

C'est l'avocat de la société, Gérard Leplat (Altalaw), qui, contraint et forcé, a annoncé la mise en vente du fonds de commerce, espérant en retirer de quoi rembourser le passif de la société qui s'élève à plus de 800.000 euros. Il faut dire que le parquet de Bruxelles réclamait la clôture anticipée de la PRJ tandis que l'ONSS avait cité la société en faillite

Comptes bloqués

"Le gérant se servait dans la caisse de la société. On a vu des traces de dépenses d'ordre privé à Courchevel dans le courant du mois de janvier."
Cédric van Zeeland
Juge-délégué

À la fin du mois d'octobre, le gérant du restaurant, qui venait de reprendre 100% des parts de la société, affichait sa confiance à l'heure d'envisager le retour à meilleure fortune. Il avait revu les prix à la hausse, licencié un travailleur et s'était engagé à vendre une (petite) maison à la mer du Nord qui faisait partie de la société. Fort de ces engagements, le tribunal lui avait accordé un premier sursis. Celui-ci avait été rallongé en janvier. Mais, c'est une autre partie qui s'est jouée mercredi matin devant la chambre des PRJ du tribunal de l'entreprise.

En dressant un état des lieux de la situation, le juge-délégué Cédric van Zeeland a expliqué que les bilans déposés au moment de l'ouverture de la PRJ n'étaient pas corrects et que les versions de ces bilans avaient varié au fil des mois. Mais il y a plus grave. "Le gérant se servait dans la caisse de la société. On a vu des traces de dépenses d'ordre privé à Courchevel dans le courant du mois de janvier", a expliqué le juge-délégué. Le juge-délégué a alors soumis l'idée de mettre la clé sous le paillasson, une suggestion qui n'a pas été entendue, raison pour laquelle il a fait rappeler l'affaire pour mettre fin à la PRJ de manière anticipée.

La vente du fonds de commerce de La Bastoche devrait permettre de rembourser les dettes de la société. ©Tim Dirven

"Les dettes sont passées de 676.000 à 820.000 euros, il y a eu un accroissement du passif et on a puisé de l'argent à des fins qui n'ont rien à voir avec la société", a encore expliqué Cédric van Zeeland. "Depuis le début de la procédure de réorganisation judiciaire, il y a eu du bénéfice, mais je ne sais pas où est passé cet argent", a-t-il encore précisé.

Vente du fonds de commerce

"On ne peut pas accepter que quelqu'un s'accapare les actifs de la société alors que, dans le même temps, on demande aux créanciers de la société de patienter."
Un représentant du parquet de Bruxelles

"Tout n'est pas clair dans cette affaire", a bien dû concéder Gérard Leplat, le conseil de la société qui, par ailleurs, a expliqué que la poursuite de la PRJ en tant que telle n'était plus possible. En effet, alerté de la situation par le juge délégué, le parquet de Bruxelles a saisi les comptes du restaurant et de son gérant. "Une PRJ n'est plus possible, je m'en réfère à justice", a expliqué le conseil de la société, avant de préciser qu'il allait mettre le fonds de commerce en vente afin de rembourser toutes les dettes. Selon ce dernier, des amateurs se sont déjà fait connaître. Enfin, il a précisé que la vente de la maison située à la mer du Nord était quasiment bouclée, une opération qui devrait ramener un peu plus de 120.000 euros. 

"On ne peut pas accepter que quelqu'un s'accapare les actifs de la société alors que, dans le même temps, on demande aux créanciers de la société de patienter", a pour sa part déclaré le représentant du parquet venu assister à l'audience. Ce dernier a conseillé au tribunal de clôturer anticipativement la PRJ. L'affaire a été prise en délibéré. 

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