Le parquet cite Les Brasseries Georges et 12 autres restaurants en faillite

14 établissements horeca sont cités en faillite par le parquet. ©Photo News

Coup de massue pour le secteur de l’horeca. Évoquant une "situation financière plus que précaire", le parquet cite 13 restaurants en faillite. Parmi lesquels Les Brasseries Georges ou La Maison du Cygne.

Mauvaise passe pour les frères Spyragelos et Sabahattin Beyaz. Les 13 restaurants qu’ils détiennent d’une manière ou d’une autre viennent d’être cités en faillite par le parquet de Bruxelles. D’après Jonathan Toro, l’avocat qui représente l’ensemble des sociétés concernées, des requêtes en réorganisation judiciaire (PRJ) ont été introduites pour toutes les sociétés, ce qui suspend temporairement la procédure de citation en faillite. Parmi les restaurants concernés, on retrouve Les brasseries Georges, La Maison du Cygne ou Le Vieux Pannenhuis pour ne citer que ceux-là.

Réorganisation suspensive

A priori, le parquet cite des sociétés en faillite lorsque tous les voyants sont dans le rouge et que les comptes sont en berne. Ce que le parquet nous a confirmé. Le ministère public fait état de "situation financière plus que précaire". Les 13 restaurants dont il est question sont hébergés par un ensemble de sociétés elles-mêmes chapeautées par un holding. De près ou de loin, l’ensemble de ces maisons de bouche est géré par les deux frères Beyaz qui, au fil des ans, ont réussi à constituer une véritable galaxie de restaurants.

"On va se battre pour cela. Le parquet, qui se base sur des documents publics, n’a pas toujours les dernières informations, les registres publics ne sont pas toujours mis à jour et les montants inscrits ne sont pas toujours corrects."
Jonathan Toro
conseil des sociétés

Les établissements concernés par la mesure du parquet sont: La Chaloupe d’or (Grand-Place), le Manhattan Café (Woluwe-Saint-Lambert), Le North Express Brasserie-Restaurant (gare du Nord), le Paon royal (Bruxelles-Ville), Le Vieux Pannenhuis (Jette), Les Brasseries Georges (Uccle), La Maison du Cygne et la brasserie de l’Ommegang (Grand-Place), La Pergola (Atomium), Eat it Pizzeria (Bierges), Le Frederiksborg (Koekelberg), la Brasserie de Bruxelles (Bruxelles-Ville) et Le Café de l’Opéra (Bruxelles-Ville).

On le voit, une fameuse galaxie de restaurants se retrouve donc sous le coup d’une citation en faillite. Sauf que l’introduction de requêtes en réorganisation judiciaire pour l’ensemble des établissements suspend la citation en faillite. À dire vrai, une première PRJ avait déjà été introduite pour La Maison du Cygne, La brasserie de l’Ommegang, Le Paon Royal et Le Brazzaville. Les demandes de PRJ concernant les autres sociétés ont toutes été introduites lundi dernier, soit le jour même de l’audience d’introduction des citations en faillite.

Place aux juges

Selon Jonathan Toro, le conseil des sociétés, les PRJ ont été introduites parce que la continuité des sociétés est menacée, mais, a-t-il insisté, l’idée est réellement de préserver la persistance des restaurants. "On va se battre pour cela. Le parquet, qui se base sur des documents publics, n’a pas toujours les dernières informations, les registres publics ne sont pas toujours mis à jour et les montants inscrits ne sont pas toujours corrects", nous a-t-il encore expliqué. Pour l’avocat, il est possible que le parquet ne soit pas au courant de la levée de différentes saisies ou qu’il n’ait pas été informé de certains plans d’apurement négociés avec des créanciers.

Quoi qu’il en soit, la balle est aujourd’hui dans le camp des juges du tribunal de commerce francophone de Bruxelles. Ils devront se prononcer sur la validité des PRJ introduites et les traiter comme telles avant, le cas échéant, d’avoir à se prononcer sur les citations en faillite.

 

Qui sont les frères beyaz?

On ne sait pas grand-chose des frères Spyragelos et Sabahattin Beyaz, des figures de la restauration bruxelloise. S’ils ne tiennent pas à proprement parler les casseroles aux fourneaux, ce sont eux qui tirent les ficelles d’une bonne dizaine de restaurants parmi lesquels quelques enseignes très connues.

En 2013, ils ont racheté La Maison du Cygne à Aldo Vastapane. Le moins que l’on puisse écrire est que les deux frères sont discrets. Interrogez les acteurs impliqués dans l’horeca bruxellois, ils ne les ont jamais vus. Le plus jeune des deux, Spyragelos, vit à La Louvière. Il aura 50 ans cette année. Son aîné, Sabahattin, 57 ans, est domicilié à Fleurus. On les retrouve tous les deux aux commandes du holding Compagnie des brasseries et cafés, un véhicule qui peut être considéré comme la société mère de l’ensemble de leurs restaurants. Spyragelos y apparaît en son nom propre, son frère par le biais de la société Sogelux Invest, basée au Grand-Duché, à Huncherange.

Le holding Compagnie des brasseries et cafés est lui-même sous le coup d’une PRJ qui bénéficie d’un sursis jusqu’au 21 mars 2018. Au début de l’année 2016, les frères Beyaz ont regroupé l’ensemble de leurs sociétés à Anderlecht. Pour expliquer les complications rencontrées par La maison du Cygne, les frères s’étaient retranchés derrière les travaux du piétonnier et derrière les attentats qui ont frappé Paris en novembre 2015 puis Bruxelles en mars 2016. 

 Reste à voir aujourd’hui si les juges sont disposés à entendre la même histoire alors que le parquet a mis un sérieux coup de pression sur l’ensemble des sociétés des frères.

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