Quick est à vendre

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Huit ans après l’avoir rachetée à Albert Frère, le Français Qualium (CDC) négocie la revente de la chaîne de fast food Quick.

La chaîne de restauration rapide franco-belge Quick Restaurants est à vendre. Huit ans après son rachat par CDC Capital Investissement, filiale de la Caisse des dépôts et consignations française, au holding CNP d’Albert Frère, la chaîne est à nouveau à l’étalage, avons-nous appris à bonnes sources. Le dossier est déjà avancé, puisque les candidats acquéreurs, américains nous dit-on, en sont déjà au stade de l’analyse des livres du groupe. Il y aurait quatre ou cinq candidats, parmi lesquels des fonds de pension.

"On cherche à rendre la mariée plus belle."
Des franchisés

Autre indication que le processus est avancé: deux banques ont été mandatées pour conduire les négociations: Goldman Sachs, qui tient le "lead", et la Banque Rothschild. On évoque une valorisation de l’ordre de 800 millions d’euros pour l’ensemble. À titre de comparaison, en 2007, la Compagnie nationale à portefeuille avait revendu Quick pour quelque 730 millions d’euros à la CDC, c’est-à-dire à l’État français. Entre-temps, la filiale CDC Capital Investissement a été rebaptisée Qualium Investissement.

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Aujourd’hui, Qualium détient 94% de Financière Quick, le holding faîtier de la chaîne, tandis que le management possède les 6 autres pour-cent.

Quick Restaurants, c’est du lourd: avec 19.000 emplois, 495 restaurants et plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires, l’enseigne est le n° 3 du secteur en Europe. Elle est aussi la première chaîne de restauration rapide à capitaux européens. Créée en Belgique en 1970, dans l’orbite du groupe GIB, elle a glissé depuis sous pavillon français. Le groupe constitué sous Financière Quick se compose d’une série de filiales, parmi lesquelles Quick Belgium, France Quick, Quick Restaurants et Quick Invest France.

KFC et Burger King font mal

L’an dernier, le groupe Quick a réalisé un chiffre d’affaires de 1,03 milliard d’euros, en léger recul sur 2013, qui avait été un exercice record, et dégagé un excédent brut d’exploitation (Ebitda) d’une centaine de millions. Sur son principal marché, la France, la chaîne doit faire face depuis quelques années à une forte concurrence.

Allusion au déploiement dans l’Hexagone de la chaîne américaine KFC (Kentucky Fried Chicken), qui y compte à ce jour quelque 180 restaurants contre 380 pour Quick, et à l’arrivée récente d’un autre américain, Burger King. Ce dernier n’y a encore qu’une vingtaine de restaurants, mais ces derniers affichent déjà de gros chiffres de ventes. Et Burger King annonce quinze ouvertures pour 2015. Bref, derrière le leader du marché français McDonald’s, Quick reste deuxième mais perd des parts de marché au profit des nouveaux entrants. Sa part de marché y serait descendue de 25 à 18% ces dernières années.

En Belgique, son premier marché historique, les concurrents sont heureusement pour elle moins nombreux (KFC et Burger King sont absents).

Pression

Jusqu’à présent, Quick a réussi à maintenir un niveau d’Ebitda relativement élevé malgré le surcroît de concurrence, mais cela ne s’est pas fait sans heurt: parmi les franchisés du réseau, beaucoup se plaignent d’être mis de plus en plus fortement sous pression, aussi bien en Belgique qu’en France. "On cherche à rendre la mariée plus belle", estiment-ils en substance. "L’amélioration de la rentabilité du groupe se fait au détriment de celle des franchisés."

Salut international

La chaîne de restauration rapide cherche aussi son salut à l’international. Cette année, elle a mis le pied en Tunisie et en Turquie et annonce son arrivée au Maroc. Pour compenser le manque de croissance sur ses marchés historiques?

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