RestoLastMinute fait la culbute

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Le site de réservation de restaurant à prix réduit lancé à Bruxelles a fait faillite un peu plus de quatre ans après son lancement. Il n’avait pas fédéré autant d’établissements qu’on le pensait.

Fin de parcours pour RestoLastMinute.be. Le site belge de réservation de table à prix réduit dans les restaurants a déposé le bilan, faute d’avoir fédéré un nombre suffisant de restaurateurs et de consommateurs. Le tribunal de l’entreprise de Bruxelles a ouvert la faillite de la SPRL RestoLastMinute le 12 février dernier, dans une certaine discrétion. Le curateur désigné est maître Anicet Baum.

100 restaurants
Lors qu’on croyait qu’il avait rallié quelque 800 restaurants, le site n’en avait convaincu qu’une centaine.

La société avait été fondée en 2014 par Christophe Clerjaud, un Français qui avait flairé la bonne idée et mis le cap sur Bruxelles pour l’exploiter. Reste à voir quel sort sera réservé à sa filiale à 51% RestoLastMinute South, qui avait été mise sur pied deux ans plus tard pour développer la même activité en Wallonie.

Les raisons de l’échec? "Le site n’avait rallié qu’une centaine de restaurateurs, ce qui est beaucoup trop peu, nous dit une source bien informée. Il y avait trop peu de restaurants et trop peu de clients."

Il y a deux ans, le fondateur avait déclaré à L’Echo qu’il avait fédéré 800 restaurateurs et qu’il espérait que la nouvelle filiale wallonne en convaincrait rapidement 200 de plus. Comme son nom le laisse deviner, le site RestoLastMinute s’adressait à la fois à la clientèle des restaurateurs et aux particuliers: il proposait aux premiers de lui indiquer chaque jour le nombre de places non réservées dans leurs établissements, ce qui lui permettait d’offrir ces mêmes places à prix réduit aux consommateurs. Une manière de faire deux pierres d’un coup: en aidant les restaurants à faire salle comble et en contribuant à abaisser la facture de leurs clients.

"Le lancement du site a nécessité de gros frais de conception et il a été basé sur une mauvaise étude de marché, poursuit la même source. Et comme le site a offert le service gratuitement aux restaurateurs pendant une trop longue période, il n’a généré que très peu de recettes."

RestoLastMinute a aussi dû faire face à une rude concurrence. Même s’il n’est pas positionné exactement sur le même créneau, le site belge de The Fork ("la fourchette"), le site de réservation appartenant au groupe Tripadvisor, lui a fait de l’ombre. Il semble que son propriétaire ait aussi trop peu investi dans la publicité pour le faire connaître.

La prise pas retirée

Sur internet, on pouvait toujours accéder au site RestoLastMinute lundi. La raison en est simple: celui-ci reste accessible tant que personne ne l’arrête et que court le paiement (par domiciliation) du serveur. Autrement dit, d’ici quelques jours, il devrait disparaître des écrans.

Contactés par nos soins, les responsables de RestoLastMinute n’ont pas souhaité commenter la fin de l’aventure. On en reste donc réduit à émettre des suppositions concernant le sort de sa filiale wallonne. Les comptes publiés par RestoLastMinute South ne sont pas moins alarmants que ne l’étaient ceux de la maison mère: sa dernière marge brute et ses capitaux propres sont négatifs. "L’entreprise est en veilleuse, dit-on. Elle n’a plus d’activité."

Toutes proportions gardées, cette mésaventure rappelle celle de la plateforme Take Eat Easy qui reliait elle aussi les restaurateurs et les clients. Comme quoi, ces start-ups ont difficile à décoller en partant du marché belge…

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