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Après avoir licencié, Compass doit payer pour embaucher

Le secteur du catering a dû licencier pendant la crise sanitaire. Ce fut le cas de Compass qui peine à trouver des candidats à l'embauche maintenant que l'activité reprend. ©AFP

Après avoir licencié 550 travailleurs en 2020, Compass fait face à une pénurie de personnel. Il demande à ses employés de trouver des candidats avec une prime à la clé.

Il fallait s'y attendre. Après avoir connu la pire crise de son histoire, le secteur de l'horeca reprend des couleurs et doit même commencer à recruter du personnel. Ce qui vaut pour les restaurants l'est également pour le secteur du catering dans les collectivités (écoles, hôpitaux, maisons de soins...). Mais le secteur est confronté à une difficulté de taille: les candidats ne se pressent pas au portillon. Et chez Compass, la situation est encore plus criante qu'ailleurs.

Le travailleur de Compass qui arrivera à convaincre un chef de cuisine de rejoindre les rangs de la société sera récompensé d'une prime de 2.500 euros brut (...).

Après avoir dû se séparer de 550 travailleurs en 2020, Compass, le numéro deux du secteur, voit sa branche événementielle redémarrer sur les chapeaux de roue. Pour faire face à cette reprise, Compass doit recruter. Mais, on l'a dit, les candidats manquent à l'appel.

Dans un mail interne envoyé par le directeur des ressources humaines de Compass que nous avons pu consulter, la société lance donc un appel à ses employés en leur demandant de s'impliquer dans la recherche de nouveaux collègues, avec une prime à la clé. En effet, le travailleur de Compass qui arrivera à convaincre un chef de cuisine de rejoindre les rangs de la société sera récompensé d'une prime de 2.500 euros brut, à condition que le chef en question reste dans la société plus de six mois.

Des licenciements qui ont fait mal

Du côté des syndicats, on regrette cette situation. C'est le cas de Christian Bouchat, secrétaire régional FGTB en charge de l'horeca. Ce dernier estime que les employeurs ont licencié trop vite durant la crise et qu'ils auraient mieux fait de profiter des aides apportées afin de maintenir le plus de travailleurs possible à l'emploi.

Une vision que ne partage pas Johan Poelmans, en charge de la communication chez Compass. "Nous avons effectivement dû nous séparer de 550 personnes en 2020, ce qui fait mal. Sans nos travailleurs, nous ne sommes rien", nous a expliqué notre interlocuteur, avant de préciser que, parmi ces 550 travailleurs, 140 étaient partis en prépension et une bonne cinquantaine d'entre eux avaient opté pour un départ volontaire.

"Personne ne savait où nous allions"

Johan Poelmans l'assure, la décision de licencier du personnel ne s'est pas faite de gaieté de cœur et surtout n'a pas été prise dans la précipitation. "Dès le début de la crise, nous avons tenté de faire des pronostics, mais personne ne savait où nous allions. On pensait que la crise allait durer trois mois alors qu'elle s'est étirée sur 18 mois", a-t-il précisé.

"Le vrai challenge de notre secteur sera de réactiver les gens qui sont en chômage de longue durée pour force majeure."
Michel Croisé
Président de Sodexo Benelux

Il y a eu des discussions avec les syndicats, des alternatives ont été envisagées, mais "il n'y avait plus d'autre moyen pour sauver l'entreprise et les 1.400 emplois en Belgique. Cette décision de licencier a été prise sur plus de six mois", a encore ajouté Johan Poelmans. "S'il n'y a pas de business, aucune société n'est capable de garder 2.000 travailleurs sur son payroll."

Retrouver du personnel

La situation qui arrive aujourd'hui, chacun s'y attendait. Ce qui a surpris le secteur, c'est l'énorme difficulté à retrouver du personnel. Durant la crise, certains ont cherché et trouvé un nouvel emploi, découvrant au passage le plaisir de pouvoir profiter de leurs soirées et de leurs week-ends, ce qui n'était pas le cas auparavant.

Autre souci, dans le secteur de l'horeca, à peu près tout le monde cherche à recruter et comme chacun se connaît, Compass a pensé demander un coup de main à ses travailleurs. Le focus de cette campagne est mis sur les chefs de cuisine, "un métier en pénurie", comme nous l'a précisé Olivier De Bruyn, le responsable des ressources humaines de Compass.

"On a des gens qui ont quitté le secteur et qui sont perdus pour l'horeca."
Stijn Crombé
CEO d'Aramark

"Le vrai challenge de notre secteur sera de réactiver les gens qui sont en chômage de longue durée pour force majeure", nous a pour sa part expliqué Michel Croisé, le président de Sodexo Benelux, le numéro un du secteur. Ce dernier dit ne pas observer pas de réelle différence par rapport à la période d'avant le covid. Au cours de cette crise, Sodexo – qui a licencié 380 personnes – a tenté de garder le plus de gens possible grâce aux mesures de soutien, l'idée étant d'éviter de se retrouver face à un problème de recrutement.

Du côté d'Aramark, numéro trois du secteur, on constate également une recrudescence des événements et on confirme la nécessité de recruter. "On a des gens qui ont quitté le secteur et qui sont perdus pour l'horeca", nous a expliqué Stijn Crombé, le CEO d'Aramark. La société, qui a dû se défaire de 120 travailleurs durant la pandémie, estime ne pas avoir agi dans la précipitation. Et s'il manque quelques travailleurs à Aramark, c'est surtout si tout redémarre comme avant que le secteur sera confronté à une crise de l'embauche.

Le résumé

  • Après avoir dû licencier 550 personnes, Compass, dont certaines branches d'activité repartent, est confrontée à des difficultés de recrutement.
  • Le constat est le même chez les deux autres principaux acteurs du secteur du catering dans les collectivités.
  • Pour essayer d'attirer des chefs de cuisine, Compass a décidé de se tourner vers son personnel et d'octroyer des primes à ceux qui arriveraient à attirer de nouveaux talents.

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