"Aux Armes de Bruxelles" est en faillite

©Kristof Vadino

Le tribunal de commerce francophone de Bruxelles vient de prononcer la faillite du restaurant "Aux Armes de Bruxelles". Il s'agit de la douzième faillite pour un restaurant géré par les frères Beyaz.

La nouvelle était - hélas - attendue. Cet après-midi, le tribunal de commerce francophone de Bruxelles a prononcé la faillite du restaurant "Aux Armes de Bruxelles". Cet établissement renommé, situé au coeur de l'îlot sacré à Bruxelles, était dans la tourmente depuis l'été. C'est à ce moment-là que les exploitants du restaurant avaient annoncé la création de la société INV4U, une structure nichée au Grand-Duché de Luxembourg vers laquelle le personnel et le fonds de commerce auraient dû être transférés.

De mouvements de grève en actions en justice devant le tribunal du travail, les travailleurs, défendus par le front commun syndical et par l'avocat Bernard Maingain, avaient réussi à bloquer le transfert en question. Ces mêmes travailleurs exigeaient également que les exploitants sortent du bois et révèlent leur identité. Finalement, il y a quelques semaines, on apprenait que les frères Beyaz étaient derrière cette société luxembourgeoise dotée d'un capital d'à peine 30.000 euros

Insolvabilité

En réalité, c'est la faillite de INV4U qui a été prononcée, nous a confirmé Patrick Dewolf, président du tribunal de commerce francophone de Bruxelles et magistrat de presse de cette même juridiction. C'est l'administrateur provisoire du restaurant, Thierry Bindelle, qui a cité en faillite sur base du règlement 2015/848 de l'Union européenne du 20 mai 2015 relatif aux procédures d'insolvabilité. La seule activité d'INV4U portait sur l'exploitation du restaurant et tous les comptes en banque de celui-ci se trouvaient en Belgique, un état de fait qui a permis l'application du dit règlement. 

Le tribunal de commerce francophone a désigné Maïa Gutmann Le Paige comme curatrice du restaurant. 

Contacts avec Aldo Vastapane

Dorénavant, la balle est dans le camp du curateur désigné par le tribunal. Christian Bouchat, secrétaire régional de la FGTB, en charge de ce dossier, nous a dit son intention de contacter dans les meilleurs délais les avocats d'Aldo Vastapane, le propriétaire des murs des "Armes de Bruxelles". L'idée est de relancer l'activité aussi vite que possible, nous a expliqué le syndicaliste, sachant que 40 travailleurs ne demandent qu'à se remettre au travail. Des réunions devraient également avoir lieu avec la curatrice et les éventuels repreneurs. "Ce que nous espérons, c'est que la curatrice aura le même courage que Sophie Huart, curatrice des Brasseries Georges qui a obligé le repreneur du restaurant à maintenir l'emploi pour tous les travailleurs aux conditions qui étaient les leurs", a encore précisé Christian Bouchat. 

Comme souvent dans ces cas-là, des repreneurs risquent de sortir du bois. Parmi ceux-ci, il pourrait bien y avoir Rudy Vanlancker, le patron de "Chez Léon", situé à un jet de moule des "Armes". A la fin du mois de février, ce dernier avait envoyé un communiqué pour expliquer qu'il pourrait être intéressé par l'un ou l'autre des restaurants du groupe Beyaz, citant au passage Les Brasseries Georges et "Aux Armes de Bruxelles". Jeudi après-midi, Rudy Vanlancker n'était pas disponible pour commenter cette information. 

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