Bagarre de haut vol entre "Dinner in the sky" et "Villa in the sky"

©AFP

"Dinner in the sky" attaque "Villa in the sky" en justice pour que le restaurant change de nom.

Ne s’envoie pas en l’air qui veut! Telle pourrait être la conclusion de l’étonnante passe d’armes qui a eu lieu hier au tribunal de commerce francophone de Bruxelles entre la société Event in the sky (EITS) et la Villa Lorraine. La première, qui a créé et exploite le concept "dinner in the sky" (photo ci-dessus)reproche à la seconde d’avoir dénommé son nouveau restaurant situé au sommet de l’IT Tower "Villa in the sky" (photo ci-dessous). Et elle attaque le propriétaire de la Villa Lorraine pour contrefaçon.

"J’ai le sentiment qu’on fait un mauvais procès."
Xavier de Thibault
Avocat de "Villa in the Sky"

Contrefaçon

"J’espère que vous n’avez pas le vertige, nous allons parler de gastronomie et d’altitude", a entamé Jean-Sébastien Lenaerts, l’avocat de "Dinner in the sky". Avant d’entrer dans le fond du débat, le conseil s’est employé à retracer l’histoire de ce qu’il a qualifié de "success story".

Le concept? Il est aussi simple qu’efficace. Une plateforme tirée par une grue emmène douze personnes et un chef étoilé à trente mètres du sol pour un repas gastronomique. L’idée, imaginée en 2006, est présente aujourd’hui dans plus de quarante pays, a précisé l’avocat.

"Ma cliente peut se prévaloir de droits intellectuels. Elle détient une marque communautaire complexe (et enregistrée) et différentes marques commerciales ainsi que des noms de domaine", a plaidé Jean-Sébastien Lenaerts. Pour lui, l’appellation "Villa in the sky" constitue une contrefaçon par rapport à la marque communautaire "Dinner in the sky". Et cette contrefaçon entraînerait un risque de confusion entre les marques. Fort de ce qui précède, l’avocat de "Dinner in the sky" a demandé au président du tribunal de prononcer un ordre de cessation. En clair, que le restaurant "Villa in the sky" change de nom. Une sacrée tuile!

©Villa in the sky

Pas de confusion possible

"Ce que l’on vient d’entendre est édifiant. A croire que la partie adverse a le droit de demander le changement de nom de tous les restaurants qui contiendraient ‘in the sky’ dans leur nom", a pour sa part plaidé Xavier de Thibault, l’avocat de "Villa in the sky".

D’entrée de jeu, l’avocat de "Villa in the sky", qui n’a pas contesté le succès rencontré par "Dinner in the sky", a précisé que les statuts de la société portaient sur tout, sauf sur la restauration et que la société ne comptait pas un employé. "La Villa Lorraine a été créée en 1953, elle a une étoile au Michelin et le restaurant emploie 55 personnes", a plaidé l’avocat pour qui il n’y a pas de confusion possible entre les deux activités.

Mais surtout, alors que l’avocat de "Dinner in the sky" prétendait que sa cliente détenait un droit sur une marque communautaire dite complexe, Xavier de Thibault a plaidé sur l’existence d’une marque communautaire composée. La différence? Dans le deuxième cas, les éléments ne peuvent pas être enregistrés séparément. "Ils estiment avoir un droit intellectuel sur tous les restaurants s’appelant ‘in the sky’, mais ils n’auraient pas pu déposer ‘in the sky’", a encore plaidé l’avocat de "Villa in the sky".

"‘Dinner in the sky’ est présent en Belgique 22 jours par an. C’est un concept. Il n’y a pas de confusion possible avec ‘Villa in the sky’. J’ai le sentiment qu’on fait un mauvais procès. Nous avons déposé le nom ‘Villa in the sky’, nous ne réclamons pas de droit sur le nom ‘villa’", a expliqué Xavier de Thibault. Ce dernier craint que si le tribunal donne raison à "Dinner in the sky", cela fasse jurisprudence et que tous les restaurants contenant "in the sky" doivent changer de nom.

Un jugement est attendu dans le mois.

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