Conflit autour du resto du musée BELvue

©doc

Estimant avoir été éjecté à tort des cuisines du musée BELvue, Green Kitchen poursuit Traiteur Loriers (en liquidation) et la Fondation Roi Baudouin pour obtenir réparation.

Cauchemar en cuisine dans le restaurant du musée BELvue, situé tout à côté de l’aile droite du palais royal. S’il tendait un peu l’oreille, entre deux audiences, le roi Philippe pourrait presque entendre les assiettes voler. On vous l’accorde, on force un peu le trait, mais le décor est planté. Et la scène suivante se jouait hier devant le tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles. Green Kitchen, l’ancien exploitant du restaurant du musée BELvue a décidé d’attaquer la société Traiteur Loriers (en liquidation) et la Fondation Roi Baudouin pour faute contractuelle, comme l’a plaidé Dirk Lambrecht, l’avocat de Green Kitchen. L’ancien exploitant réclame près de 500.000 euros.

L’ancien exploitant du resto du musée BELvue réclame près de 500.000 euros.

En réalité, le bâtiment abritant le musée BELvue appartenant à la dotation royale, c’est la Fondation Roi Baudouin – défendue par René Gonne – qui est à la manœuvre concernant l’exploitation du restaurant. Dès 2009, elle a confié cette exploitation à Traiteur Loriers. Ce dernier, seulement intéressé par le volet événementiel du musée, n’a pas souhaité prendre en charge l’exploitation du restaurant qu’il a alors confiée, en sous-traitance, à Green Kitchen. Tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes tandis que le contrat courait jusqu’à la fin de l’année 2016. Quelques mois avant ce terme, souhaitant réaliser un investissement de près de 100.000 euros, Green Kitchen a demandé à Traiteur Loriers et à la Fondation Roi Baudouin la possibilité de prolonger ce contrat pour une durée de cinq ans. Sans qu’aucun accord formel ne soit intervenu, l’affaire semblait entendue par mail, avant que tout ne capote. À la suite du changement d’actionnaires au sein de Traiteur Loriers, la Fondation Roi Baudouin a décidé de résilier le contrat les liant, la sous-traitance concernant Green Kitchen filant en même temps que l’eau du bain et le bébé.

Sur la touche

A l’issue d’un nouvel appel d’offre, c’est à nouveau la société Traiteur Loriers (dont les parts avaient été reprises par Cosabel) qui a emporté le marché. Mais cette fois, Traiteur Loriers, souhaitant tout exploiter lui-même en direct, ne voulait plus de sous-traitant, raison pour laquelle Green Kitchen est resté sur la touche.

Via son action en justice, Green Kitchen entend récupérer l’investissement consenti (près de 100.000 euros) et un montant de 390.000 euros, correspondant à trois années de bénéfice non engrangé. De leurs côtés, Stéphane Bertouille et Fabian Warzée, les avocats de Traiteur Loriers ont demandé au juge de déclarer cette demande irrecevable et non fondée, avant de contester la réalité des montants demandés. Pour eux, la société qui attaque en justice (Green Kitchen) n’est pas la même que celle avec qui elle était en affaires (Fresh Attitude). De son côté, après avoir remis en cause la compétence du tribunal, la Fondation Roi Baudouin semblait se demander ce qu’elle venait faire dans cette pièce, rappelant qu’elle n’avait jamais été liée contractuellement avec Green Kitchen.

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