start-ups

Fin de l'aventure Menu Next Door

©Menu Next Door

Près de trois ans après la création de sa plateforme et de sa communauté, Menu Next Door a décidé de mettre fin à ses activités à partir du 2 mars prochain.

"Aujourd'hui, nous mettons fin à cette aventure car la rentabilité escomptée n'a malheureusement pas été au rendez-vous", selon les déclarations de Nicolas Van Rymenant, le CEO de Menu Next Door, l’une des nombreuses plateformes d’économie collaborative agréées par le SPF Finances. La start-up bruxelloise avait fait le pari de mettre les gourmands et les cuisiniers amateurs en relation via son application. 

"Développer ce type de projet innovant dans l'économie collaborative et mettre en place un modèle économique qui n'a jamais été créé dans le monde a été un énorme challenge. Malgré les efforts et le travail de tous, la plateforme doit fermer ses portes définitivement. La date prévue est le 2 mars." 

Pour les utilisateurs de la plateforme, cette annonce a de quoi surprendre, surtout que Menu Next Door venait d’ouvrir une nouvelle zone la semaine dernière en Brabant Wallon (Wavre). "Les ouvertures de zones nous ont fait nous rendre compte que la rentabilité du modèle était compliquée", réagit Nicolas Van Rymenant. "Elles n’ont pas été assez réconfortantes que pour baser notre entreprise sur du long terme. Il faut donc pouvoir dire stop et prendre un choix responsable", ajoute-t-il, non sans émotion dans la voix.

Levées de fonds

En mai 2016, cette plateforme alors considérée comme une pépite belge, avait levé 1,75 million d’euros auprès de grands fonds d’investissement (Index Ventures, Local Globe, Kima Ventures et TheFamily).

"Malgré la convivialité sur laquelle on a beaucoup insisté, les membres de notre communauté ont montré avec le temps qu’ils n’étaient pas forcément prêts à faire régulièrement le déplacement pour aller chercher leurs plats. Or, la fréquence fait la valeur et fait que l’entreprise peut devenir rentable un jour."
Nicolas Van Rymenant
CEO de Menu Next Door

Après Paris (en février 2016), l’objectif de la plateforme – à l’époque – avait été de conquérir Londres. En pleine croissance, elle était également parvenue ensuite à lever 2,5 millions d’euros auprès d’un autre grand fonds d’investissement (Insight Ventures) en octobre 2016.

Finalement, vu l’offre abondante de restauration dans ces deux capitales, la plateforme d’économie collaborative avait fait marche arrière en 2017 en recentrant ses activités principalement sur le marché bruxellois et dans quelques communes du Brabant Wallon. Malheureusement pour elle, la sauce n’a finalement pas pris.

Pour Nicolas Van Rymenant, malgré l’engouement de toute une communauté, le principale frein de cette aventure a finalement été la fréquence d’utilisation. "Malgré la convivialité sur laquelle on a beaucoup insisté, les membres de notre communauté ont montré avec le temps qu’ils n’étaient pas forcément prêts à faire régulièrement le déplacement pour aller chercher leurs plats. Or, la fréquence fait la valeur et fait que l’entreprise peut devenir rentable un jour".

 

Réaction

"C’est une triste journée pour l’économie collaborative belge". Voici de quelle manière, Jonathan Schockaert, le CEO de ListMinut, la plateforme d’échange de services entre voisins, a réagi sur les réseaux sociaux à l’annonce de la fermeture de Menu Next Door.

Se sent-il pour autant lui aussi menacé? "Nous avons été proches de cette situation plusieurs fois mais heureusement, nous avons eu la chance de trouver il y a peu des investisseurs qui nous apportent énormément de valeur ajoutée", a-t-il déclaré.

"Même si la question de la rentabilité se pose tous les jours, ListMinut grandit bien actuellement. Mais c’est clair que rentabiliser un projet comme le nôtre dans l’économie collaborative sur le marché belge (qui est bilingue, fragmenté et doté d’une législation compliquée), ce n’est pas toujours évident. Menu Next Door en a fait les frais, c’est dommage et très triste."


Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content