analyse

L'horeca met les politiques sous pression maximale

©BELGA

La réouverture des terrasses au 1er mai crée beaucoup de remous alors que les chiffres sanitaires ne rassurent pas totalement.

D'un côté, une société civile affamée de liberté et des secteurs économiques entiers au bout du rouleau. De l'autre, des statistiques sanitaires qui ne rassurent pas plus que cela. Si en chiffres absolus, les contaminations baissent (c'est les vacances), le taux de positivité des tests, lui, est en sensible augmentation. L'occupation des lits de soins intensifs reste élevée.

"Si les hôpitaux n'avaient pas reporté certaines interventions, la saturation serait atteinte."
Source gouvernementale

Alors que s'organise un nouveau Codeco, la capacité totale des soins intensifs (2.000 lits environ) est mobilisée à hauteur de 94% toutes pathologies confondues. "Si les hôpitaux n'avaient pas reporté certaines interventions, la saturation serait atteinte, dit-on dans l'entourage gouvernemental. Il ne faudrait pas qu'une catastrophe survienne."

Ajoutez à ce contexte la fatigue bien réelle du personnel de santé, et vous avez cette réalité sanitaire qui est d'autant plus difficile à entendre que chez certains voisins européens (Royaume-Uni, Espagne), les scènes de quasi-retour à la normale font renaître l'espoir. C'est dans ce contexte que la carte blanche de lundi sur le thème de "vivre malgré le virus" publiée par trois experts (francophones) est venue bousculer les partis (francophones) qui seront assis à la table du Codeco ce mercredi. L'intransigeance de Frank Vandenbroucke, ministre de la Santé, en prend pour son grade.

94%
Taux d'occupation des soins intensifs

Le PS dégaine

Si le MR avait habitué l'opinion à son discours pro-réouverture systématique, l'attitude du PS étonne plus. Paul Magnette, président, s'est prononcé dans SudPresse pour une réouverture de l'horeca au 1er mai sans distinction entre terrasses et espaces intérieurs. Pressé qu'il est par le sentiment général d'exaspération et par ses bourgmestres qui n'ont guère envie d'envoyer leur police à l'assaut des cafetiers qui auraient décidé d'ouvrir quoi que les gouvernements décident. Les socialistes partagent donc désormais le lobbying médiatique pro-horeca avec le MR.

"Ça sera difficile pour la police d'intervenir si tous les cafetiers ouvrent, il n'y aura de toute façon pas d'effectifs suffisants pour pouvoir aller fermer partout."
Willy Demeyer
Bourgmestre PS de Liège

ll faut dire que les esprits s'échauffent, notamment à Liège. Le gouverneur, Hervé Jamar (MR) a fait savoir après discussions avec plusieurs bourgmestres que la Province ne s'opposera pas à une réouverture des terrasses à partir du 1er mai. Même discours chez le bourgmestre PS de la ville qui craint des mouvements de foule. "Ça sera difficile pour la police d'intervenir si tous les cafetiers ouvrent, il n'y aura de toute façon pas d'effectifs suffisants pour pouvoir aller fermer partout", déclarait Willy Demeyer au micro de Bel RTL.

Six tests sont prêts

Dans la journée de mardi, ce discours s'est invité à Bruxelles avec un Vincent De Wolf, bourgmestre MR d'Etterbeek appelant dans Bruzz à faire confiance au secteur pour rouvrir au moins les terrasses dans de bonnes conditions. Emir Kir, le bourgmestre de Saint-Josse s'exprimait dans le même sens.

Côté Ecolo, préoccupation appuyée pour la culture dont la ministre, côté francophone, est écologiste (Bénédicte Linard). On rappelle que des protocoles de tests - six au total - viennent de faire l'objet d'un marché public et n'attendent plus qu'à être activés pour éclairer la façon d'organiser des activités culturelles. Mais on n'a plus entendu la coprésidence depuis le mois de février.

Au Nord, la carte blanche de lundi n'aura pas vraiment fait le même effet. S'il semble acquis que les assouplissements annoncés pour les 18 et 26 soient confirmés rien n'est moins sûr pour l'horeca dont la réouverture est préconisée à partir du 15 mai par le commissaire covid Pedro Facon.

Le résumé

  • Le dispositif d'assouplissement semble se confirmer aux dates annoncées dans un contexte sanitaire qui reste délicat.
  • La réouverture de l'horeca au 1er mai est toujours incertaine ce qui crée des tensions sur le terrain.
  • Des bourgmestres annoncent ne pas souhaiter envoyer leur police pour contrôler les établissements en cas de réouverture illégale.
  • Frank Vandenbroucke, garant de la ligne sanitaire dure est sous pression.

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