La chaîne de restaurants thaï Pitaya veut ouvrir 70 restaurants dans le Benelux

Les quatre premiers Pitaya de Belgique devraient s'ouvrir cette année.

Un groupe d’investisseurs belges issus notamment du monde de la restauration rapide a acquis la master franchise de cette chaîne française. Ils ambitionnent parallèlement d’investir dans des enseignes prometteuses afin de les développer.

Alors que l’Horeca boit la tasse, certains entrepreneurs du secteur pensent à l’après-coronavirus. On plutôt font tout pour maintenir leurs projets à flot. C’est le cas d’Alphaseed, un fonds d’investissement dédié au "fast casual", la restauration rapide "de qualité", style Exki ou Pain Quotidien.

Derrière cette structure créée il y a un an, quatre partenaires : le CEO, Marco Tessaro, ex-CFO de Kharis, le fonds qui a repris les Quick belges et a lancé Burger King chez nous, Nicolas Bruylants, un homme d’affaires qui a revendu ses business à Dubai pour réinvestir dans le food, Rodolphe Hagelsteen, actif dans le private equity, et JP Seven, fonds détenu par Jacques Emssens (Sofina...) et Patrick Kuborn qui investit dans l’achat et le développement de petites sociétés ; ce duo a aussi acquis la licence du Pain Quotidien au Brésil et en Colombie.

"Fast casual"

"Nous avons créé Alphaseed car on estimait qu’il y avait un vrai potentiel d’investissement dans le développement de marques dans le fast casual, à mi-chemin entre la restauration classique et le fast food, c’est-à-dire manger vite et bien dans un chouette endroit en surfant sur les nouvelles tendances santé comme le bio et les circuits courts, détaille Marco Tessaro. C’est un segment qui croît deux fois plus vite que le marché."

"Le fast casual croît deux fois plus vite que le marché."
Marco Tessaro
CEO d'Alphaseed

Disposant d’une enveloppe de "plusieurs millions d'euros", Alphaseed a récemment procédé à un premier investissement d’envergure en signant la franchise Benelux de la chaîne française de restaurants thaï Pitaya. Disposant de 78 emplacements, essentiellement en France (elle en compte un en Espagne et un en Tunisie), l’enseigne propose une carte standardisée de huit plats wok proposés autour de 12 euros. Elle entend se développer sur d’autres marchés comme le Royaume-Uni, la Turquie et chez nous. L’objectif est d’ouvrir d’ici sept ans 70 restaurants au Benelux : 30 en Belgique, 35 aux Pays-Bas et 5 au Luxembourg. Un tiers en propre et deux tiers en (sous) franchise.

Un premier établissement devait s'ouvrir en juin à Bruxelles, rue Jourdan. Mais ça, c’était avant le confinement. "On va reporter l’ouverture à début juillet, indique Marco Tessaro, car si les  travaux ont pu se poursuivre, on a dû changer nos plans et faire venir un formateur en Belgique plutôt qu'envoyer nos équipes en France." D'ici la fin 2020, un 2e restaurant s'ouvrira dans la capitale et des ouvertures sont programmées à Anvers et à Liège.

1 à 1,6
millions €
Par point de vente, le chiffre d’affaires est estimé entre 1 et 1,6 million d’euros par an et le personnel à 10 à 12 ETP.

Par point de vente, le chiffre d’affaires est estimé entre 1 et 1,6 million d’euros par an et le personnel à 10 à 12 ETP pour ouvrir 7 jours sur 7. Le break-even est attendu d’ici deux ans. "Au début on va devoir amorcer la pompe que nous alimenterons par nos fonds propres, détaille le CEO. Il faudra deux ans pour que le cashflow des premiers établissements commence à payer les ouvertures ultérieures. La restauration est un secteur dont le fonds de roulement est positif dès le premier jour. On encaisse le chiffre d’affaires immédiatement mais on paie les fournisseurs plus tard."

En attendant, Alphaseed a un autre projet : l’extension en Belgique, voire à l'étranger, de concepts locaux de fast casual qui ont le potentiel pour être dupliqués. "Ce sont des concepts assez professionnels développés par de jeunes entrepreneurs universitaires, formés au management et à la finance. Mais ils manquent de moyens pour passer à la vitesse supérieure. Notre objectif est de les aider à se développer, de monter dans le capital et de sortir à un horizon de 5 à 9 ans", détaille Marco Tessaro en citant des exemples comme Makisu, Bon, Knees to Chin, Youwok, Bavet, Ellis Burger, etc.

L'après-coronavirus

La crise du Covid-19 ne refroidit pas les ambitions d’Alphaseed : "Cela va créer des opportunités car nous recherchons des emplacements et il y en a qui vont se libérer, observe Marco Tessaro avec réalisme. Il sera aussi plus facile de recruter des profils intéressants."

"La crise du coronavirus va créer des opportunités car nous recherchons des emplacements et il y en a qui vont se libérer; il sera aussi plus facile de recruter des profils intéressants."
Marco Tessaro

Mais la prudence reste de mise : "Une fois le confinement terminé, les gens vont y regarder à deux fois avant de sortir et leur pouvoir d’achat aura été entamé. Cela risque de remettre en cause des fondamentaux en matière de consommation. On s’attend donc à une reprise lente pour notre secteur." Pour s'y préparer, Alphaseed a prévu un aménagement flexible des restaurants (avec tables et sièges rétractables). Il va aussi booster le digital via une app qui permettra de commander en ligne sans passer à la caisse et via la livraison au bureau ou à domicile; un canal de vente qui offre, selon son CEO, des perspectives de développement considérables. 

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