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La crise a créé des opportunités dans l'horeca, mais attention aux pièges!

©Tim Dirven

De nombreux établissements horeca sont à remettre. Mais attention aux alouettes, les pépites d'hier ne le sont plus nécessairement aujourd'hui.

"Tout au long de la crise du Covid, beaucoup de clients opportunistes m'ont appelé en me demandant de les prévenir si j'avais de bonnes affaires", explique Gregory Sorgeloose, un courtier immobilier spécialisé dans l'horeca (Sorgeloose & Trice). Depuis plus d'un an, il cherchait à trouver un repreneur pour un établissement dans le quartier de la Porte de Namur. Les nombreuses personnes intéressées calaient toujours sur le prix. Aujourd'hui, l'exploitant du lieu a déposé le bilan et c'est la bousculade, nous a encore expliqué Gregory Sorgeloose. "Tout va plus vite qu'avant, les informations circulent super vite et l'occasion fait le larron", précise encore notre interlocuteur.

Reconstituer la trésorerie

Dans le milieu de l'horeca bruxellois, on sait que la famille Litvine (Villa in the Sky, Villa Lorraine, Villa Emily,...) est toujours en quête de LA bonne affaire, ce que confirme globalement Tatiana Litvine, manager de tous les établissements du groupe. Mais aujourd'hui, pour la famille Litvine, comme pour bon nombre d'acteurs du secteur, il va surtout d'abord falloir reconstituer la trésorerie avant de penser à lorgner de nouveaux emplacements.

"Avant le Covid, si une opportunité se présentait, on fonçait; mais là, on se posera un peu plus de questions."
Tatiana Litvine
Manager des établissements du groupe

"La priorité aujourd'hui est de faire tourner nos restaurants. On vient de rouvrir la Villa Lorraine avec Yves Mattagne et on avait ouvert Le Variétés une semaine avant qu'il ne doive fermer", nous a expliqué Tatiana Litvine, qui souligne que le groupe a aussi pu faire le gros dos grâce à ses quatre traiteurs (Voltaire, Uccle, Lasne et Stockel). Deux traiteurs devraient d'ailleurs prochainement ouvrir leurs portes (Overijse et Waterloo). La crise a également amené une forme de prudence chez certains. "Avant le Covid, si une opportunité se présentait, on fonçait; mais là, on se posera un peu plus de questions", nous a encore expliqué notre interlocutrice.

"Dans tout malheur surgit toujours un profit pour quelqu'un d'autre."
Olivier Dumelie
Loola

"Dans tout malheur surgit toujours un profit pour quelqu'un d'autre", philosophe pour sa part Olivier Dumelie, a la tête de la chaîne de pizzerias Loola. "Dire que cette crise n'a pas apporté d'opportunités ne serait pas correct", précise-t-il avant d'expliquer qu'il est tant victime que gagnant de cette crise sanitaire. Victime parce qu'il a dû fermer son restaurant de Waterloo, faute de fréquentation et gagnant, car il s'est vu proposer deux emplacements qu'il n'aurait pas été capable de s'offrir avant la crise ou tout simplement parce qu'ils n'étaient pas disponibles. C'est ainsi qu'un Loola ouvrira le 15 septembre à la place du Luxembourg (à la place de Newtree) et un autre le 15 novembre au Westland Shopping.

Opportunité ou piège?

Michel Debloos, le patron des restaurants Thaï Café ne croit pas trop en cette théorie des opportunités nées de la crise. Et pourtant, des emplacements "triple A", on lui en propose tous les jours. Mais la pépite d'hier ne l'est plus nécessairement aujourd'hui. "On m'a proposé des emplacements d'opportunité, je suis ouvert à cela, mais je ne veux pas agir dans la précipitation", nous a-t-il expliqué.

"Les agences ont des portefeuilles remplis d'emplacements, mais je pense que ce sont des pièges."
Michel Debloos
Thaï Café

Depuis le début de la crise, tant de choses ont changé et, probablement, de façon durable. C'est le cas de la mobilité au centre de Bruxelles rendue de plus en plus difficile, de la baisse de fréquentation due au télétravail et du succès toujours croissant du commerce en ligne. "Les modifications profondes des critères sont là, on ne peut plus se baser sur les critères d'avant et ça ne changera pas", pense Michel Debloos. "Les agences ont des portefeuilles remplis d'emplacements, mais je pense que ce sont des pièges. Un lieu qui valait 10/10 avant vaut peut-être 0/10 aujourd'hui." À méditer.

Le résumé

  • La crise du Covid 19 a créé des opportunités dans le secteur de l'horeca. Bon nombre d'emplacements sont libres et moins chers qu'avant.
  • Ceux qui ont les moyens de les reprendre doivent d'abord restaurer leur trésorerie.
  • Certains se méfient de ces opportunités, car les critères d'avant ne sont plus ceux d'aujourd'hui.

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