La mandataire chargée de la vente du restaurant Chez Clément jette l'éponge

Seul le manager actuel de Chez Clément a fait une offre de reprise. ©Tim Dirven

Estimant ne pas être capable de mettre en concurrence les candidats intéressés par la reprise de Chez Clément, la mandataire de justice veut être déchargée.

Audrey Despontin, la mandataire de justice désignée par le tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles le 3 juin dernier pour vendre le restaurant Chez Clément situé à Genval, s'est présentée mercredi matin devant ce même tribunal pour demander à être déchargée de sa mission. Expliquant ne pas avoir reçu d'informations suffisantes concernant le bail commercial du restaurant, elle estime ne pas être en mesure de rédiger le cahier des charges permettant aux candidats intéressés de remettre une offre.

C'est à la fin du mois de mai que l'établissement, lieu fort fréquenté du Brabant wallon et exploité par la même famille depuis des générations, s'est tourné vers la Justice pour se mettre à l'abri de ses créanciers par le biais de la procédure de réorganisation judiciaire (PRJ). Pour le restaurant, défendu par Patrick della Faille (Faber Inter), ce n'était pas une première vu qu'une telle PRJ avait déjà été introduite devant le tribunal de l'entreprise du Brabant wallon en avril 2016. Cette deuxième PRJ devait se faire par transfert des activités. C'est dans ce but qu'Audrey Despontin (Buyle Legal) avait été désignée pour chapeauter l'opération.

Opacité sur la situation immobilière

Pourtant, au fil de l'été, il est apparu que la mandataire de justice ne recevait pas de réponses à ses questions quant à la situation immobilière réelle de l'immeuble et au bail commercial lié à l'exploitation du restaurant. Finalement, ce n'est qu'à la fin du mois de septembre que la mandataire a appris que l'actuel manager de l'établissement s'en était porté acquéreur et que la famille Clément qui détenait le bail désirait qu'il reste dans la famille, ce qui est la cas du manager actuel, Gilles Verleyen. A ce stade, ce dernier est le seul à avoir fait une offre.

C'est dans ce contexte que la mandataire a estimé qu'il lui était impossible de rédiger un cahier des charges, sachant que le bail commercial expirait à la fin de l'année 2022 et que la famille voulait que ce bail ne soit pas transféré à un tiers. Ayant contacté 15 candidats potentiels, la mandataire avait reçu six marques d'intérêt dont celle du groupe Art Blanc (Amusoir, Brasseries Georges,...) qui, face à l'incertitude liée au bail, renoncera à faire offre.

"Les éléments comptables et financiers présentés sont peu crédibles."
Michel De Wolf
Réviseur

Présent à l'audience, le réviseur Michel De Wolf, chargé d'évaluer le fonds de commerce, a dû reconnaître l'impossibilité de sa mission. "Les éléments comptables et financiers présentés sont peu crédibles", a-t-il expliqué, avant de rendre également son tablier.

De son côté, Claude Bontinck, le conseil de l'actuel manager, a demandé au tribunal qu'il ordonne à la mandataire d'étudier l'offre de son client ou qu'il désigne un mandataire pour ce faire. L'offre de Gilles Verleyen porte sur 50.000 euros, la reprise de tout le personnel (environ 30 travailleurs) et la reprise du passif vis-à-vis des fournisseurs (environ 170.000 euros).

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