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La vague d'annulations pousse l'événementiel à un quasi-lockdown

48 heures après l'annonce des nouvelles mesures pour lutter contre la pandémie, un quart des événements prévus étaient annulés. ©ID/ Lieven Van Assche

Fortement affectée par les nouvelles mesures prises pour endiguer la pandémie, l'industrie de l'événementiel connaît une vague d'annulations. Le secteur craint de faire la culbute.

"Il n'y a pas de lockdown, mais on a l'impression qu'il y en a un", déclare Bruno Schaubroeck de l'Event Confederation, qui regroupe toutes les entreprises qui organisent des événements, des congrès et des foires en Belgique.

37%
La part de tous les événements prévus d'ici la fin de l'année. 21 % de ceux prévus pour 2022 ont été reportés ou annulés à la suite des récentes décisions du comité de concertation.

Une enquête menée auprès de ses membres montre que 37 % de tous les événements prévus d'ici la fin de l'année et 21 % de ceux prévus pour 2022 ont été reportés ou annulés, à la suite des récentes décisions du Comité de concertation.

Il est question de fêtes de mariage, de fêtes d'entreprise de fin d'année, d’événements pour un lancement de produit, de campagnes de marketing et autres. Hors période de crise sanitaire, on en dénombre quelque 70.000 par an. La majorité de ces événements regroupent 50 à 200 personnes et pourraient donc être organisés avec le pass sanitaire et des tests rapides, précise Bruno Schaubroeck.

Catastrophe attendue

Pour les 80.000 personnes employées dans les quelque 3.200 entreprises du secteur – constructeurs de stands, organisateurs de foires, sociétés de location, spécialistes du son et de la lumière, constructeurs de tentes, traiteurs et réceptionnistes – ces mesures annoncent une vraie catastrophe.

Le secteur, constitué à moitié de PME de moins de 200 personnes, affiche sur une semaine de temps une perte de chiffre d'affaires de 400.000 euros par entreprise.

L'appel insistant du gouvernement et des virologues à limiter les contacts sociaux a, en effet, provoqué une vague d'annulations. "En 48 heures, nous avons assisté à un quart des annulations." Pourtant, Bruno Schaubroeck indique qu'avec le recours au pass sanitaire et au port du masque, ces événements auraient pu avoir lieu.

Effet télétravail

"Vous pouvez difficilement demander à votre personnel, qui n'a pas le droit d'aller travailler, de se rendre à une foire commerciale le samedi ou de danser la bamba lors d'une fête du personnel."
Bruno Schaubroeck
Event Confederation

Il souligne aussi "l'effet télétravail" renforcé. "Vous pouvez difficilement demander à votre personnel, qui n'a pas le droit d'aller travailler, de se rendre à une foire commerciale le samedi ou de danser la bamba lors d'une fête du personnel."

Ann Pelgrims de Febelux, la fédération des organisateurs de congrès et de salons, voit ici la raison principale des annulations.

"Les congrès se numérisent à nouveau et les foires ont vu leur nombre de visiteurs chuter de 20 à 30 % depuis septembre. Les véritables salons d'entreprises se maintiennent, certes, mais avec un peu moins de visiteurs", reconnaît-elle.

Cocoon, qui se tenait ce week-end à Brussels Expo, a accueilli 19.000 visiteurs. "Normalement, il y en a 30.000", indique Frédéric François, CEO de Fisa, l'organisateur notamment de Batibouw et du Salon des vacances.

"Le nombre d'exposants a également diminué de 15 %. Heureusement, il n'y a pas encore d'annulation prévue pour Batibouw ou le salon des vacances en février. Quelque 80% des places y sont réservées pour le moment."

Il s'inquiète toutefois de l'éventualité de voir le test PCR rendu obligatoire pour pouvoir participer à un salon. "Si cela devait être introduit, nous serions obligés de fermer. Dans une foire avec 100.000 à 200.000 visiteurs, c'est impossible à organiser."

Il rappelle que l'annulation, en octobre 2020, du salon de l'alimentation a poussé l'an dernier Fisa dans le rouge de 1,5 million d'euros, contre un bénéfice de 6 millions auparavant. "Nous espérons que l'année 2022 sera meilleure."

Appel à l'aide

Pour l'aider à tenir le coup, le secteur demande une prolongation des primes à la mondialisation en 2022 et des mesures fiscales spécialement conçues pour le secteur.

"Nous n'avons pas pu profiter de la réduction de la TVA offerte au secteur de l'hôtellerie et de la restauration. La mesure avait été abolie avant même que nous ayons recommencé à travailler."
Bruno Schaubroeck
Event Confederation

"Nous n'avons pas pu profiter de la réduction de la TVA offerte au secteur de l'hôtellerie et de la restauration. La mesure avait été abolie avant même que nous ayons recommencé à travailler", rappelle Bruno Schaubroeck.

Le ministre de l'Économie, Pierre-Yves Dermagne (PS), rappelle qu'il "a toujours défendu la nécessité d'adopter les mesures sanitaires nécessaires avec simultanément des mesures économiques spécifiques ou sectorielles pour aider les acteurs économiques impactés." Il ne précise toutefois pas si de nouvelles mesures de soutien sont en réflexion.

Il en va de même à la Région Bruxelles-Capitale, où l'on rappelle que le secteur bénéficie jusqu'à ce jeudi de la prime de relance (de 7.000 à 27.000 euros). Un fonds de garantie, qui couvre les annulations, et une prime pour les équipements de ventilation des salles ont également été décidés. "Dix millions d'euros viennent d'être dégagés pour cette prime. Nous restons particulièrement attentifs aux retours du secteur et, comme depuis le début de la crise, nous nous adapterons à l'évolution de la situation sanitaire", explique Nicolas Roelens, porte-parole de la ministre de l'Économie, Barbara Trachte.

Autre problème, il va falloir reprogrammer tous ces événements qui parfois sont annulés pour la quatrième ou la cinquième fois. Or une année ne compte que 52 semaines.

Le résumé

  • Les nouvelles mesures annoncées pour endiguer la pandémie pèsent sur le secteur événementiel.
  • 37% des événements prévus d'ici la fin de l'année ont été annulés. Pour 2022, on dénombre 21% d'annulations.
  • Le recours au télétravail et l'appel à réduire les contacts sociaux expliquent aussi cette situation.
  • Le secteur appelle à la prolongation des mesures de soutien.

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