Le Belga Queen en réorganisation à Bruxelles et en faillite à Gand

©Dieter Telemans

Mauvaises nouvelles pour les restaurants Belga Queen. L’établissement bruxellois a introduit une requête en réorganisation judiciaire. À Gand, le restaurant est en faillite.

Mauvaise passe pour le restaurant Belga Queen, situé à une encablure de la place de la Monnaie, en plein centre de Bruxelles. Le restaurant, niché dans les anciens bâtiments du Crédit du Nord belge, a introduit une requête en réorganisation judiciaire (PRJ) mercredi matin devant le tribunal de commerce de Bruxelles.

Comme bien d’autres établissements bruxellois avant lui, le Belga Queen a dû faire face au lockdown du mois de novembre 2015, puis aux attentats du mois de mars 2016 et aux conséquences négatives engendrées par la mise en place du piétonnier bruxellois, nous a précisé Jean-Noël Bastenière, l’avocat du Belga Queen, aux côtés de Gérard Leplat. L’avocat nous a assuré que son client avait bon espoir de remettre son établissement sur les rails de la rentabilité. Nous n’en saurons pas plus à ce stade. L’audience devant les juges du tribunal de commerce s’est tenue à huis clos et les juges ont demandé des informations supplémentaires aux responsables du restaurant.

Les mauvaises nouvelles n’arrivant jamais seules, on a également appris la faillite du Belga Queen situé à Gand. Le tribunal de commerce de Gand a désigné une curatrice qui a décidé, à ce stade, de continuer à faire tourner le restaurant situé en plein centre de Gand.

Comptes 2017 non déposés

Les deux établissements n’ont pas encore déposé leurs comptes 2017 auprès de la Banque nationale de Belgique (BNB). En 2016, le Belga Queen de Bruxelles a réalisé un chiffre d’affaires de 4,5 millions d’euros tout en affichant une perte de près de 200.000 euros. L’établissement de Gand a lui réalisé un chiffre d’affaires de 2,6 millions d’euros en 2016 pour une perte de 172.000 euros. Le concept des restaurants Belga Queen a été mis en place il y a une quinzaine d’années par Antoine Pinto et par Diepensteyn, le holding de l’homme d’affaires Jan Toye. Ce dernier s’est retiré de la gestion ou de l’exploitation des deux restaurants, mais son holding reste propriétaire des deux bâtiments (Bruxelles et Gand) qui abritent les Belga Queen.

Antoine Pinto, le chef et décorateur à l'origine du concept des restaurants Belga Queen.

Dans le monde de la restauration, Antoine Pinto n’est pas un inconnu. Arrivé du Portugal à 17 ans, cet homme a exercé ses talents de chef et de décorateur aux quatre coins de l’Europe. On retrouve sa patte dans des projets comme la Quincaillerie (Bruxelles), le Dock’s Café (Anvers), la Pakhuis (Gand) et les deux Belga Queen. On lui doit également l’aménagement de restaurants comme l’Ostende Queen et la brasserie du Musée des Beaux-Arts, à Bruxelles. Sur ce dernier projet, il avait travaillé en collaboration avec le chef étoilé Peter Goossens (Hof van Cleve).

Cette réorganisation judiciaire demandée pour le restaurant bruxellois n’est qu’une tuile de plus pour un secteur qui semble particulièrement mis à mal par les attentats qui ont frappé Bruxelles et par les problèmes de mobilité devenus hélas récurrents à Bruxelles.

Ce sont ces mêmes arguments qui, en avril 2018, avaient poussé six restaurants bruxellois à entreprendre la même démarche de protection vis-à-vis de leurs créanciers. À l’époque, La Taverne du Passage, Vincent, La Rose Blanche, l’Estaminet du Kelderke, T’Kelderke et La Brouette avaient également évoqué le lockdown, les attentats et les effets négatifs du piétonnier pour justifier des pertes difficiles à rattraper.

Récemment, le secteur a également été marqué par la faillite de 12 restaurants gérés par les frères Beyaz, mais il convient de ne pas établir de liens entre les affaires précédentes et ces douze faillites qui sont plutôt le fait d’une gestion pour la moins aléatoire.

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